Aujourd'hui membre de l'Institut
2. N'est pas à la tête d'un musée, mais possède une collection très importante.
3. Il est juste d'ajouter aujourd'hui à ces noms celui de M. Ingvald- Undset, de Chrisliania.
DE l'écolk du LOL'VHE 17
véritable, la grande dinicullé consiste à les interpréter, aies faire parler pour ainsi dire, à leur arracher leur secret, à ne pas leur demander plus (ju'ils ne peuvent donner. « Malheureusemcnl pour « les progrcn de nos lumières, disait Lainark(l) au commencement « de ce siècle, dans sa Philosophie zoologique, nous sommes presque <■(. toujours extrêmes dans nos jugements comme dans nos actions, et u il ne nous est que trop commun d'opérer la destruction d'une er- « reur pour nous jeter dans une erreur opposée. » Nous devons nous tenir en garde contre de pareils entraînements. Le professeur a charge d'âmes à sa manière. 11 ne doit pas compromettre la science par des théories hâtives. Gardons-nous surtout des systèmes visant à devenir des dogmes. Le système croule un jour, tombe dans le mépris et le public s'en prend à la science. Nous aurons soin de ne pas mettre sur le même pied les faits démontrés et les hypothèses qui en découlent.
Permettez-nous quelques exemples. Les silex de Thenay, d'abord (2). L'existence de ces silex dans les couches auxquelles les géologues donnent le nom de Faluns de la Touruine, leur caractère de silex éclatés, probablement au feu, suivant certains clivages particub'ers, présentant sur les bords des éraillures plus ou moins prononcées, voilà des faits certains, dûment constatés. Que ces terrains soient des terrains tertiaires, les géologues raffirmeut, nous pouvons les en croire; mais que le feu, qui parait avoir fait éclater ces silex, ait été allumé par la main de l'homme, que les éraillures soient des retouches{3), voilà des affirmations qui devraient être présentées comme de simples conjectures, même par ceux qui sont convaincus. On peut avoir une opinion à cet égard, il est bien audacieux de rien affirmer. Autre exemple : Les ossements de rennes abondent dans les cavernes du Périgord^ ces cavernes étaient habitées par l'homme. La chair du renne, la moelle de ses os était la principale nourriture de ces troglodytes. Ces rennes étaient-ils sauvages? Étaient-ils domestiqués et dans quelle mesure? Là commencent les conjectures.