Les premiers habitants de l'Europe, 'i" éd., p
3. Nous verrons plus loin pourquoi M. d'Arl)ois place ici les Ibères avant les Ligures.
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restriction du conditionnel ^praienf, que la domination des Ligures en Gaule date du xx" siècle avant notre ère? Est-on autorisé à affirmer que cette domination, à un moment quelconque, s'est étendue atout le pays? Est-on autorisé à affirmer que les Ligures, à leur arrivée chez nous, étaient agriculteurs, que l'usage des métaux leur était familier, qu'ils venaient d'Orient et étaient de race aryenne? La solution de toutes ces questions s'impose.
S'il était reconnu, prouvé que les Ligures, d'origine orientale, ont dominé en Gaule à partir de l'an 2000, ou même de l'an 1500, qu'ils y étaient arrivés entourés de troupeaux, pasteurs et agriculteurs à la fois, et plus ou moins métallurgistes, les Ligures (toujours suivant cette thèse), n'ayant rencontré en Gaule que des populations sauvages en dehors des Ihères, Atlantes d'origine', nous aurions un point de rep'ere fixe, marquant le déhut de l'âge des métaux dans nos contrées. La révolution, dans cette hypothèse, aurait dû être brusque et générale, comme en Danemark. Or, les faits archéologiques, aujourd'hui connus, sont peu favorables sinon rebelles à ces conclusions.
Examinons, sans prévention, sans parti pris, ce que disent les textes livrés à eux-mêmes. M. d'Arbois de Jubainville les a recueillis avec sa consciencieuse exactitude, classés avec le soin le plus minutieux, et reproduits intégralement, d'après les meilleures éditions, dans la seconde édition des Habitants primitifs de r Europe. Nous sommes certains qu'aucun document connu n'a été omis. Nous ne pourrions avoir de meilleur guide. Établissons les points incontestables et incontestés, conséquence logique des textes.
Le texte le plus ancien est un vers cité par Strabon*, d'après Ératosthène (fin du m" siècle av. J.-C.).
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1. Voir d-Arbois, op. laud., p. 17 et plus loia ce que nous disons des
lbèr6s 2 Liv. VllI, c. m, § 7, édit. Didot, p. 249, trad. Tardieu, t. II, p. 22.
vers où les Lig-yens (Ligures) sont placés sur le pied d'égalité entre les Éthiopiens (les Egyptiens sont compris dans ce g-roupe), et les Scythes.
Ératosthène avait emprunté ce vers à un périple ou description de la terre attribué à Hésiode * et paraissant dater du \f ou vu" siècle avant Jésus-Christ. Les Ligures au vu* siècle avant notre ère avaient donc déjà joué un rôle important dans le monde, puisque leur nom était alors donné par les poètes didactiques à une des grandes divisions de la terre habitée. Mais où les Ligures étaient-ils établis à cette époque? Dans quelles circonstances le monde grec avait-il pu être en contact avec eux? M. d'Arbois fait remarquer qu'au iv" siècle, Ephore, dans sa géographie, attribuant le nord auxScythes, le sud aux Ethiopiens, comme le Pseudo-Hésiode, place entre eux non plus les Ligyens ou Ligures, mais les Celtes. Conclusion : Les Ligyens
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Schéma du nioude habité d'après Éphore*.
au vu" siècle devaient occuper les contrées que des Celtes avaient conquises sur eux au iv^, c'est-à-dire une partie de la Germanie, la Gaule et l'Espagne. Donner aux Ligures sur la foi de ce vers une sorte de domination sur la Germanie est assurément exagéré. Mais la grande réputation des Ligures reste un fait acquis.
Un texte de Thucydide (v® siècle) est à cet égard tèrs explicite, et nous donne le secret de celte vieille réputation. Thucydide nous apprend qu'antérieurement à la guerre de
1. Poète didactique homonyme de l'auteur des Travaux des Jours, cité par Strabon, l. Vil, c. m, § 7, édit. Didot, p. 249.