‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 119 sur 168 · Cf. Hérodote, IV, H · texte numérisé non relu

Cf. Hérodote, IV, H

4. Les mêmes causes expliquent, ainsi que nous l'appreud Hérodote, le changement de route des oflrandes qu'à la même époque les Ityperboréeus, sectateurs d'Apollon, envoyaient à Délos. Dans les premiers temps, d'après le témoignage des Déliens (Hérod., IV, 33), les Hyperboi'éens confiaient leurs offrandes à deux vierges, dont on a conservé les uoms Hypéroché et Laodicé. Cinq de leurs compatriotes, auxquels on rendait encore de grands honneurs à Délos, au temps d'Hérodote, sous le nom dePerphères, les accompagnaient ; mais les routes était devenues dangereuses. Les deux vierges et les cinq Perpfières u'étaut pas revenues les Hyperboréens prirent le parti de porter sur leurs frontières leurs offrandes enveloppées dans de la paille de froment. Us les remettaient à leurs voisins^ les priant de les transmettre à d'autres. Elles passaient ainsi, de peuple en peuple, et arrivaient jusqu'à la mer Adriatique. (Cf. Hérod., IV, 11, relativement à l'invasiou scythiquc — point de départ de ces événements}.

(les Lig-yens des Grecs), une population hyperboréenne, c'est-àdire ayant primitivement séjourné plus ou moins lon^^temps sur les côtes de la Baltique et de la mer du Nord et dans leurs mig-rations^ ou pour mieux dire leurs incursions de la Baltique à la Sicile, les plus anciennes expéditions des hommes du Nord. Voilà, suivant nous, ce que disent les textes.

Les Ligures n'avaient d'ailleurs aucune des qualités qui caractérisent les groupes civilisateurs. Au temps de Slrabon, malgré un long contact avec les colons de Marseille, d'Antibes et de iNice, malgré leur mélang-e avec quelques tribus celtiques, ils étaient encore à l'état de demi-barbarie. Ils n'avaient fait aucun progrès dans la voie de la grande civilisation : ils étaient restés les rudes montagnards et les hardis marins qu'ils étaient à l'origine. Le tableau que nous a laissé de leurs mœurs le grand géographe grec est plus instructif que tout raisonnement.

« Les Ligyens (à l'époque où les Romains s'emparèrent de la Provence) exerçaient leur brigandage sur terre et sur mer ; il fallut quatre-vi Dgl dix ans de guerre pour les soumettre ' ... il n'y a rien d'intéressant à dire des Ligyens qui vivent encore disséminés dans des bourgades ouvertes, s'évertuant à labourer et à fouir un sol aride, une vraie carrière, ainsi que s'exprime Posidonius. Le pays cependant est populeux *... Comme toutes les femmes barbares, les femmes ibères et liguriennes Iravaillent à la terre. A peine accouchées, elles cèdent le lit à leur mari et les servent. Souvent même elles accouchent dans les champs, lavent leur enfant dans le courant d'un ruisseau près ducjuel elles s'accroupissent et remmaillotent elles-mêmes... Posidonius entendit conter à un certain Charmolaus, de Marseille, son hôte, le fait suivant. Il avait pris pour lui bêcher un champ des ouvriers liguriens à la journée, des hommes et des femmes. Une de ces femmes, ayant ressenti les premières douleurs de l'enfantement, s'écarta un moment de l'endroit où elle travaillait, accoucha et revint aussitôt se remettre à la besogne pour ne pas perdi'e son salaire. Charmolaus s'aperçut qu'elle travaillait avec peine, mais sans eu deviner d'abord la cause, il ne l'apprit que tard dans la journée, la paya et la renvoya. Quant à elle, après avoir porté le nouveau-né à une fontaine voisine et l'y avoir lavé, elle renveloi)pa comme elle put et le rapporta chez elle sain et sauf'. »

i. Strab., p. 203, trad. Tardieu, I, p. 33C.

Page 1