‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 128 sur 168 · Cf. Les premiers habitants de l'Europe · texte numérisé non relu

Cf. Les premiers habitants de l'Europe

LA GRANDE VOIK DE iMlGUATlOxN VERS LA GAULE 255

Seine datant (ont au plus de l'an 500 et leur occupation des bords de la Médilerrauée, de la première moitié du iv* siècle seulement. D'où celte conclusion que le récit de Tite-Live concernant Ambigat, Bellovèse et Sigovèse est purement légendaire '; 2' que les tribus celtiques et galatiques, à leur arrivée en Gaule, loin de trouver un pays à moitié désert, un peuple de sauvages, eurent affaire à une population déjà dense et fortement organisée, bien que très récemment sortie de l'ère néolithique, population avec laquelle elles eurent à compter sérieusement.

Deux ou trois siècles ont-ils donc suffi aux Celto-Galates pour soumettre et civiliser la vaste contrée qui devait porter leur nom? L'objection paraît sérieuse au premier abord. Elle ne résiste pas à la réflexion. L'histoire ancienne et moderne est pleine de transformations plus rapides. Tout dépend de la puissance des éléments civilisateurs importés, de la richesse latente, morale et matérielle du sol qui les reçoit. Or les éléments civilisateurs, les Celtes les possédaient au plus haut point, et les populations néolithiques se trouvaient merveilleusement préparées à les mettre en valeur.

La ruche dont les Celtes ont essaimé, au sein de laquelle leur personnalité s'est tout d'abord accusée, appartient à ce groupe immense de tribus thraco-danubiennes ^, dont Hérodote disait :

(( Les Thraces sont, du moins après les Indiens, la nation la plus nombreuse de la teiTe. S'ils étaient gouvernés par un seul homme ou s'ils étaient bien unis entre eux, ils seraient, à mon avis, le plus puissant de tous les peuples. Mais cette union est impraticable, ce qui les rend faibles. Ils ont chacun un nom différent, suivant les différents cantons qu'ils occupent, ce qui n'empêche pas que leurs lois et leurs usages soient chez tous à peu près les mêmes'. »

1. Cf. Archéologie celtique et gauloise, 2^ édit., p. 48o. Légendaire ne veut pas dire imaginaire. La légende de Gharlemague et de Roland s'appuie sur des faits au fond réels, même, dans les récits poétiques qui nous sont parvenus, sans géographie ni chronologie précise. Aiusi eu a-t-il été, vraisemblablement, de la légende d'Ambigat recueillie par Tite-Live.

2. Les documents historiques et archéologique que nous possédons ne nous permettent pas d'aller plus loin vers l'est.

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