‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 130 sur 168 · Cf. Strabou, p. 2%; trad. Tardieu, t. 11, p · texte numérisé non relu

Cf. Strabou, p. 2%; trad. Tardieu, t. 11, p

au mémo groupe : les Ciinmériens, les Trèrcs, les Bastarnes ', dont la présence est certaine sur le haut et moyen Danube, antérieurement au iv" siècle. A cette époque aucune de ces tribus n'avait pénétré en Gaule. Nous ignorons, il est vrai, à quelle date précise s'est constituée leur personnalité, et quelles sont celles qui les premières ont porté et illustré le nom des Celtes, mais nous pouvons affirmer qu'antérieurement au iv", disons sans crainte au vu" siècle, le centre de TEuropo cachait déjà ces tribus celto-galaliques comme plus tard les tribus gothiques, dans quelques replis de ses montagnes, en contact plus ou moins direct avec la grande civilisation. Faut-il s'étonner de ne les pas trouver sous leur nom propre avant une époque relativement récente? Parmi les peuples qui ont joué un grand rôle ici bas, les Celles sont-ils donc les seuls dont l'origine soit un mystère? Connaissons-nous mieux l'origine des Hellènes, plus particulièrement des Doriens, dont Firruption vers le xv*' siècle avant Jésus-Christ bouleverse une grande partie de la Grèce? Avons-nous plus de données sur l'origine des Scandinaves danois et norvégiens? Les grands peuples, comme les grands fleuves, ont eu presque tous de faibles et obscures origines. La loi de formation des nationalités et des races est un mystère.

Sur un fond commun très large de civilisation uniforme et banale, ressortent à certains moments de l'histoire des figures originales inattendues dont le nom survit seul, parce que seuls ceux qui les représentent ont une réelle vitalité et portent en eux le germe de l'avenir. Tout disparaît à côté d'eux et rentre dans l'ombre. Les Romains, les Francs, les Slaves en sont un exemple éclatant. Tels nous semblent avoir été les Celtes.

Antérieurement au iv^ siècle, les Celles, qu'on les confonde ou ne les confonde pas avec les Gaulois, qu'on interroge l'histoire ou l'archéologie, ne se montrent à l'état distinct, nettement reconnaissables, que sur des points très restreints des Alpes, de la vallée du Danube et de la haute Italie, où ils

i. Voir notre second volume sous presse, Les Celles et les Gaulois.

vivent au milieu de populations déjà relativement avancées en civilisation, ayant pu jouer auprès d'eux le rôle d'initiateurs '. L'archéologie fournit à cet égard des arguments sans réplique *.

Quand, sous l'impression de ces idées, on parcourt les musées de l'Allemagne du Sud et de la haute Italie, musées de Buda-Pest, de Vienne, Salzburg-, Linz, Agram, Inspruck, Laybach, Sigmaringen, puis, descendant en Italie, ceux de Trente, Vadena, Côme, Milan, Este, Parme, Modène et Bologne, on a le sentiment très vif que la vaste région qui s'étend de Pest à Bologne, porte l'empreinte d'une longue et antique occupation par dos tribus sœurs ou ayant subi les mêmes influences orientales. On se trouve partout, sur ce parcours, à partir du vni'= ou ix*" siècle, pour rester dans une prudente réserve, en présence d'une civilisation très intense, très variée, avec nombreux centres d'épanouissement, ayant eu entre eux de très bonne heure des relations suivies^.

A cet étonnement qui est une révélation s'ajoute une autre surprise : l'absence complète de monuments mégalithiques sur tout ce parcours, l'absence presque complète d'une ère néolithique. Ces groupes, même les plus anciens, appartiennent déjà au premier âge du fer (en Hongrie seule on pourrait trouver un semblant d'âge du bronze). Au-dessous aucune trace d'une population quelque peu dense, qui les ait précédés et ait vécu dans l'ignorance de la civilisation des métaux. Quelques stations lacustres néolithiques font seules exception*.

Si ces contrées avaient été seules explorées par les archéologues, jamais l'idée ne serait venue à aucun d'eux de faire précéder l'âge des métaux d'un âge néolithique. On en serait

1. Le grand empire celtique, dont le centre aurait été en Germanie, et à l'existence duquel croit fermement M. d'Arbois, n"est jusqu'ici qu'une brillante hypothèse.

2. Voir notre second volume sous presse, Les Celtes et les Gaulois; cf. eu attendant le chapitre xii de notre Archéologie celtique et gauloise, 2» édit., p. 228.

3. Nos antiquités lacustres du bronze eu sont un spécimen remarquable.

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