‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 133 sur 168 · Apollonius de Rhodes, Arqon., IV, p · texte numérisé non relu

Apollonius de Rhodes, Arqon., IV, p

3. Bataillard, Bulletin de la Société d anthropologie, ann. 1875 (séance du 18 Qov.) « Je prétends que les Tsiganes originaires de l'Inde existaient en Occident aussi bien que dans l'Asie Mineure, dans le Caucase et dans les îles de la Méditerranée orientale de temps immémorial et je les y trouve au temps d'Hérodote sous le nom de Sigynnes et dès le temps d'Homère sous celui de Sentii qui est encore aujourd'hui, un des principaux noms ethniques que les Bohémiens se donnent eux-mêmes et celui qu'ils gardent avec le plus grand mystère. » Cette thèse a déjà été soutenue par le D' Hesse (en 1863) et par M. Vivien de Saint-Martin en 1847 dans sou Mémoire sur la géographie ancienne du Caucase. Cf. Malte-Brun, Précis de oéograp/tie, éd. 1836, t. Vil, p. 831, 35. Les Sentii sont d'un autre côté en relation directe avec les Cabircs de Samothracc. Les Sigynnes auraient été les conunis-voyageurs des corporations industrielles, semi-religieuses, semi-militaires, sur lesquelles nous avons déjà attiré l'attention. (Cf. suprà, p. 227.) Or, M. Bataillard a démontré que chez les Bohémiens orientaux, aujourd'hui encore, une ligne de démarcation très tranchée existe entre ceux qui travaillent le bronze et le cuivre et ceux qui travaillent le fer. Les tribus des deux groupes sont, non seulement rivales, mais souvent ennemies acharnées. Les groupes de cuivre se regardent comme bien au-dessus des groupes du fer.

d'origine orienlale à une époque très reculée s'expliquerait ainsi naturellement.

En résumé, les dernières découvertes des archéologues, d'accord avec les données de l'histoire, constatent l'existence, à une époque antérieure à la fondation de Rome, d'une série de peuplades de mœurs analogues, parfaitement distinctes de nos peuplades primitives, s'échelonnant de la Hongrie aux Apennins, suivant une direction géographique logique. A une époque oi^i nous étions encore en plein âge de la pierre polie, ces groupes étaient en plein âge des métaux. Leur industrie est, à la fois, avancée et archaïque. Des spécimens s'en sont retrouvés dans certaines stations lacustres, à Moeringen (lac de Bienne) et dans presque toutes les stations du lac du Bourget \ La plupart des objets recueillis dans les terramares de la Cisalpine rentrent dans la même série. Il y a donc eu une grande migration de tribus orientales, de civilisation et de culte similaires, dont le point de départ a été (nous ne pouvons pour le moment remonter plus haut) les bords de la mer Noire et l'Asie Mineure. L'avant-garde de cette migration peut avoir quitté les contrées voisines du Pont-Euxin, quinze ou seize cents ans avant notre è^e^ Quelques groupes ont pu venir en Italie par mer, comme le veulent les légendes, et aborder aux embouchures du Pô, d'autres suivre les côtes de l'Illyrie, mais à part ceux qui sont remontés vers le nord en suivant les rives du Dnieper, la grande majorité semble avoir suivi la vallée du Danube, la voie de l'expédition des Argonautes, la voie des Sigynnes.

Quelles étaient ces tribus? Nous aborderons ce problème dans la seconde partie de notre travail. Au nombre de ces tribus, telle est notre ferme conviction, figuraient celles que les anciens ont plus tard qualifiées de celtiques. Nous espérons le démontrer.

1 Cf. Muuro, op. laiid., p. 93 et suiv.

2. Cf. Emm. de Ilougc, Mémoire sur les attaques dirigées contre l'Egypte par les peuples de la Méditerranée vers le xi\° siècle avant notre ère.

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