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LA RACE DF CHO-MAGN'OX

presque idenlique à celle des troglodytes périgourdins, et les crânes de Zaraus, de Saint- Jean -de- Luz, si discutés jadis dans leurs affinilés ethniques, manifestaienl, à l'état sf)oradi(iue, quelques-uns des caractères les plus remarquables du type de Cro-Maguon.

L'Espagne était alors presque complètement inconnue dans son anthropologie, et le seul crâne recueilli par M. Louis Larlet dans la grotte néolithique dite Cueva Lobrega, me fournissait un nouveau ternie de comparaison.

M. Verneau et M. Jacques se sont chargés plus tard de combler la lacune.

L'attention de M. Verneau avait été appelée dès 1876 sur la question des survivances du type de Cro-Magnon en France *, et au cours d'un voyage à Madrid en 1884, il se mettait en mesure d'établir qu'à l'époque néolithique, il a existé dans la province de Ségovie des représentants à peu près purs de la race, qui s'est répandue dans toute la péninsule, depuis Oviedo jusqu'en Andalousie, où il en a pu suivre les traces. Quelques descendants avaient diî persister en Espagne pendant l'âge du bronze; l'un des crânes masculins de Baza, province de Grenade, celui de la Cueva del Milagro, près Oviedo, olfrant un certain nombre de caractères qu'ils ne peuvent tenir, d'après l'auteur, que d'ancêtres ayant présenté le type des hommes quaternaires de la Vézère *.

Les constatations de M. Jacques avaient porté sur une longue suite de têtes osseuses recueillies par MM. H. et L. Siret dans les nécropoles de la pierre polie et du bronze du massif de l'Argar, entre Almeria et Carthagène. L'un des types les plus fréquemment rencontrés dans les fouilles de ces deux ingénieurs, avait présenté « les analogies les plus frappantes » avec celui de Cro-Magnon*.

Toutes ces découvertes conduisaient invariablement dans la direction des îles Canaries, où la série du Rarranco Hundo avait, depuis longtemps, attiré déjà mes pas. Chemin faisant, je rencontrai les Berbères, ceux en particulier du Djurjura et de la Petite Kabylie, qui descendent à coup sûr de certains des constructeurs de ces innombrables chambres de pierre de Roknia, étudiées par Faidherbe *.

La chaîne ethnique se complétait ainsi, ou bien peu s'en faut,entre Fahlun et Ténériffe. Cuauches et Berbères, Ibères et Aquitains des anciennes époques se trouvaient unis par des liens étroits de famille, et j'ai pu préconiser sur ce terrain solide des faits, celte vieille alliance des peuples méditerranéens occidentaux, sans m'exposer, comme il y a vingt ans, à passer pour un fabricant de romans ethnologiques.

l.R. Verneau, Sur deux crânes modernes j'e/jroduisant le type de Cro-Magnon {Bull. Soc. d'anthrop. de Paris, 2^ sér., t. IX, p. 408, 1876).

2. R. Verneau, La race de Cro-Magnon, ses migrations, ses descendants {liev. d'anthrop., 3« sér., t. l, p. 10-24, 1886).

3. F. Jacques, L'ethnologie préhistorique dans le sud de l'Espagne [Bull. Soc. d'anthrop. de Bruxelles, 188S). —Cf. R. Coliignon, Rev. d'anthrop., 3« sér., t. IV, p. 220, 1889.

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