‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 74 sur 168 · Cf. Siiprày p. 132, fig · texte numérisé non relu

Cf. Siiprày p. 132, fig

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catacombes remaniées où Ton aurait mis de l'ordre. La tribu semble avoir, comme certains Indiens, avant un départ qui pouvait être sans retour, réuni en un même asile tous les os de ses pères *.

A Luzarches, Gourtieux, Vie-sur- Aisne, les débris d'ossements entassés pêle-mêle formaient deux couches distinctes, comme s'ils y eussent été apportés tout décharnés. Apportés tout décharnés^ telle parait être l'explication logique de ce singulier usage. M. Em. Cartailhac qui, après M. Pigorini^ a fait de cette question une étude spéciale, appuie la thèse du décharnement des arguments les plus sérieux. Tout un chapitre de sa France préhistorique^ sous le titre à^Ethnogénie comparée^ est consacré au relevé d'usages semblables observés chez les sauvages modernes^. La lecture de ce chapitre est de nature à faire une forte impression. Il nous a laissé convaincu. Nous ne prétendons pas que cet usage ait été général en Gaule. Il a eu certainement des partisans. Le décharnement était le rite

1. C'est ainsi que nous parlions en 1883. Cette conjecture de notre première édition est presque passée aujourd'hui à l'état de vérité acquise. Neuf hypogées, dans un cercle restreint autour de Paris, sont de véritables ossuaires. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur l'ossuaire deMizy (Marne), si bien décrit par M . Remy (voir suptà, p. 125, fig. 1 02), pour acquérir la conviction que les squelettes y avaient été déposés après décharnement. La caverne (caverne artificielle, eu partie) était remplie d'ossements, non pas sous la forme de squelettes complets jetés pêle-mêle, mais d'ossements classés, divisés par petites cases artificielles formant, suivant l'expression du D^ Remy, de petites cellules, celles du bas et du milieu contenant les os courts et plats. Dans celles du sommet ou rencontrait les crânes placés indistinctement dans tous les sens. L'ossuaire de Mizy est un monument intermédiaire entre la caverne naturelle et le dolmen ou allée couverte. M. Emile Cartailhac a fait remarquer qu'à l'époque néolithique un assez grand nombre decaverues ont ainsi servi d'ossuaires. Il n'en compte pas moins de treute-un (La France prc/tistorir/ue, p. 143). Dans la caverne de VUonvne-morl (Lozère), plus de cinquante squelettes hinnains gisaient dans un sable fin et sec propre à les préserver de la destruction. A Baumes-Chaudes (même département), le nombre de squelettes atteignait Irois cents; ils reposaient au milieu d'une couche épaisse de cendres dans le plus complet désordre. Toutefois les crânes avaient été placés à part le long de la paroi de droite.

2. Pigorini, UuU. palelnol. italiana, 1880, p. 36; 1886, p. 104. Emile Cartailhac, Hevue anlhropoL, t. XV, p. 460, et France préhistorique, p. 288 et suiv.

3. M. Emile Cartailhac fait remarquer {op. laud.,^. 2'.)9) que lacoutume de décharuer les cadavres existait encore en l'rance il n'y a pas très longtemps.

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adopté par la plupart des tribus des vallées de la Seine, de la Marne, de l'Aisne et de l'Oise. Il était pratiqué dans la Lozère. Sur une carte de la Gaule mégalilhique, ces groupes devront être un jour marqués d'une teinte spéciale. Un autre groupe serait formé par les départements armoricains, Morbihan, Finistère, Côles-du-Nord, Loire-Inférieure. Les dolmens du plateau central, Auvergne et Limousin, beaucoup plus petits, beaucoup plus pauvres, seraient également teintés à part. L'époque mégalitique présente donc, à côté de traits communs très caractérisés, des variétés très sensibles dues, soit à la diversité d'origine des populations, soit à la dillérence des temps.

Le mobilier funéraire offre les mêmes contrastes. Le jade et la jadéïle se rencontrent dans les Armoriques; très rarement sur le territoire des autres groupes et alors en dehors des sépultures, comme la hache delà forêt de Senart^Lacallaïs est dans la Gaule du nord un bijou particulier aux sépultures du Morbihan, de la Loire-Inférieure (une grosseperle de callaïs a été récemment découverte par M. Pitre de Lisle, à côté de petits tubes d'or sous un dolmen des environs de Nantes ^). Elle se retrouve en Provence et dans les Pyrénées, toujours dans des sépultures mégalithiques.

M. Em. Cartailhac, après M. Cazalis deFondouce, adressé la statistique suivante des découvertes de callaïs *.

« On ue connaît aucuugisemenl de callaïs en Kurope, où elle se présente uniquement sous forme de perles dans les tombeaux néolithiques. Dans

Au .\ii<= et xni« siècles c'était un honneur réserve aux grands et aux rois. Une corporation appelée les Hanouards, porteurs de sel, possédaient le privilège de saler et de faire bouillir les rois. Ou enterrait séparément les chairs et les squelettes. C'est ainsi que furent traités Louis le Débonnaire, Charles le Chauve, saint Louis, Philippe le Hardi et sa femme Isabelle d'Aragon. Cf. Lcgraud d'Aussi, Les sépultures des rois de France.

1. Voir au Musée de Saint-Germain, salle II. vitr. 17, n" 2151. Les stations lacustres de la Suisse en contiennent aussi un certain nombre.

2. « Je viens de découvrir lui très curieux monument, sept dolmen.-; réunis où j'ai recueilli à la fois du bronze, un collier d'or, une perle de callaïs et une ces belles flèches en silex particulières à la Bretagne.» (Lettre du 10 juillet 1890.)

3. Em. Cartailhac, La France préhistorique, p. 263 et La callaïs dans l'Europe occidentale, Matériaux, t. XVI, p. 166.

le Morbihan elle est ainsi répartie : Mané-er-Hoeck en Locmariaker, cinquante grains ; dans une crypte de la Trinité-sur-Mer, un prain ; dans celle de Keriaval, deux grains ; du Mont-SainL-Michel, cent sept grains; de Tumiac, cent quarante-sept grains; de Mousloir-Carnac, un grain; de Kercado, sept grains {Ajoutons un gram dans la Loire-Inférieure). Elle manque jusqu'ici dans les autres départements bretons, même dans le Finistère, si largement exploré. Dans l'intérieur de la France on signale un grain dans les grottes sépulcrales artificielles de la Marne, trois ou quatre grains sous les mégalithes de l'Aveyron et de la Lozère. Elle reparaît assez abondante dans les allées couvertes de la Provence (cent quatorze perles dans la crypte du Castellet, près Arles); des Pyrénées (s'oixante perles dans la chambre d'un tumulus du plateau d'Ossun, près Lourdes). Elle est plus commune encore loin delà, en Portugal, dans les grottes sépulcrales artificielles de Palmella, deux cent quatorze grains ; et dans l'Anta de Monte Abrahào, près Lisbonne, trente grains; enfin, dans les sépultures si variées du littoral oriental de l'Espagne, au sud de Carthagène, près Argas. Ainsi nous connaissons cinq localités qui la possèdent, Vannes, Lourdes, Arles, Lisbonne et Argar. »

La callaïs était certainement un bijou d'importation. La variété dans l'unité, nous le repétons, existe donc en Gaule à l'époque dolménique et la civilisation semble s'y développer, sur certains points, sous l'influence de relations commerciales. L'existence de nombreux objets de bronze et de quelques objets d'argent et même de fer en sont une preuve incontestable. Nous avons vu des poignards de bronze figurer au nombre des offrandes funéraires dans les Côtes-du-Nord et le Finistère. Des colliers d'argent se sont rencontrés sous le tumulus-dolmen de la forêt de Carnoët^ Dans l'Aveyron nous trouvons du fer.

Dès 1865, écrivait M. Cartailhacau président du Congrès de Norwich*, j'avais trouvé dans mes fouilles de l'Aveyron, sous des dolmens, des fragments de fer. Sur le conseil de M. de Mortillet, je n'en parlai pas 3, sinon pour en faire une preuve de remaniement ou de violation ancienne de la sépulture primitive. Mais, en 1866, M. l'abbé Cérès ayant fouillé avec un soin minutieux plusieurs des nombreux dolmens funéraires du nord du département, recueillit à côté de petits anneaux en

1 Musée de Saint-Germain, salle 111, vitrine u" 1. (Compartiment de gauche.)

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