‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 78 sur 168 · Cf. suprà, p · texte numérisé non relu

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3. Samlinger for Nordenx Foim/ilsk-Kare, t. I, pi. XXVn,XXIX,XLVI, et James Fergusson, op. laud., p. 62 et 293.

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dont quelques-unes paraissent apportées de la terre ferme, laissent peu de doute à cet égard \

La marque d'une pensée commune ne se manifeste-t-elle pas, d'ailleurs, dans l'usage même de préparer aux morts une solide demeure souterraine dans des pays où n'a jamais été signalée aucune trace de temples, aucune trace d'architecture civile ou domestique? Le point de départ de celle pensée religieuse, M. Sven Nilsson, le patriarche des archéologues suédois, semble l'avoir très bien saisi. Le dolmen, la maison des

Fig. 138. — Habitations des Fig. 137. — Allée couverte sépulcrale d'Oxe- Esquimaux. valla (Suède).

morts, écrit-il, a été construite dans l'origine, à l'imitation de la demeure des vivants*. Il en trouve le modèle chez cer-

1. Au nombre des pinrres levées nous devons citer, à titre de curiosité, le grand menhir de Locmariaker, dont un géographe grec du i*"" siècle avant notre ère semble avoir fait mention, probablement sur le témoignage d'Hécatée. 11 est, en eflèt, bien difficile de ne pas rapprocher l'existence de ce menhir de 22 mètres de haut, des versl80-19.j de la Description du globe àc Scymiius de Chio. — Nous citons la traduction latine de J.-F. Gail : « Ulunlur Cellx consuetudiiulnis grxcis... quorum (i. e. Cellarum) aulem in extremis lacis siia est quM'dam co/umna borealis dicta {c-zr^'/.ri pôpeio;}. Est i'rce/sa omnino in flucluosum pelagus. Habitant hujus columnx vicina loca Cellarum quicunrjue extremi desinunl, Venelifjuc. La mention des Veuètes parait ici très significative.

2. Cf. Archéologie cel/ique et gouloisr, p. 18'», chapitre vu : Un mol sur l'origine des dolmens et allées couvertes.

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taines populations du Caucase et chez certaines tribus hyperboréennes. Comparons à l'allée couverte sépulcrale d'Oxovalla (fig 137) en Ostrogulliie \ avec ses morts accroupis dans leurs cellules, quelques-unes des demeures souterraines des Esquimaux, du Groenland (fig. 138) et de l'Amérique du Nord (fig-. 139). — N'y a-t-il pas identité? L'habitation des Lapons norvég-iens, leur gamme ■ présente absolument le même caractère. Sven Nilsson a même cru découvrir en Suède des allées couvertes, considérées comme sépulcrales, qui seraient, eu réalité, d'anciennes habitations. J'ai tort de dire allées couvertes,, car un des caractères qui les distingue des monuments sépulcraux est justement, outre l'absence de squelettes, l'absence de toit en grosses pierres remplacé par un système de branches d'arbre accouplées et garnies de mottes de gazon, qui naturellement ont disparu.

Les observations de Nilsson méritent une attention sérieuse. Que le modèle de la chambre sépulcrale dolménique ait été calqué, comme il le croit, sur les habitations des peuplades hyperboréennes, ou, comme le croit M. Iloworlh (opinion exprimée au Congrès de Stockholm)^, sur les tanières ou plutôt les cryptes* des populations caucasiennes, l'explication nous paraît logique, et mieux que toute autre, rendre compte de l'ensemble des faits connus. En tous cas, sans contester le caractère hypothétique de quelques-uns de ces aperçus, un important résultat nous semble acquis. Le point de départ de la civilisation dolménique doit être cherché à l'est de l'Europe.

1. Nilssou, Les Habitants primitifs de la Scandinavie, édit. française, p. 1*6, et planche XIV.

2. Cf. Oscar Monteliin, La Suède préhistorique et Arc/iéoloyie ce/lir/ue et gauloise, 2« édit., p. 185.

3. Congrès de Stockholm, t. I, p. 210 et Archéologie celtique et r/auloise, 2^ éd. p. 28.

4. Cf. Dubois de Moutpereux, o/j. laud., t. VI, p. 315, où qous lisons : «J'ai traité peut-être avec trop de détails tout ce qui a rapport aux cryptes de Crimée. Mais pcut-ou donner assez d'importance à des monuments qui sont presque les seuls témoins d'une civilisation si antique qu'elle remonte audelà des bornes de l'histoire? Où irons-nous autre part étudier les mœurs des hommes quand ils vivaient dans les cavernes, comme disent les mythes et se nourrissaient de glands. .. Voir Atlas, IVe série, pi. I, t. 111, IV, V et VI.

IGLA DES ESQUIMAUX

1. Le 11. 1>. E. Pctitot, Monof/rap/tie des Escjuimaux (1876), p. 13.

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Jetons les regards sur une carte quelconque du monde connu des anciens'. Une immense étendue de terres inconnues s'y fait remarquer, sur lesquelles le monde classique avait les données les plus vag-ues, avec lesquelles il n'a jamais eu que des rapports indirects et intermittents, terres fécondes cependant, oii s'agitaient de nombreuses populations à des degrés divers de développement social^ mais dont quelques-unes étaient bien au-dessus de l'état de barbarie. Ces populations, nous en découvrons aujourd'hui les traces, nous apprenons à les connaître. L'histoire se complète.

1. Par exemple la carte que Rawlinsoii a jointe à sa traductiou d'Hérodote (1862), sous le titre de The World of llerodotus, t. II, in finc^ dout nous donnons une réduction, p. 1C2, Og. d40.

(Moitié de la grandeur réelle).

Fig. 141. — Ornement de bronze de destination inconnue eu forme de coupe trouvé sous un dolmen de l'Aveyron. (Voir Musée de Saint-Germain, salle 111, vitrine 1, partie horizontale.

Fig. 142. — Menhir du Vieux Poitiers avec inscription celtique en caractères

romains.

Fi". 140. — Le luoudc cuiuiu des Grecs, d'après Hérodote. (.'iUU ans cnvirou av. .I.-C.)

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