‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 9 sur 168 · Autriche · texte numérisé non relu

Autriche

2. Lorsque le mélange des différenles races d'iiomme que les invasions avaient mis en présence sur le sol de la Gaule fut accompli et eut formé de nouveaux peuples et des idiomes nouveaux, lorsqu'il y eut un royaume de

DE l'école du LOUVRE 9

OÙ rarchéologie, à peu près seule, nous a servi de guide, arrivés au moment où nous pouvons faire appel au témoignage de l'histoire. Nous nous eflbrcerons, avec le secours des documents archéologiques et dos textes, de tracer un tableau général de la Gaule au début de la conquête l'omaino. Nous montrerons la population divisée en trois grands groupes, Aquilnins, Celles el Belges, clia(|ue groupe en diverses nations, les nations en classes; équités, druides, plebs. Nous rechercherons l'origine de ces classes cl de leurs prérogatives. Nous demanderons, aux traditions irlandaises, les renseignements qui nous manquent au sujet du druidisrne.

Les Gaulois exerçaient, à cette époque, plusieurs industries. Ils exploitaient des mines de fer et d'étain, ils étamaient. Ils étaient habiles émailleurs. L'or recueilli dans les rivières leur servait à fabriquer des bijoux. Leurs potiers ne manquaient pas de goût. Nous poursuivrons, avec soin, les traces de ces diverses industries. Le système défensif de ces populations, l'étude de leurs oppidn nous arrêtera quelque temps. Le monnayage gaulois attirera aussi notre attention.

A l'époque gauloise succède Y époque romaine. Nous dirons peu de choses des campagnes de César, sujet aujourd'hui à peu près épuisé. Nous insisterons, toutefois, sur l'identification certaine à nos yeux àWlesia et d'Alise Sainte-Reine, de Bibracte et du mont Beuvray. L'examen des fouilles faites à Alise, en partie sous notre surveillance (4), nous fournira l'occasion de parler du pilum romain, du javelot à amentum et des balistes si heureusement reconstitués par notre regretté collègue et ami le général de Reffye [i). Mais ce que nous étudierons surtout, à l'époque romaine, c'est la politique des Romains en Gaule, politique économique.

France et une nation française, quelle idée celte nation se fit-elle d'abord de son origine? Si l'on se place au xu" siècle et qu'on interroge la littérature de cette époque, on verra que toute tradition de la diversité des éléments nationaux, de la distinction primitive des conquérants et des vaincus, des Francs et des Gallo-Romains avait disparu. (Augustin Thierry, Considérations siir Vhistoire de France, p. 312.)

1. Le plan des fouilles avait été donné par le général Creuly, notre collègue à la commission de la topographie des Gaules.

2. Le général de RelTye était membre de la commission d'organisation du Musée de Saint-Germain.

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sociale et religieuse. Nous assisterons à l'établissement du grand réseau des uo?>s 7'oniaine s, iaXonnées de ces admirables horne.s rn'dliaires dont M. Antoine Héron de Villefosse a dressé la carte pour la commission de géographie historique(l).Nousvei'ronsles grands centres de population se modifier et les habitants des plus célèbres oppida, Gergovia et Bibracle, descendre dans la plaine et se renfermer sous l'œil de l'administration romaine dans de véritables villes, Augustonemetum et Augustodunum. Certaines eaux thermales, Luxeuil, Vichy, Bourbonne-les-Bains, déjà connues des Gaulois, prennent alors une importance considérable. Des théà" très ou cirques et des établissements de bains s'élèvent au milieu même des campagnes, comme à Sanxay(2), dans l'intérêt des populations rurales. La Gaule se couvre de riches villas. Nous vous en donnerons la liste.

L'étude des inscriptions nous initiera à certains détails de l'organisation des municipes gaulois, et nous permettra de déterminer plus exactement l'emplacement des légions gardiennes des frontières, tandis que les milices civiles suffisaient à maintenir l'ordre dans l'intérieur. Nous ne négligerons pas les questions d'impôt sur lesquelles les inscriptions nous fournissent également de précieux renseignements. Une leçon sera consacrée à l'étude de l'art en Gaule sous les Romains, architecture, céramique, statuaire. Nous aurons, à cet égard, peu de choses nouvelles à vous apprendre. Ces sujets ont été traités par d'habiles antiquaires. Il n'y a plus qu'à glaner après eux.

L'exploration des cimetières romains à inhumation et à incinération, l'examen des stèles funéraires militaires, civiles et religieuses^ le relevé des temples ou sacella gaulois, fort distincts des temples romains ou grecs de la Narbonnaise, nous retiendra. l)lus longtemps. Nous insisterons, surtout, sur la polititiue religieuse des Romains, si sagement inaugurée par l'empereur Auguste. Nous nous efforcerons de faire compi'endre comment, par suite de mesures habilement concertées, Rome sut détruire à jamais la puissante organisation des collèges de druides et abo-

1. M. A. Héron de Villefosse est, auJDuril'Iiiii, comme M. Lonfj^non, niemlire de rinslilul.

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