‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 93 sur 168 · Tombe de l'âge du brouze scaudiuavc · texte numérisé non relu

Tombe de l'âge du brouze scaudiuavc

de populations innomées. Nous aurons à nous occuper dé-

Daus le Rouergue, dit M. Valadier ', quelques bergers croient encore leur troupeau à l'abri du danger, et surtout des ravages de la foudre, lorsqu'ils eut pu se procurer une hache celtique en pierre ou même un fragment de hache qu'ils appellent peiro de Tro, « pierre de tonnerre, » et qu'ils l'ont suspendue à la sonnette que porte la principale brebis, guide du troupeau. L'heureux possesseur d'un pareil talisman ne s'en défait jamais. D'autres racontent, dit le Dr Closmadeuc, que quand quelque villageois rencontre une de ces haches, il se met à genoux, se courbe dévotement vers le sol et la ramasse avec sa propre langue.

Une autre superstition non moins remarquable était signalée à la Société des antiquaires de France par M. Edmond Le Blant dans une des séances de l'année 1873 : « On me permettra, dit-il de signaler à la compagnie des textes d'où il résulte que l'usage des flèches à pointes de silex existait encore au xvie siècle eu Angleterre, mais comme pointes de flèche des fées. Les recueils de vieux procès mentionnent fréquemment, à cette époque, des poursuites dirigées contre les sorcières qui se servaient 'pour leurs sortilèges de ces e/f~ arrow-heads, dont on les accusait de frapper de mort soit directement, soit par voie magique, ceux qui étaient désignés à leurs coups. » Walter Scott relève ce fait dans sa démonologie. La haute antiquité de ces usages ne saurait être mise en question. L'évêque de Renues Marboduus, au xn" siècle, composait un poème en vers latins sur ce sujet {de Ceraimmi. Plutarque et Claudien parlent des ceraunise et de leurs vertus; Pline fait mention des pierres en forme de hache qui servent à conquérir les villes et à s'emparer des flottes*. Suétone raconte que Galba ayant vu la foudre tomber dans un lac des Cautabres ', le fit fouiller et y trouva douze haches, signe manifeste de la souveraine puissance à laquelle il était destiné.

La vertu des pierres de foudre n'était pas ignorée des Chinois. On lit avec étonnement daus la grande encyclopédie dô l'empereur Kaug-hi * : « La forme et la matière des pierres de foudre varient selon le pays. Les Mongols nomades des côtes de la mer orientale les emploient en guise de cuivre et de fer '. Les unes ont la forme de hachette ou de maillet, les autres ressemblent à des couteaux; elles sont noirâtres ou verdàtres. Une chanson contemporaine de Tang dit qu'il y avait à Ya-men-si un grand Miao dédié au tonnerre auquel les habitants avaient la coutume d'ofl'rir des présents pour obtenir de ces pierres. »

Rien ne se perd en ce monde des idées et même des folies humaines ; elles se retrouvent presque toujours plus ou moins dissimulées dans quelque coin de nos vieilles sociétés : le tout est de les y découvrir. .le ne veux pas multiplier ces citations. Je ne puis pourtant résister à la tentation de rappeler un souvenir personnel se rapportant à l'un des usages dont il a été (lucstion plus haut. Nous avons vu que les cabanes du lac Prasias, en Péonie, au dire d'Hérodote, étaient construites au moyen d'arbres coupés sur le mont Orbelos,

1. D'aprùs le D' Clorimacieuc, Société polymalhique de Morbihan, 1873, p. 43.

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