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2. Le nombre des monuments mégalithiques sous lesquels des objets de bronze ont été découverts dépasse aujourd'hui la centaine, à ne compter que ceux où se sont renconirés des objets de broDze importants. Us dépassent 250 si nous tenons compte des sépultures qui, comme celles de la Lozère et de l'Aveyron, renferment quelques grains de bronze, perles ou amulettes mêlés à des parures où domine la pierre, ce qui est beaucoup sur uu millier à peine de monuments explorés. Ces 200 ou 250 monuments sont répartis eutrc une quinzaine de départements, savoir : l'Ardèche, l'Aveyron, les Bouches-du-Rhôue, les Côtes-du-Nord, le Finistère, le Gard, l'Hérault, le Lot, la Lozère, le Maine-et-Loire, la Manche, l'Oise, la Haute-Savoie, le Taruet-Garonue, la Vendée. M. Ernest Chantre, dans ses Études sur l'âge du bronze, a calculé que les seuls dolmens de la région des Cévennes avaient procuré à leurs explorateurs 591 objets de bronze de diverse nature, la plupart, il est vrai, de peu d'importance, constituant un septième environ du mobilier funéraire. (Cf. Chantre, 2e partie, p. 60). 11 est à noter que les haches en pierre polie sont très rares dans la plupart de ces monuments. Elles manquent presque complètement sous les dolmens de la Lozère.

•3. Nous attachons une grande importance au changement de rite funéraire. La substitution d'un rite à un autre dans un ordre de faits qui tient à nos sentiments les plus intimes et les plus chers, à nos traditions les plus saintes, est toujours l'indice d'une révolution profonde dans les idées et dans les mœurs. Rien n'est plus intéressant et plus instructif que l'étude des rites funéraires. Le rite funéraire est un des signes les moins trompeurs de détermination des groupes sociaux. La science des tombeaux, suivant la remarque de Jorio, est la science par excellence des archéologues. La valeur religieuse et sociale des rites funéraires est indéniable. Les législateurs des premiers temps s'en sont tous préoccupés. Certains rites étaient imposés, certains autres rites absolument interdits. Chez les Perses, sectateurs de Zoroastre, adorateurs du feu les rites de l'inhumation et de l'incinération étaient également proscrits. Les cadavres étaient abandonnés aux vautours, eu plein air, sur des arbres ou dans des tours sans toit, usage qui s'est perpétué jusqu'à nos jours chez les Parsis.

Les Perses, du temps de Darius, attachaient une telle valeur à ces prescriptions de leur religion, que, suivant Justin (liv. XIX), un des articles

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âge du bronze un état social où la grande majorité de la population reste fidèle aux mœurs et usages néolithiques, où

du traité imposé aux Carthaginois après leur défaite, vers l'an 500, était qu'ils renonceraient à la pratique inhumaine des sacrifices humains et n'incinéreraient plus les corps. Potius obruere corpora terra quam cremare a rege jubebatur. Dans l'Inde, chez les Aryens, l'incinération était, au contraire, le rite agréable à Indra, Aujourd'hui encore, les brahmanes incinèrent ; quelques sectes jettent les cendres dans les fleuves. Se faire inhumer serait une abomination pour un brahmane. Les races dravidiennes et touraniennes, les races inférieures habitant l'Inde, paraissent au contraire avoir toujours inhumé. L'iuhumatiou, pourtant, n'étaitpas repoussée par tous les groupes aryens. On sait qu'on ne brûla pas le corps de Numa parce qu'il l'avait défendu (Plutarque, Vie de Nvma, § 27). Numa suivait eu cela, la tradition des Orphiques et de Pythagore (voir Chaignet, Vie de Pythagore, I, p. 120). Les sectateurs d'Apollon, à Délos, se faisaient inhumer; mais un rite funéraire, un rite quelconque, était obligatoire.

L'inhumation, l'incinération en Grèce était chose imposée à tous par l'opinion et par la loi. Le corps, abandonné à l'injure des éléments, était condamné à errer sur les bords du Styx, sans pouvoir pénétrer dans les Champs Élysées. Qui ne connaît la terrible sentence portée contre les dix généraux athéniens vainqueurs des Spartiates, à la bataille des Arginuses (406 av. J.-C). Une tempête violente les avait empêchés de recueillir et d'ensevelir leurs morts. La peine capitale fut décrétée contre eux par le peuple (Diodorc, XIII, ch. cii ). Ils furent exécutés.

Le rite funéraire de leurs ancêtres a toujours été respecté par les groupes restés purs. L'histoire et l'archéologie le démontrent. Nous pourrions affirmer que les Colchidieus du Phase étaient des Iraniens, des sectateurs de Zoraastre, sur la foi seule du récit suivant des Argonautiques (Apoll. de Rhodes, Argon., ch. m, v. 200.) « Aussitôt Jason et le fils de Phrixus s'élancèrent du vaisseau et, marchant au milieu des joncs et de l'eau, ils gagnèrent le rivage et arrivèrent dans une plaine portant le nom de Circé. Elle était couverte de saules et de tamarins, auxquels étaient suspendus par des chaînes des cadavres sans nombre. Car telle est la coutume des habitants de la Colchide. Ils regardent comme un crime abominable de brûler les corps ;des hommes, et il n'est pas permis de les couvrir déterre. On les enferme dans des peaux de bœuf, qui n'ont point été préparées ; on les attache à des arbres et on les laisse ainsi suspendus loin de la ville. Cependant la terre ne perd pas pour cela ses droits ; mais les femmes sont seules déposées dans son sein. » [Ces femmes devaient être des esclaves appartenant à une autre race).

Il ne faut avoir aucune idée de la personnalité des tribus primitive?, pour croire qu'elles brûlaient ou inhumaient leurs morts indifféremment. Dès qu'on pénètre un peu avant dans l'antiquité, dès qu'on se trouve en présence de groupes bien définis, non encore fondus dans la confusion des grandes villes, ou trouve des cimetières sans mélanges de rites (voir, dans notre Archéologie celtique et gauloise, 2» édit., p. 228, l'article : Vlnciriê ration en Italie pendant l'ère celtique). Les Pré-Étrusques incinéraient. Les Étrusques de la belle époque, l'aristocratie étrusque, inhumaient. Dans les villes seules, composées, comme Rome, d'éléments hétérogènes, les deux rites étaient pratiqués simultanément.

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quelques chefs de tribus seulement ont adopté l'usage du métal, nous a toujours paru un abus de mots. L'âge du bronze en Danemark a été la conséquence d'une invasion . La Gaule ne fut point envahie à la fin de l'époque néolithique. Les nouvelles invasions commencent avec l'Age du fer. Nous espérons le démontrer dans notre second volume : Les Celtes et les Gaulois. L'époque de transition, sans être un âge du bronze, n'en mérite pas moins toute notre attention.

Que l'étranger n'ait pas sérieusement pénétré en Ganle à celte époque et y ait été très longtemps traité en ennemi parles néolithiques, deux faits entre autres le prouvent. Dès le x'^ et probablement dès le xii^ siècle avant notre ère, les Ibères et les Ligures possédaient sur nos côtes, des Alpes aux Pyrénées, une longue bande de terrain '. Leur influence sur les tribus de l'intérieur a été presque nulle. La Gaule, en dehors des côtes, leur est restée fermée. Les curieuses "observations faites par MM. Siret frères^ sur les côtes d'Espagne, entre Carthagène et Alméria, nous montrent en quoi consistait cette influence.

« La zone que nous avons explorée, disent les deux ingénieurs*, s'étend sur une longueur de 75 kilomètres. La plupart des stations fouillées sont situées à proximité de la mer; il en est cependant qui se trouvent à 35 kilomètres du rivage. On y distingue trois ptiases de civilisation successives nettement tranchées : la première appartient à la pierre polie pure; la seconde à la transition entre l'usage exclusif de la pierre et celui du métal ', Dans la troisième, ces populations, sans abandonner leurs outils de pierre, commencent ix employer communément le cuivre et le bronze, »

L'action des étrangers sur les indigènes de la côte est prise ici sur le fait. Les conditions matérielles de ces tribus sont quelque peu améliorées ; le fond des mœurs n'a pas changé. Les armes importées ressemblent beaucoup aux poignards découverts sous les dolmens du Finistère, à ceux du tumulus de Clohars-Carnoët en particulier''.

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