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pl(';ment do l'altirail fiinc-raire de cotte aristocratie guerrière dont Diodore nous décrit les longues moustaches, signe de noblesse pour quelques-uns, ajoute-t-il, qui se contentaient de raser le reste du visage. « Ti 3à yÉvE'.a tivéç [jiv ^upwv-cat tivîç oï u£Tp{(i); O-jTpÉço'jj'.v • 0'. G£ z.'j-^-fn~.^ "àç [xht Trapsîa; àraXeiaîvouci, xiç 5' j~r,-iyL: à-iv.[j.vix; iwî'.v, Ôjttî Ta 7-:d'j.aT3: à'jTiôv èx'.y.aX'j'iT-esOa'.. » (Diod., V, xxvni).
A ces neuf instruments trouvés avec les épées de fer, nous devons ajouter, comme ayant été recueillis dans la même contrée, un dixième et un onzième rasoir, l'un découvert à Genay, près de Semur, dans le tumulus fouillé par M. Albert Bruzard (ce rasoir est déposé au musée de Semur), l'autre trouvé par M. de Saulcy dans le tumulus n° 2 du bois de la Perrouse, et offert par lui au musée de Saint-Germain. Ce dernier rasoir se distingue des précédents en ce qu'il est de for. Voilà donc une première série de rasoirs, gaulois au moins par leur provenance, dont le gisement est parfaitement caractérisé. Ils sont associés à la grande épée de fer dans des tumulus à noyau de pierres, recouvrant des corps inhumés et non incinérés, dette série n'est d'ailleurs pas limitée à la Cùle-d'Or. Nous connaissons, sans sortir de l'ancienne Gaule, cinq autres rasoirs de provenance analogue, trois recueillis pendant les fouilles de ^IM. Desjardins et Cravet dans les tumulus de Gedinne et Louelte-Saint-Pioire (Belgique), avec deux épées de fer et une épée de bronze de la forme des épées de fer ; un quatrième découvert dans un tumulus du Lot avec l'épée de bronze, type de l'épée de fer, c'est-à-dire à soie plate, avec rivets et à crans prononcés à la naissance de la lame ; un cinquième enfin, sorti de l'une des tombelles d'Anet, près du lac Morat.
Ces seize rasoirs, comme il est facile de s'en convaincre en jetant les yeux sur les planches exposées au musée de Saint- Germain, afl'ectent deux furmes bien caraclérisées ddiil ils ne s'écartent pas'.
1. Salli' V du riilisi'p de Sriinl-iicTMi.ii]! (riii'iihir à \i)li'ls).
294 hV.S, TIMIMS GAULOIS DE MAI.N'y-LAMIÎICnT
Une seconde série, plus nombreuse, est formée des rasoirs ou instruments analogues provenant des diverses stations lacustres de la Suisse et de la Savoie, stations appartenant, pour nous renfermer dans la classification généralement adoptée, les unes à l'âge du bronze, les autres au premier âge du fer, et considérées jusqu'ici, mais peut-être à tort, comme bien antérieures à l'ère gauloise. Disons seulement que si les plus récentes de ces stations nous paraissent à peu près contemporaines de nos tumulus, les autres sont certainement plus anciennes. Cotte seconde série comprend d'après nos listes, qui sont loin d'être complètes, cinquante et un exemplaires ; ce qui constitue pour la Gaule, en deux séries distinctes, un ensemble de soixante-sept rasoirs, de provenance connue et nettement caractérisée.
A ces soixante-sept rasoirs nous pouvons en ajouter deux autres que les circonstances de leur découverte ne permettent pas de séparer des premiers, à savoir le rasoir de la découverte de Larnaud (Jura) et celui de Bellevue, près Genève, tous deux associés à des épées de bronze, du type de Hallstatt. Soit au total soixante-neuf.
Nous devons mentionner, en outre, dix autres rasoirs, dont huit, au moins, ont été certainement trouvés en Gaule, mais dans des conditions qui ne nous sont pas connues, ou sont déterminées d'une manière insuffisante"; deux sont de provenance encore plus incertaine, quoique faisant partie de collections françaises. En tout soixante-dix-nouf.
Cette liste s'augmentera sans doute rapidement, dès que
i. Voir la reproduction de ces nisoirs, moulagos ou dessins, au Musée de Saint-Germain, salle V.
2. Voici la liste de ces rasoirs. 1. Coll. Bonclier de Perles : Lit de lu Somme [an musée de Saint-Germain]. 2, 3, 4. Coll. de M"":Febvre de Màcon, sans provenances précises [au Musée de Saint-Germainl. 5. Musée de Houen : LU de la Seine [moulage au Musée de Saint-Germain). 6. Coll. Forgeais : Lit de la Seine [dessin de M. L. Leguay]. 1. Musée de Strasbourg, sans provenance précise (dessin de M. A. liertrandj. 8. Musée d'Kpinal : Grand (Vosges) [dessin de M. Oournaull]. 9. Coll. Gréau de Troyes, provenance incertaine [moulage au Musée de Saint-Germain). 10. Musée de Colmar, sans provenance précise [dessin de M. Stœpfelj.
LES TI'MILI'S GAUr.OIS DE :\rAGNY-LAMBERT 295
l'on sentira de quelle impoiiance il est de la compléter'.
De tous ces rasoirs, un seulement est de fer. Les soixanteneuf de provenance connue remontent tous au moins à l'époque dite le premier âge du fer, de l'aveu unanime des archéologues qui ont eu occasion de s'occuper de chacun de ces instruments, isolément, lors de leur découverte.
Nous avons donc affaire à un instrument d'usage très ancien sur notre sol et fort répandu, suivant toute apparence, des embouchures du Rhin aux sources du Rhône, dans une zone qui, d'après les renseignements recueillis jusqu'ici, ne s'avance guère à l'ouest plus loin que Beaune et Dijon. Comme avec les épées, nous continuons à nous sentir dans une Gaule très antique et bien antérieure à la conquête romaine. L'usage de se raser paraît avoir existé chez nos pères dès les premiers temps de Tintroduction des métaux en Occident, mais avoir été plus répandu dans Test que dans l'ouest du pays. Nous savons par Diodoro, comme nous l'avons rappelé plus haut, qu'aux derniers siècles de leur indépendance, raser sa barbe d'une certaine façon était encore, aux yeux des Gaulois, un signe de noblesse. En tout cas, il n'est pas douteux qu'à l'époque où ont été élevés nos tumulus de Magny-Lambert, c'était parmi les guerriers de la tribu qui habitait ces contrées une mode générale, suivie mémo de ceux qui ne portaient pas les armes.
Fidèles à notre méthode, tournons maintenant les yeux vers les pays limitrophes de la Gaule. Où allons-nous retrouver nos rasoirs? Est-ce en Noriquc ou en Vindélicie, comme cela nous est arrivé pour les épées à soie plate et à pointe obtuse? Avons-nous affaire ici à un ustensile que tdute population gauloise, à quelque conirée, à quelque peuplade qu'elle appartînt, portait nécessairement avec elle? Aucunement. Ni en Norique, ni en Vindélicie ne se sont trouvés, à notre connaissance, de rasoirs ou, du moins, de lasoirs de bronze ana-
{. On nous a signali', flcjiiiis, la ilrconvcrlc de lasoiis de tjpps analopcm^s à Gôvincey (Jura). Kaiix-Vivos (Genève), (;iii'vniii\ (Carilipri .li' Vaiul;, Sinsiii \\W\giqiie), Uzfes (Gard). — Deuxième éililiuii.
296 LES TIMI-IJS r.AfLOIS DIO M AnNY-T.AAIIlF.RT
logucs aux nôlros ; car il est bien difficile de rien affirmer fjiiani aux rasoirs de fer si facilement anéantis par l'oxyde. Il nous est permis, toutefois, de considérer comme très probable que le cimetière de Hallstatt, si riche et si bien étudié par MM. Hamsauer et de Sacken, n'en recelait pas. Ceux que l'on a signalés ailleurs en Allemagne sont, comme nous le verrons tout à l'heure, très rares et très disséminés.
C'est vers le sud qu'il faut, celte fois, tout d'abord nous diriger. Passons les Alpes et entrons dans la Cisalpine. Non loin de Bologne existe un cimetière antique célèbre, exploré par M. le sénateur comte Gozzadini. C'est le cimetière de Yillanova, que la présence de nombreux lingots à'/vs rude, le caractère des poteries et bien d'autres considérations ont fait classer au nombre des cimetières primitifs de la haute Italie. Ce cimetière est même généralement regardé comme d'une date antérieure à celle du cimetière de Hallstatt, quoiqu'appartenant comme ce dernier à ce que l'on est convenu d'appeler le premier âge du fer. M. le comte Gozzadini estime, pour sa part, qu'il appartient au moins au vu= ou wn" siècle avant notre ère, et doit être contemporain de la fondation de Rome. — On pourrait, sans être bien hardi, le faire remonter plus haut encore'. Or, Yillanova ne nous a pas livré moins de douze rasoirs. Écoutons à ce sujet M. Gozzadini lui-même. (< Parmi les ciiltri en bronze les plus extraordinaires et qui peuvent être rangés au noml)re des objets caractéristiques de cette époque sur notre territoire (la Cisalpine), sont douze croissants très minces, tranchants seulement dans la partie convexe, avec rebords à la partie concave et un tout petit manche, qui, par leur finesse et leur peu d'épaisseur, ne nous semblent pouvoir être autre chose que des instruments pour raser, la iioraciila des Romains, le ^jpéçdes Grecs. » Ces instruments, analogues à ceux de Magny-Lambert et des contrées voisines, ont, il est vrai, une forme spé-
1. 1.0 coièUp Cotiostaliilp, au Congri'S do, liologno, inoliiiail ;'i fairo romontor lo ci'.Motièrc (lo Villaiiova au \<" sii'clo avant notre oro.
LlîS TrMîLrS r,\I[.OIS DF, m Vi.NY-I.AMUKRT
cialo (fig-. 81) très rare de ce côté-ci dt^s Alpes, mais il n'en est pas de même de qnatre rasoirs décduverts dans les terramares du Parmesan et conservés au musée de Parme. L'âge auquel remontent certainement ces tenamares, qui nous reporte à une date probablement antérieure à celle du cimetière de Villanova, prête à ces rasoirs un intérêt tout particulier. Ajoutons que le musée de Reggio en possède quatre autres de provenance analogue ; qu'en dehors da ceux de Villanova, cinq sont signalés dans le Bolonais, trois au moins sur le territoire d'Esté six au musée de Florence, deux il Pérouse et deux à Chiusi ; que le musée de Saint-Germain conserve un de ces instruments classé comme de la haute Italie (ancienne collection du Louvre); celui de Vienne (Autriche), deux recueillis dans la station lacustre de Pcschiera, et qu'enfin M. de Mortillet en avait acheté, il y a quelques années, un tout semblable à Modène. Ce dernier est maintenant au Peabody Muséum, en Amérique'.
1. M. le comlo fiozzailini, ;ï qui nous avons soumis cette statistique, a eu la lionlù (le la compléter d après ses notes personnelles qui nous permettent d'ajouter à notre texte sisi nouveaux rasoirs : un au musée de liavenne, un à Oliiusi, deux deP.onzana, près di^ lîologne (c^oll. Gozzadini), et deux enfin, dont notre correspondant a. bien voulu faiii; don an musée de Saint-tiermain, provenant le premier de Chiusi, le seconil de Florence. Ne nous lassons pas de répéter ((ue de ces i/uiirante-.iij-- i-iisoirs italiens, tous ceux dont on connaît la provenance Ijrécise, nous voulons dire ceux qui sortent de découvertes bien caraclériséi's comme Villanova, Bonzana, les terj-anians de l'arme et de Ri'fjgio et la station l.icusire de Peschiera, appartiennent à une. série de cimetières ou Rroupe dliabitafions remontant dans le nonl de l'Italie au delà de la période étrusque proprement dite, tandis (jue dans les cimetières plus rapprochés de nous, Marznbotto et la Certosa, où les tombes ont été touillées par centaines, jias un seul rasoir n'a été découvert juscpi'ici. .Nous n'en connaissons pas, non plus, provenant d'hypogées étrusques. Ceux du musée civique de lîologne, du musée
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