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DE LA PREMIÈRE ÉDITION XXI

logne' (Italie). A l'ouest, très accentuée dans les Alpes et dans la vallée du Rhône, elle est faiblement représentée dans le reste de la Gaule. Un fait est surtout à remarquer : pas plus en France qu'en Suisse nous ne trouvons de tombeaux de l'époque dite âge du bronze; nous n'en trouvons pas davantage en Italie. Les objets typiques de cette époque conservés dans nos musées ne proviennent point de monuments sépulcraux ; ils sortent du lit des rivières, de la fente des rochers, ou étaient enfouis sous des amoncellements de pierres et de terre, sans aucune trace de restes humains; on peut conjecturer que ces armes et ces bijoux sont des offrandes : la part des dieux. Nous ne connaissons point à ce fait singulier d'explication plus plausible.

La civilisation du bronze pur a donc très peu pénétré en Itahe, très peu pénétré en Gaule"? Doit-on s'en étonner? En Italie la civilisation du bronze, telle que nous la trouvons dans le nord, avait été devancée par la civilisation pélasgique et tyrrhénienne, d'un tout autre esprit', et qui de bonne heure connut le fer. Les deux civilisations se heurtèrent en Cisalpine : la civilisation méridionale devait l'emporter; les tribus des palafittes ne pouvaient lutter contre l'Élrurie.

En Gaule, l'obstacle véritable fut la civilisation mégalithique dont nous avons présenté plus haut le tableau abrégé. Les chefs acceptèrent le nouveau métal sans changer de mœurs. Quelques-uns des objets de bronze de style primitif ont été trouvés sous des dolmens*. Dans le

1. Cozzadini, De rjuelijnex mors de cheval ila/iqi/es, Bologno, 1875.

2. Nous l'aison> toujours rxci'ption pour les cités lacustres.

■i. La civilisation prlas^'ico-tyrrhéniennc acceptait et liéveloppa les arts plastiqur's proscrits par la civilisation septentrionale;. Voir, Les premiers liubilanls lie riCuriype, de M. d'Arbois de .lubainville.

4. Voir la lirlh' l'pi'e de l)ronze découverte sous un dolmen du Lot et publiée |iar M. di' lionstetten, dans son Estai sur les dolmens, p. 36 et pi. II, lig. 3.

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Lot, l'Aveyron, la Lozère, les populations se faisaient enterrer encore suivant les anciens rites, bien après l'introduction du fer.

La réunion de ces faits et d'autres semblables porte à penser que la France ne traversa pas, à l'époque de l'introduction première des métaux, la révolution dont les contrées plus septentrionales nous offrent le spectacle. La transformation fut chez nous plus lente et moins complète. Les objets de bronze de type primitif sont, en efîet, moins nombreux en Gaule qu'en Danemark ou en Irlande, en Mecklembourg ou en Hanovre, même en Hongrie; ils y forment un groupe moins homogène et se divisent en séries moins originales. Certaines lames de poignard, toute une catégorie de perles de bronze et de verre, semblent de provenance méditerranéenne; d'autres objets, surtout des armes, paraissent importés d'Irlande ou d'Angleterre*. Nous possédons une cuirasse de type grec. Enfin, même dans les stations lacustres, le fer, inconnu dans le Nord, est mêlé au mobilier de bronze du type le plus pur. La proximité de l'Italie pélasgique et tyrrhénienne s'y accuse nettement. Ajoutons à ces considétations l'absence bien constatée de tout monument funéraire spécial à l'âge du bronze pur, la rareté des incinérations, et l'on comprendra combien peu est justifié le préjugé de l'existence d'un âge et surtout de plusieurs âges de bronze en Gaule ^

Nous ne doutons point qu'à l'époque oîi les Phocéens vinrent fonder sur nos côtes des établissements durables, au vi" siècle avant notre ère, le centre, le nord et l'ouest

\. Voir plus loin, ii. :;oj, lii ropn'scnlMtion iriini' l'pi'c^ irlnmlni^c rnpproi'ht'C d'unfi t'péc de Gaule.

2. Voir on que nous avons dit sur celte ([uostion au ('.ongrés de Stoclibolm. Congrès de Slockhulin, p. 423.

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de la Gaule fussent encore en plein âge de la pierre polie, mitigé seulement par l'usage restreint des métaux chez les chefs'. Les régions voisines de l'Italie étaient seules plus civilisées. Cette civilisation était surtout développée chez les tribus celtiques des Alpes % dont une partie débordait en Cisalpine. Mais déjcà le fer se montrait partout autour de nous et allait nous envahir. La période du bronze, si l'on veut absolument qu'il y en ait eu une, n'a donc été ni longue, ni générale en Gaule. Il ne faut jamais perdre de vue cette vérité : la civilisation du bronze a touché la France; elle n'y a jamais complètement pénétré. Les faits archéologiques n'indiquent d'ailleurs aucune moditication sensible ou changement dans l'ensemble des populations durant ces deux premières périodes. Lue couche indigène d'origine inconnue, au-dessus de laquelle sont superposées les tribus de type septentrional, selon toute probabilité, qui enterraient leurs chefs sous les dolmens, tel paraît avoir été en Gaule, jusqu'à l'invasion des bandes armées de l'épée de fer, le substratum humain. 11 faut faire exception pour les seules contrées connues plus tard sous le nom d'Helvétie et de Narbonnaise,où des groupes plus civilisés s'étaient établis de bonne heure. Ces groupes semblent avoir formé en France une aristocratie restreinte. C'est dans la haute Italie qu'il faut aller étudier les éléments de celte civilisation \

En somme, l'époque de transition séparant, en Gaule, l'âge de la pierre polie de l'âge définitif du fer, deux âges

1. Cotto conjecture a été pleinement confirmée, par les belles découvertes de M. René Kerviler dans la baie de Saint-Nazairc. Voir dans la Revue arc/n!o/ogique, numéros de mars, avril et mai 1877, l'article intitulé : L'âge du bronze el les Gallo-Rmnains à Saint-Nazaire-sw-Loire. (Note de la seconde édition.)

2. Voir plus loin l'article intitulé : Vremieres tribus celtiques connues des Grecs.

3. Voir nutre article ; l.'Iiicincrati'/n en Italie pendant l'ère celtique.

XXIV PHEFACE

très nettement caractérisés par un ensemble de faits archéologiques incontestables, est à la fois très obscure, mal définie, mal limitée. La science a beaucoup à faire pour y porter la lumière et la précision ' .

Les armes de fer. — Autant les monuments funéraires 011 le bronze se rencontre seul sont rares en Gaule, autant sont fréquents les cimetières pré-romains où domine le fer -. Avec l'introduction du fer s'ouvre pour la Gaule une ère véritablement nouvelle.

L'origine de cette troisième civilisation n'est plus un mystère pour nous. De nombreuses découvertes archéologiques permettent de suivre à la piste les traces de ceux à qui nous la devons et qui ne venaient ni d'Italie, ni de Grèce par voie de mer, comme on l'a cru à tort si longtemps, mais des contrées qu'arrose l'Ister, c'est-à-dire le Danube. Les teintes vertes de notre seconde carte rendent sensible aux yeux la direction suivie d'Orient en Occident par ce nouveau Ilot humain. Les objets contenus dans ces tombeaux d'un caractère tout spécial permettent de fixer avec approximation suffisante la date de ce grand événement. Les sépultures les plus anciennes peuvent être du iv° ou v° siècle avant notre ère ^; les plus récentes sont du n°*. Nous sommes en pleine ère historique : c'est l'époque où les Grecs et les Romains ont commencé à

1. Sur cette seconde pi'Tiode, comme sur la première, les textes historiques remontant ;\ une époque, antérieure à l'ère chrétienne, c'est-à-dire les textes relativement contemporains, ne nous apprennent presque rien. Les légendes elles-mêmes font presque totalement défaut : elles ont, d'ailleurs, uniquement rapport à dos faits relatifs aux côtes de la Méditerranée. Un seul nom de ville, celui à'AlAna, f'onilce par Hercule, paraît apparlciiii' à l'intérieur du iiays; mais sait-on bien où était l'Alésia de la légende ?

2. Le seul déparlement de la Marne contient quatre-vingt-quinze cimetières gaulois de l'époque anlé-romaiue. Voir notre article : l.e Vasque tle llerru.

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