‹ Nos originesChapitre 14 sur 188 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION XXV · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION XXV

entrer véritablement en rapport avec nous'. Les premiers mercenaires de race celtique signalés par l'histoire sont ceux qui se mirent vers l'an 370 au service de Denys l'Ancien*. Il y a là des dates parfaitement concordantes.

L'étude de ces cimetières est des plus instructives et des plus curieuses. On y lit pour ainsi dire imprimées dans le sol, les annales de notre première grande révolution sociale. Cette révolution qui fit la Gaule ce qu'elle était au temps de César fut le résultat d'une invasion, d'une conquête. Le commerce antérieur du bronze, le contact des populations avec les Celtes du Midi et du Nord avait sans doute quelque peu modifié les mœurs primitives. Des foyers de lumière, de petits centres religieux avaient pu s'établir çà et là, mais leur action n'avait pas, ce semble, profondément pénétré dans le pays. Les traces en sont disséminées et sans étendue. Une semence féconde avait été déposée en terre fertile, elle n'avait pas encore germé. Avec les tribus guerrières qui nous apportent l'usage général des armes de fer, tout change et se transforme. La population, de ce jour, est divisée en classes distinctes : la population armée, la population pastorale et agricole '. Les tribus guerrières, les conquérants occupent surtout

1. Ils n'ont jam^iis rien su do notre histoire antrrieure. M. d'Arbois de Juliaiiiville a IrH bien dégagé cette vérité de Tétude seule des textes. Nos idées ne ditrèrent des siennes, à cet égard, qu'en un seul point, eoncernant la civilisation celtique, civilisation orientale et très ancienne, qui a joué un grand rôle dans l'iiisloire de notre développement moral et dont notre savant confrère ne nous semble pas tenir un compte suffisant. Il est vrai que c'est encore le côté de notre histoire primitive le moins bien élucidé. Voir notre article : Celles.

2. Niebuhr a déjà fait remarquer (t. IV, p. 27i de la traduction française) que le nom des Celtes ou Gaulois n'est point cité dans l'énumération des mercenaires levés par Hamilcar contre Gélon (4S0 av. .I.-C). Hérodote, VU, 165, ne parle que di' Ligures, de Cyrniens, de Sordes et d'IIélisyces.

3. .Strabon nous décrit très clairement cet élaf île choses comme étant c-elui d'une partie îles pays barbares de l'Kurope (Strab., liv. Il, c. iv,§ 26, trad. Turdieu, I. p. 20t'.).

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