Strabon, p
chair, elles mènent la vicia plus agreste. Étrangères à tout ce qui n'est pas guerre ou travail de la terre, elles n'ont ni science ni art quelconque. Leurs richesses consistent uniquement en or et en troupeaux. Ce sont, en elTet, les seules choses qu'elles puissent en toute circonstance emporter avec elles et déplacer à leur gré. Enfin elles attachent un grand prix à ce que l'on peut appeler clientèles, parce que chez elles le plus puissant et le plus redoutable est celui qui voit autour de sa personne le plus d'hommes prêts à lui rendre hommage et à suivre ses volontés '. »
Ces traits de mœurs, communs aux Cisalpins et aux Transalpins, ainsi que Polyhe nous l'apprend expressément, sont, on le voit, très nettement dessinés, très caractéristiques. La lecture attentive des écrivains du siècle d'Auguste, grecs ou latins, qui ont puisé leurs renseignements ailleurs que dans les Cotnmentaires de César, nous montre que ces traits sont bien ceux de toute la famille galalique, tant des Alpes que du Danube, avec de légères variantes. Deux faits sont particulièrement à noter : l'absence à'oppida-, c'est-à-dire de centres de résistance ou d'occupation, d'un cùlé ; l'absence de toute organisation religieuse, de l'autre. Aucune trace de caste sacerdotale héréditaire ou élective, point d'enseignement, point d'aèdes nationaux, point d'industrie; une organisation exclusivement guerrière et encore à moitié nomade. (ja//i et GalatcV, ceux du Pô comme ceux du Danube, ccu.k du Rhône comme ceux de Galalie, se ressemblent à cet égard. Nous ne saisissons point là un ensemble de nations, de civitales. Un peuple n'est une unité compacte et résistante que quand il est enlacé dans les liens d'une religion, d'une croyance commune; autrement ce n'est qu'une agglomération fortuite, maintenue par des circonstances passagères, comme