Etienne de Byzance, édition Westermann, p
;!. Diilot-Mueljor. Georjrapld Graeci minores, t. I, p. 20'i.
I.'nnonvnie copié par Tivo-Live croit que Marseille a 6M fondée sur le len-iloire des Salluvi (les Salyes des Grecs): il croit donc que les Salluvi sont Ligures, ce qui fut plus tard l'opinion de Pline. Or les Salluvi sont compris parTite-Live lui-même (V, xxxv) dans la liste des Gaulois qui envahirent l'Italie. Ce texte n'est pas le seul. En 218, suivant Tite-Live (XXI, xxvij, une flotte romaine longe les côtes de l'Étrurie, celles des Ligures; puis, avant d'atteindre Marseille, arrive en vue des montagnes des Salluvi, qui sont, par conséquent, opposés aux Ligures : Prselcr oram Etvuvix Ligurumque, et inde Salluvum. montes, pervertit Massiliam^. Slrabon classe les Salyes parmi les Celtes transalpins : itpÛTou; S' IxEipojtravTo I'(i>|xaîoi TO'JTou; Twv C7c;pa).uElMv KeXtmv'. L'auteur anonyme suivi par Tite-Live, chapitre 34 {lu livre V, appartient donc à une date où s'était déjà effacée dans certains esprits la notion de la distinction de race entre les Ligures, anciens habitants des environs de Marseille, et les Salyes ou Salluvi, peuple gaulois vainqueur des Ligures et établi sur la côte, précédemment ligurienne, qui s'étend du Rhône aux Alpes. Cet auteur anonyme écrivait à une époque où les Sallnvi conquérants et les Ligui'cs vaincus, vivant ensemble mêlés sur le même sol, semblaient les uns comme les autres d'origine ligurienne. Ainsi les Français, malgré la présence chez eux d'un élément francique et d'un élément latin, se croient en général descendants des Gaulois. Cet auteur anonyme était à peu près contemporain de Tite-Live. Peut-être, à l'époque des guerres de César contre les Gaulois, y aura-t-il eu quelque tRDlative d'arracher Marseille <à l'alliance romaine et d'attirer la ville grecque du côté des Gaulois ; la légende du secours prêté par les Gaulois aux Phocéens aura été inventée pour venir en aide aux négociateurs.
« La définition de la Celtique qui précède cette légende, au chapitre xxxiv de Tite-Live, parait tirée des Commentaires de César. César a dit, livre I, c. 1 : Gullia est omnis divisn in partes très, quarum unam incolunt Belgx, aliam Aquilani, tertiam qui ipsorum lingua Celtœ, nostra Galli appellantur. Les paroles de Tite-Live : Celtarum qux ptars Galiix tertia est, ont été vraisemblablement inspirées par ce passage des mémoires du grand capitaine romain. Les Commentaires ont aussi suggéré la nomenclature des p(.'uples attribués à la Celtique par le même chapitre de Tite-Live. Les Bilwiijes, les Acutnu', les Senones, les Mdui, les Amharri, les Carnutes, les Aulerci, sont tous mentionnés par César. Les Ambarri, les Cumules, les Aulerei, les Biturigcs ne sont nommés par personne avant lui, et leur nom no se trouve mêlé au récit d'aucun des événements antérieurs à César, (jue nous racontent les hisloriens de Home.
« La doctrine qui fait venir de la (iaule de César une partie des con-
i. Le nom des Sa/liivi ou Sa/i/e.t, nu livre XXXI, c. x, où ce penplo jinrait comijvis parmi les Ligures soulevés contre Hume, est remplacé par celui îles Célines dans l'édilion donnée chez Teubner pnr Weissenliorn, t. IV, p. 8. Ce passage ne peut donc nous être objecté. La lionne orlhograplKî du nom des Salluvi est ilonnée par les acta Iriiimiihonmi (Corpus inscriptiunuin, 1. 1, p. 460).