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AGE DE LA PIERRE ECLATEE OU PALEOLITHIQUE

l''if;. j, — Silc\ (|ii:ilciii.ilii'>. Telles divers (1/2 grandeur ivelle .

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esprit, si sincère et si réservé, nous semblent encore les mieux fondées : 1° Age de la pierre éclatée oa paléolithi(jue^ divisé en : {a) époque des alluvions ou des animaux éteints ; [b] époque (les cavernes ou des animaux émij^rés, dite aussi époque du renne; 2° Age de la pierre polie ou néolithique^ se manifestant sous deux aspects : («) monuments mégalithiques ; {h) cités lacustres : c'est la période où apparaissent les animaux domestiques et les céréales. Mais ces divisions et subdivisions sont loin d'être applicables à tous les pays.

Fig. (). — H;iliil;i(ioiis lac\istiTs de l;i Suisse restituées. iVoir H.inn. i'iccis de l'ii/cuiilu/(jgie humaine, p. 30.)

Géograpilie des âge» de la pierre. — La série des âges de la pierre, telle que nous venons de l'exposer en queJcjues mois, ne se présente jusqu'ici dans tout son développement qu'en Gaule (France, Belgique et Suisse), où tous les anneaux de la chaîne se sont rencontrés, depuis l'époque paléolithique des animaux éteints jusqu'à l'époque des dolmens et des cités lacustres en traversaul l'époque des cavernes. Aucun autre pays n'a cet avantage au même degré. En Danemark et en

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Suède, où l'âge néolithique est si richement représenté, la civilisation dolménique si complète (toutefois sans cités lacustres), l'époque paléolithique tout entière fait défaut. Le pays était inhabité avant l'établissement, dans la contrée, des tribus qui y introduisirent à la fois la pierre polie et les monuments sépulcraux mégalithiques. Ce qui est plus singulier, on ne trouve ni en Danemark, ni en Suède, aucune trace d'un âge (Ui renne. Mêmes observations relativement à l'Irlande. En Grande-Bretagne, l'âge paléolithique est mieux constaté, mais la périodr des cavernes est loin d'avoir l'importance de la même période en France; elle n'y a point le même caractère et les cités lacustres y sont inconnues. Des lacunes analogues et plus considérables encore se font remarquer en Allemagne, i\on seulement l'époque paléolithique y fait pauvre figure et les cavernes habitées y sont d'une grande rareté, mais l'époque néolithique, si ce n'est dans les contrées du nordouest, y est également très mal représentée. Les dolmens sont inconnus dans le centre, l'est et le sud de l'ancienne Germanie où, par contre, il est vrai, se rencontrent des cités lacustres (h' l'âge de la pierre dans les vallées du Danube et de la Save. En Grèce, aucune de ces époques ne s'est révélée jus(ju'ici avec (juel(jue cnsemltle. L'époque paléolithique y manque même comj)lètement, et si des cités lacustres y sont signalées, c'est seulement en Macédoine, à une date relativement récente et par un historien classique, Hérodote. L'Italie est, sousce rapport, un peu plus favorisée, bien que la majeure partie de la péninsule paraisse être restée dans un état très voisin (le l'extrême barbarie jusqu'à l'arrivée des migrations d'origine orientale déjà en possession des métaux. Les cités lacustres du nord di' la Cisalpine sont seules à comparer avec notre âge néolithi(|ue.

11 n'y a donc pour les âges de la pierre aucun parallélisme à établir entre les tiiverses contrées européennes. On n'y peut saisir aucune loi généralr de développement social. La civilisalidu n'y a point suivi une marche uniforme; l'iionnue n'y a pas passé partout par les mêmes phases dévolulion.

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11 ne paruîl pas avoir pris simullancment possession de ces diverses contrées, ni s"ètre élabli p;irtont dans les mêmes conditions. Nous sommes en présence d'une série de laits particuliers plus ou moins indépendants les uns des autres. Le bel âge de la pierre gaulois et danois, britannique cl irlandais, reste une exception dans l'ensemble des faits humains. Ce sont là des faits locaux, peut-être uni(iuement européens, que l'on n'a aucun droit de généraliser. La série gauloise des diverses périodes de l'âge de la pierre ne peut donc être offerte comme exemple de la loi générale du développement des sociétés humaines, sinon à titre d'hypothèse et avec les plus grandes réserves. La science a tout à gagner en prenant ces réserves en considération. Les théories dogmatiques ne l'ont déjà que trop compromise.

A(jE DU BRONZE. — Si l'ou pcut affirmer à priori que l'humanité naissante, partout où nous saisissons les traces de l'homme primitif, a dû passer par un âge de la pieire plus ou moins long, plus ou moins développé, l'existence d'un âge du bronze général ayant succédé partout à cet âge primitif de la pierre ne repose, au contraire, sur aucun raisonnement logique et ne découle point légitimement des faits connus. On concevrait que le premier métal dont l'homme se soit servi ait été le cuivre dans les paj's où, comme dans les montagnes de l'Oural et les deux Amériques, ce métal existe à l'état natif. Mais comment admettre que le premier métal usité par l'homme ait été partout le bronze, c'est-à-dire un alliage de cuivre et d'étain, quand on sait que les gisements d'élain, d'une exploitation souvent très compliquée, ne se rencoulrcnt en quelque abondance que dans un petit nombre de contrées très éloignées les unes des autres : les Cornouailies en Angle- Icrre, Malacca et Banca dans l'Inde; — les gisements du Pérou et de l'Australie, pays qui, d'ailleurs, n'ont pas connu le bronze, ne pouvant figurer ici (jiie jidur méumiri'. Ji'exploilation du fer dans certaines contrées se préseuteiail à nous comme un fait primitif beaucoup plus naturel. — D'où vient

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ilonc le préjugé relalif h Vàiio du bronze? De la généralisalinn précipitée de fails particuliers éii};;és Irop facilement en théovie générale. Nous indiquerons d'aliord quels sont ces fails.

Peuples oit contrées ayant eu réellement un éige du bronze. — Nous lisons dans Hérodote qui, comme on sait, écrivait vers l'an 4o0 avant notre ère (Ilérod., I, cli. ccxv) : « Les Massagèlt>s s'habillent comme les Se\thes et leur manière de vivre est la même. Mais (tandis que les Scythes ne se servent pour leurs armes que de fer à l'exclusion du bronze) les Massagcles emploient à toutes sortes d'usages l'or et le bronze. Ils se servent du bronze pour les piqui'S, les pointes de flèche et les sagaies, réservant l'or pour orner les casques, les baudriers cl les larges ceintures qu'ils portent sous les aisselles. Les plastrons dont est garni le poitrail de leurs chevaux sont aussi de bronze; quant aux brides, aux mors, aux bossettes, ils les embellissent avec de l'or. Le fer et l'arrjent ne sont point en usage parmi eux; on 7ien trouve point dans le pays. L'or et le bronze, au contraire, y sont abondants. » Il y avait donc bien évidemment au v'' siècle avant notre ère, chez les populations auxquelles Hérodote d(mne le nom de Massagètes et dont nous pouvons fixer le séjour au nord-est de la mer Caspienne, un usage systématique du bronze, d'autant plus remar(|u.il)le ipi'.i la même époque les populations scythiques qui ii's entouraient montraient, au contraire, une préférence mai'(|iH''e pour le fer sans que rien puisse nous faire supposer qu files se fussent servi anli'rieuremeut d armes ou ustensiles de bronze. C'est lii lin |ireniii'r exemple bien constaté en ph'ine époque liistorii|iii' d Un Age local du bronze. Nous trouvrms un lige du bronze plus ancien, de ])lus longue durée, et aussi exclusif, avec abondance d'oi' et absence d'argent, chez les p(qiulations Scandinaves (Suède et Danemark), ainsi que chez les tribus celti(|ues de l'Irlande et de la (Irande-Bretagne, s'é tendant du x° ou duxu" siècle avant notre ère jusqu'au milieu dur" siècle de l'ère chrétienne. Les beaux travaux des Thomsen, d(>s Nilsson, des ^^^u■saae, des Engelbai'dt, des Hilde- Ijr.uid. des .Monli'lius jKiur les pays Scandinaves; des.I. Evans,

des Pétrie, des Wilde, pour l'Irlande et l'Angleterre, ne peuvent laisser aucun doute à cet égard. Les musées de Dublin, de Copenhague et de Stockholm offrent la preuve irrécusable du fait. Les motifs de cette préférence voulue, nous les ignorons en partie, mais nous savons qu'au nombre de ces motifs n'était pas l'ignorance de l'existence du fer. En effet, deux ou trois siècles au moins avant notre ère, le fer, même l'épée de fer, à une époque où le Danemark était encore en plein âge du bronze, était usité dans l'île de Bornholm, à la porte, pour ainsi dire, de la Suède et du Danemark, concurremment avec les armes de bronze. D'un autre côté, comment les populations de l'Irlande et de l'Angleterre, visitées si anciennement par les vaisseaux phéniciens et par les vaisseaux grecs qui, dès le temps d'Homère, faisaient le commerce du fer, auraient-elles ignoré jusqu'à l'ère chrétienne les services que ce métal pouvait rendre? L'âge du bronze Scandinave et irlandais est donc encore, comme l'âge de bronze des Massagètes, un fait particulier tenant à des circonstances locales exceptionnelles.

Tradition des sanctuaires et des poèmes hcro'icjites concernant un âge du bronze antérieur à l'âge du fer. — Un argument qui paraît, au premier abord, plus sérieux en faveur de l'existence d'un âge du bronze général, intermédiaire entre l'âge de la pierre et l'âge du fer, est la tradition, de source sacerdotale, dont Hésiode, puis Lucrèce se sont faits les échos et dont certaines pratiques religieuses, conservées jusqu'au n'^ ou même ni" siècle de notre ère par quelques collèges de prêtres latins (frères arvales et saliens), attestent la puissance. Aux yeux de ces vieilles corporations, le bronze était im métal sacré, le fer un métal maudit. Le même préjugé existait chez les Égyptiens. M. Bréal a publié dans la Revue archéologique, en 1876, une curieuse inscription gravée sur une plaque de cuivre, et portant entre autres prescriptions cette formule significative en vieux style et orthographe : Ferom pihom estu (ferrum pium esto), ce qui pourrait se traduire en langage moderne : que le fer (qui est entré dans l'enceinte sacrée mal-

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gré son caractère impie) soit purifié (pour la circonstance). M. Bréal accompagne ce texte des réllexious suivantes : » Dans Je rituel des frères arvales, cette vieille corporation religieuse, antérieure probablement à la fondation de Rome, se trouve la mention d'une nombreuse série de sacrifices expiatoires k l'occasion du fer, du fer qui a été apporté dans le bois sacré ou emporté hors du lieu saint, par exemple quand on avait eu besoin de graver dos inscriptions avec un instrument d'acier ou bien encore quand un instrument de fer a été apporté dans l'enceinte consacrée pour y couper des arbres frappés de la foudre. » Nous touchons ici la vraie explication des traditions relatives à l'àgo du bronze. Le remarquable ouvrage de M, Rossignol : Les métaux dans l'antiquité (Paris, 1863), nous donne, en effet, le secret de ces singulières pratiques. M. Rossignol a parfaitement démontré, par de nombreux textes, que la métallurgie fut, dans l'origine, un art lié à l'existence de certaines tribus ou associations religieuses semi-industrielles, semi-militaires. Le siège primitif de ces tribus ou associations avait été la haute Chaldée, puis les montagnes de la Phrygie. (les métallurgistes étaient considérés comme des enchanteurs et des magiciens. Les vieux poètes et les mythograplies nous rn parlent sous les noms restés populaires et redoutés de Dactyh's Idécns, de Cabires, do Telchines, de Corybantes, de Curetés. L'art de travailler les métaux demeura longtemps entre leurs mains, entouré de mystère, (lel état de choses ne prit fin que vers le vu'' siècle av. .).-C., époque où des fabriques laïques, dirait-on aujourd'liiii. furent établies à Athènes, tandis qu'à Rome Numa fondai!, en dehors des vieilles corporations, les premiers collèges A\rrarii. La métallurgie fut donc longtemps un monopole entre les mains des prêtres. Jl existait de ces faits assez de traces encore au v" siècle de notre ère pour que le grammairien Macrobe fit remarquer dans ses Saturnales (V, 1) que le bronze avait été autrefiiis intimement lié aux cérémonies religieuses, 07)1)11710 ad ron divinaï)i jilei'aqne lenea adhiberi solita, milita hidicio sunt. ("e monopole, les ciuporations (jui eu jouissaient

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ne iluront pas y rcnoncnr facilomonl ol l'on cnmprfiid qu'elles aient pris pour le conserver tous les moyens que l'esprit superstitieux des anciens pouvait mettre ii leur disposition. Sous leur inflnence, le noii' fer travaillé dès les temps les plus anciens dans les g-orges du Caucase par les C.lialybes, leurs rivaux en métallurg-ie, le fer dont était fabriquée la redoutable épée des Scyllies, (erreur d(^s populations di' l'Asie, fui considéré comme un métal inférieur, presque iuipii\ Nous ne pouvons insister ici sur ces considérations, (le que nous en avons dit semble suffire à expliquer le rôle du bronze dans certaines contrées, chez certains peuples, sa prédominance à certaines époques comme objet d'importation dans les pays nouvcdlement ouverts au commerce oriental; enfin, l'obstination de certains groupes aristocratiques h ne se servir que du bronze à l'exclusion du fer', dans des temps où depuis de longues années le fer était d'un usage vulgaire autour d'eux, (les faits sont, sans doute aucun, très intéressants à constater, mais rien n'y justifie la théorie d'après laquelle l'âge du bronze aurait existé, en Asie comme en Europe, à titre d'étape normale de l'humanité dans la voie du progrès, au sortir de l'âge de la pierre.

Un âge du bronze analogue à l'âge du bronze des Massagètes, des Scandinaves, des Irlandais, emportant avec lui l'idée de l'exclusion systématique du fer et de l'argent et l'existence d'un état social particulier et distinct de l'état social de l'âge précédent, l'âge de la pierre — a-t-il existé en Gaule ? Non, cet âge du bronze n'existe pas en Gaule. Il ne faut pas jouer sur les mots. Sans doute le métal le plus anciennement introduit en (îaule par le commerce a été le bronze, mais dans quelles conditions l'y tiouvons-nons ? A quels monuments est-il associé? Le fer est-il toujours exclu de ces monuments? La vérité, la voici : les objets de bronze les plus anciens recueillis en Gaule, autant qu'uni! chronologie peut être établie pour ces temps sur lesquels l'histoire se tait, sont des lames

1. Li' fiT. (1.111^ ci'i'laiiis |j;roiiiJi's, III' fui |ii'ii<l;iril liiMi;liiiiii> iisili' >|ii(' iiour li's travMii\ :ii;iicolos.

LES TIIOIS Ar.ES

(l(^ poignards Iriangulairos cl (jiiel(|nes liaclics de l)ronzp, de caracli'ie, suivant toulo apparence, hiératique, déposés à côté de flèciies en silex dans les sépultures scmi-inégalithiques du Finistère et dos Côtes-du-Xord, appartenant par rcnsemble de de leur construction <à l'àpe de la pierre de la contrée (V. la salle III du musée de Saint-(iermain). Nous sommes encore là en plein âge de la pierre polie avec mélange d'objets en métal, importés très vraisemblablement par mer. Ouelques monuments mégalilhiques analogues se sont, de plus, rencontrés dans le sud de la Gaule, sous lesquels le bronxo est mêlé à des perles d'or el d'ambre. Celte introduction de quelques objets de bronze ne semble pas correspondre, chez ces populations, h un changement de mœurs profond. Dans le département de la Lozère, ce n'est pas seulement le bronze, mais le fer, en petite quantité, il est vrai, qui apparail sous les monuments mégalithiques du pays. Il n'y a rien là qui ressemble à l'âge du bronze Scandinave. D'assez nombreuses lames d'épées de bronze d'un autre caractère, épées de combat, existent sans doute dans nos musées (voir la salle V du musée de Sainl- Germain), mais quelle est leur provenance? En majorité, le lit des rivières, ou des cachettes qui n'ont aucun rapport avec les monuments d'une époque bien délinie. Ces découver les sont bien l'indice d'une immixtion étrangère dans les affaires du pays, de tentatives d'invasion pmit-ètre, les indices d'un commerce extérieur un peu plus développé : il n'y arien là qui constitue une révolution sociale méritant la qualification d'âge. Quand des monuments d'un caractère bien tranché, les tumiili, apparaissent en Gaule, distincts des nu m unie nls mégalithiques, ils contiennent tous du fer en abondance : dès le début de cette nouvelle période, l'épée de bronze est accompagnéi' de l'épée de fer. On peut donc diie que, s'il y a eu en Gaule une époque où le bronze a été plus abondant que le fer, il n'y a pas eu d'âge de bronzf m Gaule. Les mêmes considérations s'applifjneraient à la Grèce et à l'Italie, civilisées à uni' époque où déjà le fer était dominant dans la Méditerranée

Les cités laciislres. — On peut alléguer contre celh' liièse

l'existence dos cités lacusti'es de Suisse : h côté de stations oîi la pierre se rencontre exclusivement, d'autres stations dans les lacs helvétiques ne contiennent, en effet, presque exclusivement que du bronze. Desor a répondu d'avance à cette objection. Les cités lacustres étaient des magasins où les métallurg-istes du bronze déposaient leurs réserves et fabriquaient, au besoin, les ustensiles dont la fabrication n'était pas trop compliquée (v. la salle Y du musée de Saint-Germain, vitrine n° 1). Ajoutez que dans quelques stations (station de Mœringen, du lac de Bienne) le fer apparaît déjà.

Age du fer. — Ce que l'on peut appeler l'âge du fer a commencé, suivant les contrées, aux époques les plus diverses. En Egypte, en Chaldée, en Assyrie, en Chine, Tàge du fer remonte à deux, trois, peut-être quatre mille ans avant notre ère. En Afrique, où il n'y a jamais eu d'âge de bronze, l'âge du fer a succédé immédiatement à l'âge de la pierre. M. Maspero a rencontré en Egypte du fer sous les Pyramides de la VP dynastie (3,000 ans au moins avant notre ère). Le Louvre possède do nombreux saumons de fer recueillis dans les magasins des palais de Ninive. Cette civilisation du fer avait-elle été précédée dans ces contrées par un âge du bronze exclusif? Il serait imprudent do l'affirmer. Tout ce que l'on peut dire, c'est que le bronze (sauf dans l'Afrique centrale), était déjà connu aussi bien que le fer à ces époques reculées et même qu'il fut longtemps, en Egypte et en Chaldée, par les motifs signalés plus haut, le métal prépondérant. La légende de Tubal-Caïn, celle d'Hercule enchaîné sur le Caucase à l'aide de chaînes de for forgées par Vulcain, légendes remontant à la plus haute antiquité, sont un éloquent écho de ces faits, aujourd'hui incontestables. Si le fer n'est entré que très tard dans les usages de certains peuples de l'Europe, cela tient donc à des causes tout à fait indépendantes de l'hisloire chronologique de la métallurgie, dont l'origine paraît d'ailleurs devoir être recherchée on dehors des races aryenne et sémitique. En Danemark, le fer ne se montre, comme métal d'u-

LES TROTS Ar.ES 27

sage commun, qiio vers la fin du u" siècle de noire ère. En Irlande, l'àgodufer, c'est-à-dire l'introduction du fer dans ces contrées à l'état de métal usuels ne remonte guère, selon toute vraisemblance, qu'à une époque peu antérieure à l'ère chrétienne. En Gaule, la période à laquelle on donne le nom de premier âge du fer doit avoir débuté vers le vu" siècle av. J.-C, tandis qu'il faut la reporter au viii" on ix° dans la vallée du Danube, au x" ou xf et peut-être au xui" ou xiv^ siècle dans l'Italie supérieure aussi bien qu'en Grèce, contrées où, comme en Gaule, l'époque oii le bronze était seul usité ne peut être considérée que comme une époque de transition de très courte durée. On ne saurait donc reconnaître, pas plus que pour le bronze, un âge du fer universel auquel pourraient s'appliquer des traits généraux indépendants des pays divers où la métallurgie du fer a été successivement importée, en des temps quelquefois si rapprochés de nous. L'âge de fer d'Hésiode, comme son âge de bronze, d'ailleurs, est tout mythique et ne s'appuie sur aucune observation précise. Pour s'en convaincre, il suflit de i'clir(\ même sans commentaire, les quinze vers des Travaux et des jours du vieux poète grec (vers 140-155). Après avoir parlé de l'âge d'or durant lequel les mortels vivaient comme les dieux ; de l'âge d'argent « où les hommes ne ressemblaient à ceux de l'âge d'or ni pour la force du corps, ni poiu- l'intelligence », Hésiode rappelle l'existence d'un âge de bronze : « Le père des dieux créa une troisième génération d'hommes doués de la parole, l'âge d'airain (ou plutôt la race d'airain) (tpÎTsv aXXs Y^''oç \j.'.p6TM-i àvOpoj-o)v yiKY.s.'.i'i) qui ne ressemblait en rien à la race d'argent. Robustes comme le frêne, ces liommos violents et terribles ne se plaisaient qu'aux injures et aux sanglants travaux de Mars, ils ne se nourrissaient pas des fruits de la terre et leur cœur impitoyable avait la dureté de l'acier (àSdt- Ij.aç). Leur force était immense, indomptable, et des bras invincibles s'allongeaient de leurs épaules sur leurs membres nerveux. Ils portaient des armes d'airain; leurs maisons étaient construites en airain (bronze), leurs instruments

LES mois AGES

étaient d'airain, car le for n'oxislait pas. Egorgés par lonrs propres mains, ils descendirent dans la ténéhrense demeure de Pluton sans laisser un nom après eux. Malgré leur force indomplalile, la sombre mort les saisit et ils quittèrent la brillante lumière du soleil. Quand la terre eut renfermé leur dépouille mortelle dans son sein, Jupiter, lils de Saturne, créa sur cette teri-e fertile une quatrième race, plus juste et plus vertueuse, la céleste race des héros que l'âge qui a précédé le nôtre nomma les demi-dieux, dans l'immense univers. » l'iùl aux dieux, ajoute Hésiode, que je ne vécusse pas au milieu de la cinquième génération : l'Age de fer, qui règne maintenant. — Il n'y a là évidemment rien d'historique, rien de sci(mtifiqui'. Il n'est pas besoin d'insister davantage. Ajoutons que l'âge du fer en Gaule, appartient, comme l'âge du fer danois et irlandais, aux temps bisloriques, ce qui nous dispense d'en parler ici avec plus de détails.

Fig. -. - Alli'i' coiivi'rli' ilili' ■ li^'^ IMi>i'i'Ps-I'lntos ", :"i l.okiii.iri.ikcr.

L'ARCHÉOLOGIE PREHISTORIQUE

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