AU CONGRÈS DE STOCKHOLM
sons ont des cheminées au lieu de poêles, la neige y étant rarement épaisse, le renne vit et se propage sans difficulté. 11 faudrait donc y regarder à deux fois avant d'attribuer exclusivement il des modifications de climat l'extinclioa du lenne dans nos contrées. Cette cause est sans doute une de celles qui ont amené la dispaiiti(jn de ce mammifère, mais il est probable qu'elle n'est point la seule. Le climat de l'Europe centrale à l'époque (juaternaire diiférait du nôtre moins qu'on ne le pense. M. le comte do Saporta nous a révélé à ce propos des faits curieux. La découverte de la Ficus carica dans les tufs de Morel, près Fontainebleau, rapprochée d'autres observations analogues, démontre, a-t-il dit, que durant la période quaternaire, malgré la présence de nombreux glaciers sur notre sol, les froids étaient loin d'être excessifs sur les bords de la Seine. Le climat y était tempéré. Les études de M. E. Dupont, en Belgique, l'ont conduit aux mêmes conclusions. L'absence du renne en Suède et en Norvège depuis l'occupation de l'homme, en Norvège surtout, où certes la température ne lui est pas hostile, achève de démontrer que les variations du climat ne sont qu'un des éléments du problème. Non seulement, a-t-il été observé, les migrations du renne ne seniiileni pas suivir néccssaiiement les nmdilications climatériijues, mais là oii le renne a vécu en si grande abondance, dans les Pyrénées, il y vivait avec des animaux qui s'accommodent très bien aujourd'hui de la chaleur de nos étés. A Aurensan inférieur, près Bagnères-de-Bigorre, sur vingt-deux espèces de mammifères recueillies dans une caverne, le renne est la seule qui ne se retrouve pas en France ' ; ce fait n'est pas isolé. Dans nombre de cavernes, en France, à côté du lenne se sont rencontrés l'antilope, le sanglier, le porc-épic, l'hyène, la genette, tous animaux des pays chauds ou des pays tempérés, plus l'élan et l'aurochs qui, on le sait, vivaient encore en (lanh' à l'époque de (lésar. Le lièvre, le hérisson, la taupe, la musaraignr, Ir blairrau, le putois, la belette, le cerf, le loup, le renard, (jue nous retrouvons I. Oljsi.'i-valiijii lir M. Il' |p:isl('iir C.li. Kros.iaid.
48 l'auchéolugie phéiiistorique
aujourd'hui à l'étal sauvage dans tous nos départements, sont tous d'anciens hôtes des cavernes. Bien des recherches sont donc encore à faire avant que l'on puisse rien affirmer de définitif concernant les conditions générales où l'homme et les animaux vivaient chez nous à l'époque dite quaternaire. De ce côté encore, il y a eu, croyons-nous, des conclusions hâtives. La méthode la plus sûre pour arriver à la vérité, quand il s'agit d'épo(jues aussi éloignées et aussi mal connues, est la méthode comparative. Chercher dans quelque coin du globe un état analogue encore subsistant, telle doit être la première préoccupation des savants. La Suède, sous ce rapport, ne pouvait, on l'a vu, malheureusement rien nous apprendre. Il faut remonter plus haut et plus à l'est pour étudier les mœurs du renne et des hordes sauvages dont il est encore la principale richesse. Or, chez les sauvages modernes, le renne est presque toujours domestiqué. En était-il de même en Gaule à l'époque dite des cavernes? On l'a nié, mais sur quelles preuves? La question vaut la peine d'être reprise: elle n'est pas sans importance '.