‹ Nos originesChapitre 5 sur 188 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION IX · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION IX

lance, que les flèches des Éthiopiens étaient armées d'une pierre pointue au lieu de fer' ; ailleurs il décrit, en détail, une station lacustre '. Les Scandinaves de l'âge de la pierre et du bronze, les Celtes des lacs de IJienne ou de Neuchàtel ne lui eussent pas causé plus d'étonnement.

Les vieilles légendes, les vieux mythes, les logographies relatives à la partie septentrionale et occidentale du monde connu des anciens, rapprochés et mis en regard des faits archéologiques nouveaux, ne sont point en désaccord avec eux. L'étude des temps fabuleux tire même de ce rapprochement une vivacité d'intérêt que l'on n'a point accoutumé d'y rencontrer. Les progrès de l'archéologie n'empiètent pas sur le domaine de l'histoire ; ils l'agrandissent.

Le rôle de l'archéologie est d'apporter à l'histoire écrite un supplément et un contrôle : l'archéologue est un auxiliaire de l'historien. L'histoire ne nous a pas tout dit sur les temps passés; ce qu'elle nous a dit, elle nous l'a dit d'une façon souvent obscure et voilée, toujours incomplète. Les mythographes et les logographes parlent un langage dont nous avons rarement la clef. Les poètes épiques et lyriques ont couvert les faits d'un voile magique éblouissant l'esprit, mais qui n'est pas toujours assez transparent. Enfin, si nous remontons plus haut vers le passé, il est un temps oîi manquent à la fois les mythographes, les logographes et les poètes. La parole est alors à l'archéologie seule, l'archéologie devient notre guide unique, de même que dans la période mythique elle seule peut fournir un point d'appui solide, autour duquel viennent se grouper les éléments réels contenus dans les fables antiques.

Quand nous abordons les temps plus rapprochés de nous, où les monuments historiques se multiplient, il est encore

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