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INTRODUCTION DES MÉTAUX EN GALLE

flislinguenl les uns clos autres de la façon la plus évidente à nos yeux'), ère romaine, ère franque ou mérovingienne^ le tout précédé d'une ère innommée " à laquelle nous laissons l'appellalion vague de temps primitifs de la Gaule.

Les différences qui se manifestent entre ces époques sont si tranchées qu'elles nous semblent devoir s'imposer ii l'esprit même le plus prévenu. Les temps primitifs ne ressemblent pas plus à l'ère ci'ltique, l'ère celtique à l'ère gauloise, que l'ère gauloise elle-même à l'ère romaine, l'ère romaine à l'ère mérovingienne ou franque. Nous sommes convaincu que dans peu de temps personne ne contestera l'utilité, j'allais dire la nécessité do ces divisions. Nous nous applaudirons alors d'avoir iiàté, dans la faible mesure de nos forces, le moment où cette vérité reconnue permettra aux nombreux archéologues que ces questions intéressent d'apporter au classement de nos antiquités nationales un ordre plus logique et plus lumineux.

Saiiit-Gcrmain. 28 mars 18T6.

1. Voir notre troisième partie : ère gauloise, et notre mémoire sur la valeur ilrs ej-presxion'! Ktkxol et TaXiiai dans l'o/ybe.

2. S'il fallait lui iloiiner im nom. nous proposerions ère /ii/herhorceniie, appellation ([II! pourrait se justilier à bien des égards. La série serait ainsi complète.

LE BROiNZE DANS LES PAYS TRANSALPINS

(Note lue à rAciuUimie des inscriptions et belles-lettres, le 3 octobre 187:j 1

PRÉAMBULE

On discute, depuis lonyleiups, le pioblèine de l'urigiiie de la métallurgie dans les contrées occidentales et seplentrionales de l'Europe, Germanie, Gaule, îles Britannic[ues, Danemark et autres parties de la Scandinavie, mais on n'y voyait jusqu'à ces dernières années qu'une question intéressant l'histoire de l'art, du commerce ou de l'industrie. Le problème a une bien autre portée : on le comprend aujourd'hui. Il s'agit de savoir si, en dehors du monde classique, il a existé une civilisation, autre sans doute, mais à bien des égards très développée, qui a fait sentir son influence sur une étendue de pays presque égale au monde connu des anciens. L'archéologie poursuit véritablement la découverte d'un monde nouveau. Or, l'existence de ce monde nouveau, civihsé à sa manière, ne parait plus contestable. La civilisation qu'il représente, bien que plongeant, comme la civilisation classique, ses principales racines en Orient, n'a que de très lointains rapports avec l'art hellénique ou étrusque, et tout au plus dans la mesure de parenté qui unit entre eux les divers idiomes indo-germaniques. Le but du présent article est de mettre cette vérité en lumière e( d'en faire entrevoir les conséquences. La lâche capitale de l'archéologie dans ce dernier tiers du xix'' siècle sera, en effet, nous n'en doutons pas, de reconstituer l'histoire perdue de ce vieux monde encore tout nouveau pour nous.

Saiiil-lii'i iii.iiii. le 12 février ISTj.

LE ISHO.NZL: dans LliS PAYS IKANSALPINS 19o

Des découveiius, dont quehjues-unes nu JalenL que J hier, ut dont les plus anciennes ne remoutontguèreàplus d'une vingiaiiic d'années, ont révélé l'existence, sur le territoire de l'ancienne Gaule, d'un certain nombre d'objets en bronze, les uns d'un travail soigné, les aulresd'un travail barbare, quiappartiennent tous aune époque antérieure ii la conquête romaine. Parmi ces objets, plusieurs sont incontestablement de travail étrusque et semblent indiquer, au premier abord, que des rapports commerciaux intimes et suivis ont existé, plusieurs siècles avant notre ère, entre la Gaule et l'Italie'. La Gaule du nord et la Gaule centrale, aussi bien que la Gaule du midi, auraient participé à ce mouvement international; car les objets en question se sont rencontrés à la fois en Suisse, en Alsace, en Prusse (Prusse rhénane), en Belgique et en Bourgogne. Après avoir longtemps attribué aux Phéniciens et aux Grecs l'importation de ces articles, déjà nombreux et variés, répandus sur notre sol, ceux qui ne veulent admettre à aucun prix l'existence d'une civilisation indigène dans les pays transalpins professent aujourd'hui la doctrine que tous ces bronzes sont de même origine et nous ont été apportés, tant par voie de terre que par voie de mer, par les T\ rrhéniens. La présence des objets de style étrusque- dont je viens de parler, au milieu de cette série nouvelle d'antiquités transalpines, a donné une base, en apparence solide, à celte thèse que le D' Lindenscbmil % de Mayencc, soutient avec l'ardeur

1. Voir ijIus luiu l'arliole : Vases clriisqucs dans /fs /mi/s Iratisaliilns.

2. Entre autres un petit noiiibic Av vasos peints et quelques vases de ))ronzc. Ces vases paraissent lenionter à l'époque des grandes cxpûditions gauloises en Italie (380-200 av. J.C.). Leur présence en Gaule s'explique donc tout naturellement.

'i. Voir un nouvel arlieli; du tf l.iiidensiliinil publié dans son recueil l>if A/lert/iûiiier unserer heidaischen Vorzeil, t. III, fascicule V, pi. 1, 2 et 3. Oh/e/s trouves dans (es luinuU de Rodenbarh (l'alatinat du lUiin}.

d'une conviction profonde, partagée aujourd'hui par un certain nombre do savants allemands. L'école du D" Lindenschmit, qui admettrait au besoin, dans les pays transalpins, un mélange d'objets étrusques et d'objets de provenance phénicienne ou grecque, repousse absolument l'idée d'une fabrication extra-méditerranéenne, aussi bien on Gaulo qu'en Danemark et même en Germanie.

La question est donc nettement posée et très grave. Ce n'est pas, en effet, en Gaule seulement que l'un a constaté dans ces derniers temps, et en grande quantité, des bronzes préromains, rappelant plus ou moins ce qu'on appelle le style étrusque. C'est aussi en Istrie, en Croatie, en Styrie, en Moravie, eu Hongrie, en Bohême, en Wurtemberg et en Bavière d'un côté, en Hanovre, en Mecklembourg et même en Lithuanie de l'autre. C'est, enfin, tout particulièrement en Danemark, en Irlande et en Suède. Quelques-uns de ces bronzes remontent, sans conteste, à une antiquité très reculée.

Il faudrait donc admettre, suivant la thèse du D"' Lindenschmit, que cinq ou six siècles avant notre ère, dix peut-être, les Tyrrhéniens-Etrusques ont étendu leur commerce des Alpes à rOcéan et à la Baltique, et conduit leurs vaisseaux jusque dans les pays Scandinaves. Et ce commerce n'aurait pas été simplement un commerce maritime ; il se serait avancé jusqu'au centre des diverses contrées où les Etrusques pouvaient aborder. C'est là un fait bien extraordinaire, je dirai bien invraisemblable. Et, en effet, jusqu'où, par exemple, a pénétré l'influence des comptoirs grecs de nos côtes méridionales ? Point ou très peu au delà de la Aarbonnaise : tout au plus jusqu'à la hauteur de Lyon. Plus avant, rinOuence grecque paraît à peu près nulle. La poterie gauloise n'a dans la Celtique, si ce n'est au mont Beuvray ', chez les Eduens, — que l'on sait avoir été de bonne heure en

1. Voit- iiii nuisrc (le Siiint-Oci'iiiiilii salle Mil diviTs fragmoiils de vasi-s provniant dmiionl lii'iivray. doril le slyli' est (nul lirlli'iiitiur. Mais ces vasps ronslifiii'iil mil' cNcrpliou dans l'i'Usciiiliii' di' la [«diTlr du uuud lîrii\ra\ lui-iiiriin'.

LE lîRONZE DANS LES PAYS TRANSALPINS 1S7

rapport diroct avec Marseille, — aucun caraclèro grec. Point de vase en métal d'origine grecque en Gaule. Comment les IMiéniciens et les Etrusques, plusieurs siècles avant les Phocéens et il une époque où ces contrées devaient être bien moins ouvertes encore aux idées du dehors, auraient-ils fait accepter jusque dans le fond des terres h^s plus reculées, non seulement leurs armes, mais des I)ijoux et des ustensiles de ménage, toujours si difficiles à imposer par voie de conquête commerciale à des populations demi-barbares, fortement attachées à leurs usages et cà leur costume tradilionnrls? Un fait aussi singulier et de si grande impoi tance mérite, en tout cas, d'être examiné de près.

Un des grands arguments des partisans de la thèse phénico ou gréco-tyrrliénienne est la perfection de quelques-uns des bronzes recueillis dans les stations ou sous les monuments les plus incontestablement anciens des contrées dont il s'agit'. Ce n'est donc pas, dit-on, chez ces peuples que cette industrie est née. d'S bronzes y sont venus tout fa])riqués du dehors. Or, si l'industrie du bronze n'est nulle part indigène, ni en Gaule, ni eu Germanie, ni dans le Nord, d'oii ces objets viendraient-ils, sinon du foyer de toute civilisation, du bassin de la Méditerranée, de Sidon, de Tyr, de Chypre, d'Adria, de Populonia ou de Marseille ?

Ce raisoimement serait juste s'il était impossible de concevoir que l'industrii' du bronze ait été apportée aux populations septentrionales de l'Knropr aiilremmt que par l'intermédiaire des Phéniciens, des Grecs ou des l'^trusques. Mais nous ne sommes point renfermés dans ce dilemme. Soutenir que le problème n'a que deux solutions possibles, la solution du bronze indigène ou la solution phénico-étru.sque, est une erreur évidente. En dehors de la Phénicie, de la Grèce et de l'Etrurie, existaient dans l'anliquité plusieurs grands centres de civilisation qu'il est plus qu(! permis d'interroger, qu'il faut interroger avant tout, puisque là est la

1. Les stations lacustres de la Suisse en jiailiciilicr. \m- li. Uosor : A: Ilel âge du bronze.

UI8 r.E liiioNZE nvNS i.ks pays rnANSAr.piNS

première origine de tout art et de toute industrie pour l'Occident. Je veux parler des vastes contrées dont le Caucase est comme la tète. Les Grecs eux-mêmes ne s'y trompaient pas. Malgré leur orgueil national, ils n'ont jamais prétendu à l'honneur d'avoir été les inventeurs de la métallurgie. La Chronique de Paros ' place en 1500 environ avant noire ère, du temps des rois Minos en Crète et Pandion à Athènes, la date de l'invention du fer (aiî-^p:;) par les Dactijlp^i de l'Ida. ('o serait à cette époque que les Grecs auraient connu la manipulation dos mélaux, pratiquée depuis longtemps en Asie. A qui Aristotc altribue-t-il la découverte de la fonte du bronze ? Ce n'est pas à un Grec, mais au Lydien Scythes (Pline, liv. VII, c. lvh, G) -. Strabon ^ indique comme un des centres métallurgiques les plus anciens le pays des Chalybes et suppose que ce pays est identique à YAIijhp d'Homère [Iliade, II, 857), où le poète place des mines d'argent. Enfin, nous savons par Ezéchiel (xxvn, 13) [600 ans av. .T. -G.] * que Tubal et Mosoch, doux contrées du Caucase, envoyaient de son temps à Tyr des vases d'airain, produit de leur industrie. Les populations do la haute Chaldée étaient, dès cette époque, célèbres pour leur habileté à travailler les mélaux. — Jetons, maintenant, un retjard sur une carte du monde connu des anciens. Demandons-nous quelle est la route la plus courte, la plus naturelle, du pays des Chalybes on dos montagnes de la Phrygio, soit aux bords de la Baltique, soil au pied des Alpes ; nous reconnaîtrons sans peine que c'est la vallée du Danube d'un côlé, les vallées du Dnieper et de la Yislule do l'autre. M. Alfred Maury, dans un cours malheurcusemenl non publié, a attiré depuis longtemps l'alliMition sur ces deux grandes voies do commerce eniro l'Asie et l'Eu-

\. Friif/iiidilii /li.iloric. Gr.rc, rdil. Diilot, t. I, p. .'li.'i.l. 22.

2. Pliiio, V'I, m. 6 : '( Couler In cuivre et le tremper sont des iiiTeutions île Scythes le L 'dien, d'après Aristote ; de Di'l.is le Phrygien, d'après Tliéophraste. « (Tiad. Littré, t. I, p. 312.1

:i. Strab., lir. XII, p. ."19.

4. Ezéchiel, xwii, 13 : " I.'loiiie, Tiilial et Mosneh l'apporlenl des esclaves et des vases d'airain. "

l'ope, suivies par toutes les migrations de peuples depuis les temps les plus reculés. De nouvelles découvertes confirment chaque jour Texactitude de ces idées '.

Ainsi, ce n'est pas deux hypothèses, c'est trois au moins qu'il est permis de proposer, la troisième pouvant, d'ailleurs, offrir plusieurs solutions de détail.

Mais laissons les hypothèses de côté et examinons les faits sans aucune idée préconçue. Que constatons-nous?

1° Que l'Europe occidentale tout entière, sauf l'Espagne peut-être, sur laquelle nous n'avons encore que peu de renseignements, a, dès une époque qui remonte au moins au x° siècle avant notre ère, connu, quoique inégalement dans toutes ses parties, l'importation d'armes, de bijoux et d'ustensiles de bronze de toute sorti^, dont les musées offrent aujourd'hui de nombreux spécimens ^;

2" Que ces objets divers ont un cachet évident d'origine commune à côté de différences également sensibles, comuK^ seraient les variétés d'une même plante acclimatée dans des contrées diverses ;

3° Que l'ornementation de ces rdjjets, qui n'admet que des lignes géométriques à l'exclusion de toute représentation d'être animé ou même de plante, indique, ou qu'ils venaient tous d'un même centre, ou qui- les pays où on les trouve pratiquaient des religions analogues.

Voilà les trois faits les plus saillants, faits dont il me parait impossible de nier la réalité et l'exaclitudr.

Mais unr réflexion nait, pour ainsi dire sj)ontanémi'nt dans l'esprit en présence de ces faits, à savoir: que celte situation

1. >'oiis avons oxposi'' au CoiiKirs ilc (Ji'ofii-aijliii', salle, XXXVII, unR carto mamiscrilc do riCiiropn au iv^ sii'clo avant notre ère. dont les teintes diverses mettaient eette vérité en évidence ; cette parte est an.joiird'lini déposée au musée <le Saint-tierniain. Les deii\ voies que nous indi(iuoiis sont rl'aijli'urs celles que. suivant les légendes qui avaient cours en Grèce, les ArKOnaules avaient parcourues à une époque bien antérieure à Homère. Cf. notre Itappnii .iiir /cv guent. arr/n:ol. discul. au conr/rès de SInrkholm. — 2 février d87(l.

2. Le Musée de CopenhaRue possède à lui seul sejd rciils épées ou poisnanls de bronze recueillis en Danemark. La poignée de bon nnrubii' de ces épées est ornée de fds ou de feuilles d'or tin, artistemont travaillé.

est tout à fait analogue à celle qu'offre rensemblo dos langues indo-européennes qui se montrent de même à nous, en Europe, avec tant de variétés ressortant sur un fond général uniforme. Ne sommes-nous pas, dès lors, autorisés à penser qu'il faut reconnaître pour l'industrie du bronze, comme pour les langues aryennes, une origine commune avec des centres de développements ultérieurs partiels et indépendants? De nombreuses observations de détail militent en faveur de cette dernière thèse. Il y a même entre ces deux ordres de faits, les faits linguistiques et les faits industriels, des analogies singu-

Fig. 46. — Station do Mœringcn (Suisse).

lières. Je n'en citerai qu'une. On sait que le lithuanien est un des dialectes qui ont retenu le plus grand nombre de formes de la langue-mère : eh bien! par une coïncidence dos plus bizarres, il se trouve que c'est également en Lithuanie, dans un tumulus de la vallée du Dnieper, à Boryzow, près Minsk, que nous retrouvons une des formes les plus originales et les plus anciennes d'anneaux de bras ou de jambe on bronze ornementé, forme déjà signalée dans des stations lacustres de la Suisse (fig. 4G et 47).

Si un certain nombre d'ornements et de bijoux do môme caractère, nous pourrions presque ajouter de même fabrique,

se retrouvent ainsi aux époques primitives, pour ainsi dire aux points extrêmes de l'Europe, la ressemblance des armes utTensives et défensives est peut-être encore plus frappante. Les épées de bronze dont des reproductions par le moulage sont mis sous les yeux de rAcadémie, et dont l'une est helvétique (fig. 48), une autre suédoise (fig. 49), tandis que les deux autres proviennent, la première des champs calalauniques (France) (fig. 80), la seconde d'Irlande (fig. 51), ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.

Fig. 47. — l!oi'\zo\v{v,illro du Dnii'porl.

Les deux poignards triangulaires découverts d'un côté à Lyon (fig. 52), de l'autre en Mecklembourg (fig. 53), achèveront de prouver cette similitude des bronzes primitifs des contrées occidentales et septentrionales de l'Europe.

Il est impossible de ne pas reconnaître dans ces armes diverses, de provenances si variées, des types originels communs. Ces types se sont conservés presque sans altération dans les différentes contrées de l'Europe, jusqu'au moment où chacune de ces contrées a adopté ;i son heure, qui n'est pas pour toutes la même, Vépée de fer.

Certains boucliers, surtout les boucliers de bronze, offrent de même, à des distances très grandes et sur des points géo-

ËPKKS DE liMllNZK

graphiques dont les rapports réciproques no nous sont point révélés par l'histoire, les analogies les plus singulières '.

Je ne veux pas pousser ces rapprochements plus loin pour je moment. Les pièces et les dessins étalés devant l'Académie suffisent, ce me semble, à montrer la possibilité d'une explication de la civilisation du premier âge des métaux en Europe par une influence orientale directe et primitive, parallèle à celle qui se lit sentir également, au début, en Grèce et en Élrurie, mais ayant suivi une voie différente.

Fil.'. .j2. — France. Fi^'. '■>:). ~ .Mi'i'klcnilxnir;;.

■Il' me permellrai cependant de taire encore une autre remarque : cCsl (jiie. de niènie que les dialectes les plus anciens sont ceux qui ont entre eux le plus d'éléments communs, on entrevoit que ce sont les bronzes des époques les plus reculées qui nous montrent les plus frappantes l'cssemblances el aux distances les plus grandes, comme élanl pins rapprochés de la source cimimune. Oucl rapport y a-t-il entre le style

1. Los nu'inos rrfloxions pouvont s'aii|ili(|iior aiiv mors de cheval ot ;'i d'aiilrps détails de liarnacliempiit. Voir plus loin rarticlc : Deur mor.i rie cheval, etc.

étrusque des beaux temps, l'étrusque hellénisé, et les antiquités danoises, irlandaises ou lithuaniennes? Assurément aucun. Entre le bronze de l'Etrurie romanisée et ces mêmes régions lointaines, bien moins encore. Et ces réflexions ne s'appliquent pas seulement aux régions les plus éloignées des Apennins, mais aux bronzes do la vallée du Danube, de la Croatie, de la Hongrie, de la Rhétie et même de l'Istric ; en sorte que l'influence étrusque, au lieu de s'accroître, aurait diminué progressivement avec le temps, pour s'évanouir juste au moment où des rapports plus réguliers semblent historiquement s'établir entre le nord et le midi des Alpes. Cela est inadmissible. Los points de rapprochement que présentent entre eux les divers groupes de populations anciennes des contrées occidentales et septentrionales de notre continent, sous le rapport de l'industrie des métaux, sont dus simplement à l'origine de ces premiers pionniers de la civilisation. Ces rapports sont d'autant plus frappants que l'on se rapproche davantage de l'époque de la dispersion de ces groupes; ils s'atténuent à mesure que chaque groupe séparé, noyé peutêtre au milieu de peuplades différentes et encore sauvages ou demi-barbares, s'est écarté de plus en plus des traditions de son origine, ou que, resté pur. au contraire, de toute alliance compromettante, il est arrivé, comme les Grecs et les Etrusques, à un développement intellectuel et artistique plus élevé. Il y a plus. Votre savant confrère, M. le comte Conestabile, qui partage mes idées à ce sujet, est persuadé que cette première civilisation, do provenance orientale directe, transplantée dans l'Europe occidentale sans avoir traversé ni la Grèce ni l'Etrurie, se l'etrouve dans la Cisalpine et peut-être sur d'autres points de l'Italie, aussi bien que dans les pays transalpins, et qu'elle y a précédé l'influence hellénique et étrusque. Je ne crois pas faire une indiscrétion on annonçant que l'éminent étruscologue imprime, en ce moment même, un mémoire touchant cette question capitale, la clef de toutes les autres '.

1. Sovra due disc/ii in bronzo anilco-ila/ici de/ museo di Periir/i<i. Torino, 1874. Ce mûnioirc a paru. L'expression antico-ila/ici l'st colle dont se sert

Celle manière de voir, venanl il'un ériulil aussi distingué, m'a beaucoup frappé. J'ai voulu contrôler les faits de mes youx et m'assurer que le principe général que j'avais reconnu au nord des Alpes s'étendait bien réellement aux contrées arrosées par l'Adige et le Pô. Durant le cours d'un récent voyage entrepris dans cette intention unique, j'ai étudié les musées et collections archéologiques depuis Inspruck, dans le Tyrol, jusqu'à Chiusi , en passant par Pérouse. J'ai interrogé les habiles conservateurs de ces divers musées. J'ai même fait faire quelques fouilles.

Je suis revenu d'Italie non seulement avec une conviction faite et conforme à celle que j'entrevoyais au départ, mais avec la persuasion que cette vérité peut être facilement mise on lumière.

Les dessins que je rapporte et qui sont l'œuvre d'un artiste de talent, M. Abel Maître, sont à mes yeux un des éléments de la démonstration '. Vous n'aurez pas besoin d'un long' examen pour y puiser le sentiment raisonné que l'Italie supérieure a eu, comme les pays transalpins, son âge antéélrusque ; que celte civilisation antique, quelque n(im que vous vouliez lui donner, pélasgiqne, ombrienne ou ccltii/iir, a laissé des traces nombreuses sur le sol, ou, pour mieux dire, dans le sol de la péuinsule. Une série de sépultures et même de cimetières " appartenant aux temps primitifs, et s'cchelonnant de Chiusi, dans les Apennins, à Hotting (Tyrol), en sont la preuve évidente; ils démontrent en même temps que cette première civilisation a pénétié au sud des Alpes, en grande partie du nu uns, par la voie du Danube, l'antique voie légendaire des Argonautes.

Ainsi, ce n'est pas seulem(>nt en Gaule, enCermanie, en Danemark, en Angleterre, en Irlande, que nous trouvons

M. (^OTii'stiibile poui- ilrsigner Ii'S bronzes (lu'il i-uiisiilc ro cornnic n'ayant pas subi rinlliiencfi iHnisquc.

l. ('.('S dessins, qni n'ont )ias l'iicoi'e été iiiil)lii'S, ont été mis sous les jeux de rAeadémie, et sont déiiosés au musée de Sainl-fiermain.

a. Qupl([Ues-uns de ces rimelléres, comme celui de (iulasccca sur les bords du Tcssin, occupent plusieurs lieues carrées.

d'anciens bronzes qui ne sont ni helléniques, ni étrusques; c'est aussi sur le sol même de l'Italie, à deux pas de FEtrurie centrale et dans les plaines du Pu où les Etrusques paraissent avoir si longtemps dominé.

Deux faits nouveaux seulement, deux faits étrangers aux contrées du Nord, sont à noter en Italie. Dans les cimetières les plus anciens de la Cisalpine connus jusqu'ici, le fer se montre déjà. Ajoutons que quelques timides essais de représentation figurée d'êtres animés commencent à s'y rencontrer. L'influence assyro-phénicienne se fait déjà sentir au pied des Alpes, et nous sommes peut-être dès cette époque reculée, sur les bords de l'Adriatique, en présence d'un mélange de religions inconnu aux peuples du Nord '.

\. Voir plus luiii noire article sur les Scjjulture)) à iiicincraliun de l'oijr/io Ilenzo pr'e.s C/iiiisi.

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