‹ Nos originesChapitre 72 sur 188 · Id.. ihkl · texte numérisé non relu

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LA PART DES DIEUX 219

mer aux besoins des sauvages Iiabitanls des diverses vallées des Alpes, m'a toujours paru invraisemblable. Ce n'est pas seulement, en effet, un peuple navigateur inconnu à l'histoire qu'il faudrait trouver sur quelque côte de la Méditerranée ; c'est aussi, dans la même direction, un centre de civilisation nouveau et dont l'existence aurait échappé à tous les historiens anciens. Rien ne justifie une pareille hypothèse. Les faits connus lui sont absolument contraires. Depuis que la théorie de trois âges distincts et tranchés, un âge de la pieiTe, un àrje (lu bronze^ un âge du fer, a été ouvertement professée par les archéologues français et italiens, on peut dire que si l'existence d'un âge de la pierre bien caractérisé et d'une très longue durée a été parfaitement constatée en Gaule, les preuves de l'existence d'un âge du bronze distinct du premier âge du fer semblent toujours s'y être dérobées à toutes les recherches. L'âge du bronze en Gaule est jusqu'ici, pour ainsi dire, concentré tout entier dans les stations lacustres de la Suisse et dans certaines vallées des Alpes. L'âge de la pierre a ses monuments, les dolmens et allées couvertes, qui se retrouvent avec des caractères analogues sur les côtes de la Baltique et dans les pays Scandinaves. C'est bien là un état social d'un caractère spécial et défini. Mais oîi sont, en dehors du Danemark et des contrées septentrionales — pays où les tumulus de l'âge du bronze abondent, se distinguant des dolmens non seulement par l'absence de la chambre mégalithique et par la substitution du bronze à la pierre dans les objets déposés près du mort, mais par la substitution à peu près générale de l'incinération à l'inhumation simple — où sont, dis-je, les monuments que nous pourrions signaler comme caractéristiques de l'âge du bronze? Chez nous, dans la Gaule proprement dite, comme dans la vallée du Hhin et du Danube, rive gauche et rive droite, le fer apparaît immédiatement avec les tumulus. Le bronze, si nous laissons de côté les stations lacustres, ne se trouve chez nous qu'isolément dans le lit des rivières , dans les marais, dans des fentes de rochers, au pied des arbres,

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OÙ il semble avoir élé intentionnellement enfoui. On dirait qu'il n'apparaît que comme une exception à la fin de l'âge de la pierre, et que, dès qu'il commence à se répandre, à s'imposer et à entrer dans les mœurs générales, le fer est déjà là qui fait son apparition d'un autre côté et lui dispute le nouveau marché ouvert au commerce des métaux. Plus nous avançons vers le Midi, plus ces faits sont saisissants. La Grèce et l'Italie n'ont pas eu plus que la Gaule d'àq-e du bronze proprement dit. L'âge du bronze y est à l'état légendaire, à l'état de souvenir conservé dans les chants nationaux. Dès le temps d'Homère, le bassin de la Méditerranée était en plein âge du fer. Cette vérité ne saurait guère être aujourd'hui contestée. Plus on remonte, au contraire, vers le Nord, plus les traces d'un âge du bronze véritable s'accentuent : très visibles déjà en Hanovre et en Meklembourg, elles se multiplient en Danemark, en x\ngleterre et en Irlande, en un mot dans tous les pays septentrionaux. A une époque où tous les musées réunis de France et de Belgique ne possédaient pas plus de vingt-cinq épées de bronze ' , le seul musée de Copenhague en possédait plus de six cents ^ De pareils chiffres parlent d'eux-mêmes, et tandis que nos vingt-cinq épées étaient pour ainsi dire sans provenances, celles de Copenhague sortaient de monuments parfaitement connus et du caractère le plus nettement marqué. L'âge du bronze doit donc être pour nous (en laissant en dehors la question d'origine première) un âge, pour me servir d'une expression antique et aussi générale que possible, presque exclusivement hyperboréen. La période où nous rencontrons en Gaule des objets analogues est une période que j'appellerais volontiers celto-liyperboi-éenne. C'est l'Orient et le Nord, à cette époque de notre histoire, qui nous apportent les métaux. Ce n'est qu'au moment où apparaît le fer que nous entrons en rom-

1. En 1809, Montez, dans un Mcmoire sur le bronze tien anciens et sur une ('liée antique, ne peut citer que eiru| épées de bronze à lui connues (Mi'm. de rinst. national des sciences et arts: Litti'r. et heini.r-arts. I. V, \i. 187.)

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