‹ Nos originesChapitre 83 sur 188 · Herod., IV, c · texte numérisé non relu

Herod., IV, c

2. Scylax, Geuffru/i/il Oraeci minores, ôdit. Gail, 182(1, t. J, p. :i'i4.

3. La fin de ce paragraphe nous est arrivée très altérée et très oliscure ; elle iii'cessllcrnit une éliulc particulière, qui ne serait pus à sa place ici. 11 si'tnble qu'il y ait là confusiun entre deux rédactions successives, l'une se rapportant à l'époque où les Tyrrhéniens occupaient tout le nord de l'Italie, l'autre ,'i celle où déjà ils en avaient été chassés par les Celtes. Cf. Denys d'ilalicarnasse, Anliii. vont., liv. Vil, c. 3.

LES crLTiis 2ao

Les Celtes commencent en effet à jouer, vers celte époque, un rôle dans les affaires de Sicile et même dans les affaires de Grèce. Sur les trirèmes que Den5's l'Ancien envoya au secours des Lacédémonicns, entre les années 390 et ;{7Û avant J.-C, au rapport de Diodore de Sicile (XV, 47, § 7), se trouvaient déjà des Celtes. Xénophon [Histoire grecque, VU, 1, J; 20) nous le dit en toutes lettres. « Les vingt trirèmes envoyées aux Lacédémoniens portaient des Celtes cl des Ibères. 'Hyîv oà Kîî^Tsûç -£ ■/.%: "I5r,fa;. » C'est la troisième mention des Celles. Xénophon était contemporain des événements et ami de Denys. Or, nous savons d'où venaient ces Celles, Justin (liv. XX, § S), qui leur donne le nom de Galli, nous l'apprend : « Dionysiumgerentem hélium legati6V///o/v<;?«,quiantemenses liomam incenderant, societalem aniicilianHjue petentes adeunl, gentcm suam inter hostes ejus positam esse, magnoque usui ei futuram vel in acie hellanli, vel tergo intentis in proelium hostihus, affirmant. Grata legalio Dionysio fuit. » Il n'est pas défendu de voir dans ces Celles, établis au milieu des ennemis de Denys, les Celtes de Scylax. Nous trouvons de plus, dans ce précieux renseignement, un indice des circonstances qui mirent pour la première fois les Grecs en rapport avec les bandes guerrières de race celtique qui devaient, dans la suite, figurer parmi les armées belligérantes de presque toutes les contrées méditerranéennes.

Il est à croire que Platon veut parler de ces Celles ((juatrième mention) dans sim livre des Lois (I, p. G37) ' où il accuse << les Scythes, les Perses, les Carthaginois, les Celles, les Ibères et les Thraces, toutes nations belliqueuses, » de trop aimer le vin. Platon avait peut-être connu à Athènes quelques-uns de ces Celtes mercenaires dont parle Xénophon. Nous pouvons donc voir dans ce passage une allusion aux Celtes d'Italie.

Nous trouvons une cinquième mention des Celles, ou plutôt de la Celti(jue, Kîat'./.t- (sens restreint), dans le Pseudo-

1. Platon, Loi.i, I, p. 637 ; ià'û. Didul, (. II, p. 272, ft tratl. <\c Cousin, I. VII, p. 36.

Aristote', De mirahilihus aitscultationibus, § 86. L'auteur de ce recueil donne le nom de K£at[-/.(Î '•• '^i Gaule méridionale : « D'Italie, écrit-il, une voie dite Héracléenne pénètre en Celtique chez les Cello-Ligyes et chez les Ihères. »

Une sixième mention, de la même époque à peu près, se rencontre dans les fragments de rilistoirc d'Alexandre le Grand par Ptoléméc, fils de Lagus (323-302 ans avant J.-G.)\ Les Celtes de l'Adriatique y sont nommés de la manière la plus précise, « oi :ï£p'i tov 'Aîpîav \it\id. » Il s'agit d'un fait qui se serait passé en 336. Ce texte nous a été conservé par Strahon.

Le septième écrivain que nous pouvons citer n'est plus un géographe ni un historien, mais un poète alexandrin, Apollonius de Rhodes. Nous n'en aliachons pas moins aux vers suivants une grande impoi (ancc.

Les Argonautes', après le meurtre d'Ab.syrte, sont poussés par des vents impétueux jusque dans le lleuve Eridan, près de l'endroit où Phaéton fut frappe de la foudre et oîi l'on recueille l'ambre. « Les uns, dit Apollonius, croient que cet ambre est le produit des larmes des filles du Soleil pleurant leur frère, mais les Celtes raconleni, au contraire, que les larmes dont l'ambre est formé sont celles que .épandit Apollon lui-même, lorsque, irrité do la mort de son fils Esculape et forcé par les menaces de son père de quitter l'Olympe, il se retira dans le pays des Ilyperboréens. » Voici donc les Celtes dans la vallée du l'ù. Cependant les héros Minyens, chassés par les exhalaisons infectes qui sortaient des marais, poussent leur vaisseau en avant et entrent dans un autre fleuve dont les eaux se mêlent en murmurant à celles de l'Eridan. « Ce fleuve porte le nom de Rhône. Il prend sa source aux extrémités de la terre, près des portes du couchant et du séjour de )a nuit. Une de ses branches se jette dans l'Océan^ l'autre dans la mer Ionienne eu se confondant avec l'Eridan ; la troisième, enlin,

1. .Vnst., lit), (le Mirab, (nixcu/tal., vd\t. lîi'ckmiiiiii, p. n.'J.

2. Sivlplores rerum A/e.ranr/ri Mur/iii. rilit. Didut, t. i, p. 25,

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