Aristote, De {lenerat. aniin., II
et chez les Celtes qui sont au-dessus de l'ibérie, car ces pays sont froids. » Il n'est pas croyable qu'il s'agisse ici de la Gaule centrale, pas même de la Gaule septentrionale ; jusqu'où même faudrait-il aller dans le Nord pour trouver un pays oîi l'âne ne se reproduise pas? Même embarras relativement à la phrase ' où il est parlé des habitudes contre nature attribuées «. aux Celtes, ainsi qu'à d'autres nations belliqueuses. » Il est impossible de prêter ce vice à tous les peuples de la Celtique d'Ephore indistinctement. Il serait souverainement injuste d'en accuser sans autres preuves les tribus du groupe restreint dont nous avons marqué plus haut l'aire géographique. Nous n'avons le droit d'appliquer le texte d'Aristote à aucune tribu celtique spéciale '.Les Colles, dit ailleurs le même philosophe', « couvrent très peu leurs enfants. » Même difficulté de localiser un pareil renseignement.
Nous pouvons donc déterminer assez bien la position géographique des premières tribus celtiques connues des Grecs ; nous entrevoyons quelques-unes des causes qui ont pu attirer sur ces tribus l'attention de la colonie de Marseille ; mais nous ne savons, par le témoignage des anciens, rien de précis sur leurs habitudes et leurs mœurs. Les textes que nous venons de citer sont, en effet (beaucoup de personnes en seront peutêtre étonnées), les seuls qui puissent passer pour incontestablement authentiques avant Polybe. L'archéologie et l'anthropologie nous restent heureusement comme une ressource efficace et capable de nous tirer peu à peu de cette ignorance.
En ilisant que les textes sont muets avant l'an 200, nous devons peut-être faire une réserve. Si nous ne trouvons pas d'autres textes où figure le nom des Celtes, il est utile de rappeler que des traditions 1res tenaces, et puisées à des
{. Arist., l'o/il.. II. il.
2. Dans l'aitioli' Dnu/ois du Diclionnnire archi'ohr/iqtie, nous avons supposé que ces hahiUulps hontinises étaient particulières aux bandes mercenaires qui s'étaient déj;'i mises au temps d'Aristote, en Sicile et ailleurs, au service des petits tyrans grecs. Nous conjecturions que ces bandes appartenaient au rameau ga/atique. C'est ce qui nous semble encore le plus probable.