Arist., Po/il., vu
sources très diverses, plaçaient dans cette même région des sources de Tlsler et du Rhône, dans la région des grands lacs où nous avons constaté la présence des Celtes, une autre nation encore plus anciennement célèbre et ne différant peutêtre des Celtes que de nom : les Hyperboréens. Ma conviction est que plusieurs passages des écrivains anciens concernant les Hyperboréens ont trait réellement aux Celtes du Rliùne. Je ne veux citer, aujourd'hui, que quelques vers extraits des Olympiques de Pindare (480 env. av. J.-C.) ' : « El Pise aussi m'ordonne de chanter, Pise d'où les hymnes divins s'élancent vers le vainqueur après que l'inflexible Etolien, qui juge les jeux de la Grèce, ministre fidèle des antiques lois d'Hercule, a déposé autour de sa clievelure et au-dessus des yeux le glorieux ornement du pâle olivier, l'olivier que le fds d'Ampliitryon rapporta des sources ombragées del'Ister, pour qu'il fût le signe illustre des victoires d'Olympie. Hercule obtint ce don du peuple des Hyperboréens qui adore Phœbus. »
Héraclide de Pont, au iv' siècle, confondait encore les Celtes avec les Hyperboréens. n Héraclide, nous dit Plutarque^', rapporte dans son Traité de l'âme que la nouvelle arriva dans le Pont au moment même de l'événement qu'une armée venue du pays des Hyperboréens avait pris une ville grecque nommée Rome et située près de la grande mer. » Et Plutarque ajoute qu'Aristote donnait le nom de Celles à ceux qu'Héraclide appelait Hyperboréens.
Nous avons donc le droit de croire que l'auréole religieuse dont le nom des Hyperboréens fut de si bonne heure entouré en Grèce avait pu ne pas nuire à la grande renommée des Celtes des bords du Rhône. Nous n'en tirerons pas d'autres conséquences pour le moment.
Mais une autre raison, non moins forte peut-être que les précédentes, nous pousse encore à limiter l'habitat des vrais Celtes, des Celtes restreints d'Hécatée, de Scylax et de la légende argonautique, aux contrées dont nous venons de