‹ Nos origines zoologiquesChapitre 10 sur 13 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'hypothèse d'une origine annélidienne^ envisagée dans son sens le plus large, explique assez heureusement les relations qui existent entre les organismes inférieurs et les Vertébrés, y compris l'Homme. Mais lorsqu'on entre dans les détails, des difficultés se présentent. Un premier mouvement bien naturel, nous porte à chercher nos ancêtres parmi les formes animales connues; or, en agissant ainsi, nous ne tiendrions pas assez compte de ce fait bien démontré cependant, que les vrais ancêtres des formes actuelles ont sans doute tous disparu. Cette conséquence logique de la conception évolutionniste semble trop souvent négligée.

Tout au plus, pouvons-nous avoir une idée approchée de nos lointains générateurs par leur descendance actuelle. Celle-ci se compose de formes engagées dans des voies différentes, éloignées à des degrés divers et devenues, parfois, presque étrangères entre elles. Vouloir ordonner tous ces êtres en une série continue, suivant un ordre de complexité croissante, pour aboutir à l'Homme, serait un travail analogue à celui d'un enfant qui, désireux de gagner la cime d'un arbre, essayerait, au lieu de rester attaché au tronc, de passer sur le feuillage en prenant comme point d'appui l'extrémité des rameaux.

En réalité, on ne peut actuellement que désigner, parmi les êtres connus, ceux que toutes les données scientifiques signalent comme les moins éloignés du tronc ancestral et, d'après eux, tenter de concevoir la lignée réelle anéantie.

Formation du cœlome.

nés marines inférieures se ramènent aux dispositions he dont ta cavité comninriiijiie avec le dehors par un e servant, à la ("ois. de bonche et d'anus. L'absence jtre cavité creusée dans l'épaisseur des parois fait (jn'' ismos elTecluent directement lenrs échanges par l-.'s int externe qu'interne.

î êtres, pinsélevé--. isolent le tube digestif de la paroi en dédoublant celle-ci II se forme un espace clos. , la cavité générale du corps ou cœlome. Cet espace ; d'un liquide qui dut tendre, au début, en raison de bililé des enveloppes, à prendre une composition anaelle du milieu ambiant, c'est-à-dire de l'eau de mer. ! les organismes marins, seuls sont arrivés à vivre l ceux qui étaient préalablement pourvus d'une ré- :ette nature. Ils ont trouvé en elle une parcelle translu milieu primitif au sein de laquelle ont continué à s organes. Le captage de cette parcelle est donc le iépart de l'adaptation de tout anitnal à la vie ternsi comprend-on que les formes disposées en simple

restées aquatiques et que les organismes terrestres. ire. issus des cœlomates marins, possèdent tous une lérale.

wnce dans notre corps de ce minuscule reste d'une itive indique mieux, peut-être, que toute autre argu-

la forme de nos débuts.

t toutefois trop simple de croire que notre sang con- )re la composition exacte de l'eau de mer. Le liquide e, d'abord identique au liquide marin, a été soumis

isolement à une régulation progressive qui. en fixant sa composition par rapport aux conditions nouvelleosées, l'a écarté peu à peu do son état initiaL De leur

NOS ORIGINSB ZOOLOaiQDEB.

uinton. Parti de ce principe que la vie animale s'esl manifestée dans les mers, ce physiologiste a cru poublir qu'elle n'a cessé de tendre, ensuite, à maintenir ir milieu initial les éléments dont se composent les Qes supérieurs. La persistance des conditions originelrtnes, thermiques et osmotiques, serait, comme au preir, la base du fonctionnement cellulaire. L'auteur a i en une loi unique dite < loi générale de constance le > ses vnes qu'il formule de la manière suivante : ce des variations de tout ordre que peuvent subir au s âges les différents habitats, la vie animale apparue à ; cellule dans des conditions physiques et chimiques nées, tend d maintenir, pour son haut fonctionnement •e, à travers la série évolutive, ces conditions des ori- Avant lui, M. P. Bonnier, dans sa thèse sur Le sens lire de l'Espace (Paris, 1900), avait fait remarquer que 3 humeurs de l'organisme se rapprochent, par leur tion, du liquide marin ; tel est le cas de Vendolymphe, nple, dans laquelle baignent les papilles auditives. 1 perfectionnements de la cavité sanguine initiale ont la vascularisation actuelle. Après avoir rempli seule lions circulatoires, cette cavité s'est accrue de lacunes moins régulières formant une ébauche de canalisation; l'est isolée ensuite, et le cœlome perdant son caractère 'a plus été qu'un simple espace de glissement. aisseaux renferment une abondante population d'orgaerrants, unicellulaires, dont l'étude offre un intérêt . Ces êtres peuvent être rapportés à deux formes essenles globules blancs ou leucocytes, sans cesse en moucomparables 3 certains animaux très simples, les amies hématies, éléments plus spécialisés, présents chez ibréset seulement dans quelqnes groupes d'Invertébrés. ucocytes, appelés aussi par Guénot am.ibocytes, se précomme des éléments résiduels, restés sans emploi au de l'édiUcation des organismes. Dans tout embryon, liers qui apparaissent sont toujours, en eflfet, des cel-

Iules n'ayant pas servi à former d'autres organes. Leurs principaux traits se déduisent de cet état; ils gardent de nombreux caractères embryonnaires: indépendance, aspect amiboïde, mode de nutrition, etc. En quête d'aliments, les leucocytes s'incorporent les corps étrangers, microbes et autres, rencontrés dans l'organisme qui les porte. Ce fait, observé par Metchnikoff sur les cellules amiboïdes des Spongilles et de quelques autres animaux inférieurs, a été le point de départ des recherches qui ont servi de base à ce savant pour établir sa conception géniale de la Phagocytose , c'est^à-KÎire de la protection du corps par les cellules errantes. Ces dernières peuvent, de même, se nourrir d'organes devenus inutiles. Cela se voit, par exemple, chez les Batraciens, au moment où se résorbe la queue des Têtards. A ce propos, il me paraît intéressant de faire remarquer Vaction morphogène exercée par les leucocytes. En supprimant les rouages inutiles, ils épurent les formes et contribuent à les mettre en harmonie avec leurs nouvelles fonctions.

Des éléments intermédiaires entre les leucocytes proprement dits et les hématies ont été décrits par Qoodrich chez Glycera siphonostoma. Ces éléments, amiboïdes et phagocytaires comme les leucocytes, renferment, en outre, de l'hémoglobine comme les hématies.

Cette observation semble avoir une certaine importance. Ou peut supposer, d'après elle, avec Kolbnan^ que les hématies ont pu n'être, au début, que des leucocytes spécialisés. Ceux-ci, en s'adaptant à la fonction respiratoire, auraient perdu leurs mouvements amiboïdes et se seraient chargés d'albumines appropriées telles que l'hémoglobine par exemple.

Dans des recherches sur les Invertébrés se trouve, peut-être, l'explication de cette propriété que possèdent divers organes de Vertébrés, surtout à l'état embryonnaire, de produire des hématies. Chez les Vertébrés, on voit ces éléments dériver de cellules fixes placées dans divers organes : capillaires du foie des larves de Batraciens et des embryons de Mammifères, pulpe de la rate des Vertébrés inférieurs et des embryons de

itOS OEUOINES ZOOLOaiQDES.

is, moelle des os. Celte imparfaite localisation serailoignage d'une généralité d'origine plus grande en- Vers.

nie d'un axe de soutien interne. — En formant ud ticulier de tous les Vers munis d'un axe de soutien asterman semble avoir réuni tout ce qui subsiste it des formes les moins éloignées de nos ascendants Malgré son manque de cohésion, cet essai a l'avanis fournir diverses indications sur le début de quelle nos principaux organes. La constitution, aux tube digestif, d'un bourrelet se transformant en axe est l'un des premiers traits caractéristiques de la ixe, la corde dorsale, se voit d'abord chez la larve ne et le Géphalodiscus ; il se trouve ensuite plus lé chez le Balanoglosse, YAmphioxus et les Verté- 'épkalodiscus fait le premier essai d'une paire de ichiales, orifices ouverts des deux côtés du corps s l'eau absorbée avec les aliments est rejetée sans besoin de traverser le tube digestif. Ces fentes se en plus grand nombre chez le Balanoglosse où elles nt en un appareil branchial; ce dernier atteint son t chez les Verléhréa inférieurs.

Acraniens.

U8. — Tandis que tous les êtres qui précèdent cachent [ères de Cordés, sous des enveloppes de Vers, l'Awir sa forme, se rapproche des Poissons. Il présente, dans presque tous ses organes, des dispositions très marquées. La distribution des muscles de la orps en une soixantaine de segments, la division â sexuelles en de nombreuses paires et, surtout, la si curieuse des tubes rénaux en quatre-vingt-dix 'iron, sont typiques à cet égard. Par contre, i'élon-

LES ETAPES DE LA. POHUE HOMaINE.

galion de la corde dorsale, raccroissement des centres ner et l'aménagement de la totalité du pharynx en appareil n ratoire, le rapprochent définitivenient des Vertébrés.

A partir de VAmphioccus, notre généalogie est plus fac suivre. Les formes revêtues par nos ancêtres paraissent s été successivement voisines de celles que présentent en les Sélaciens^ les poissons à respiration alternativement ai tique et aérienne ou Dipnmstes, les Batraciens, unis mêmes, par l'intermédiaire des Reptiles inférieurs, aux miers Mammifères.

Poissons.

Cyclostomes. — J'ai développé ailleurs les raisons pour quelles il me paraît difficile, malgré l'opinion communéi admise, de considérer les Cyclostomes (Myxines et Lampr comme des Vertébrés primitifs. Leur structure générale in testablement simple, se rapproche de celle de l'Amphioxn répo<iue de Linné, on plaçait les Myxines parmi les Vei cause de leur apparence. Mais il est des dispositifs difflcil interpréter si l'on n'admet qu'ils résultent d'adaptations se daires. On sait que les Lamproies s'attachent volontiers corps étrangers et que les Myxines sont parasites de di Poissons. Ces dernières se fixent sur les téguments de 1 hdtes au moyen de leur bouche et pénètrent, parfois, dai cavité du corps des Morues, des Esturgeons, etc. Or, le mai de nageoires paires, la simplification indiscutable des org visuels, auditifs et olfatiCs, l'absence de mâchoires mo! malgré la présence, sur le crâne, d'arcs mandtbulaires, l'af priation de la bouche et de la langue à la succion, parais découler de ces modes de vie spéciaux.

Par contre, d'autres caractères relient les Cyclostomes Batraciens, tels l'état de la peau, les dispositions de l'e phale, etc. Le rapprochement se ferait par l'intermédiaire

NOS OAïaiNES ZOOLOOIQITBS.

Mopkiones, Batraciens dégénéréa dont ie corps, vermie et dépourvu démembres, présente des caractères régresrès marqués.

1 point de vue qui nous occupe, l'intérêt offert par les >stoiiies consiste à montrer que des Vertébrés peuvent, une certaine mesure, faire retour à l'état de Ver.

[aciens. — Les Sélaciens, dont les Requins peuvent reprér le type, offrent dans leurs différents systèmes d'organes imbreuses dispositions primitives. La survivance de ces Itères s'explique par la robustesse dont ces êtres ont fait re dès le début. Le jeu de l'évolution a pour base la proon incessante de conditions extérieures nouvelles avec elles les êtres vivants tendent à se mettre en harmonie; si, parmi ces derniers, il en est gui soient déjà assez bien es pour n'avoir pas à tenir compte des changments qui ennent, leurs organes continuent à fonctionner sans subir oe modiâcation importante.

. est le cas des Requins, lis paraissent avoir pea évolué les temps géologiques. En raison de leur force et de leurs s meurtrières, ils ont été de tout temps les maîtres de la Nous devons à cette circonstance particulière de posséder, its, des êtres voisins de la forme ancestrale sur laquelle té édifiés les premiers Vertébrés et, par suite, de pouvoir faire une idée assez juste de cette dernière. ez les Requins, l'origine segmentaire des parties fondaales se montre avec évidence. La division des muscles paroi du corps en parties équivalentes, les myomères ou tes, se produit d'abord ; il entraîne à son tour l'état fragaire du sqitelette. En même temps, les vaisseaux se disit par paires régulièrement espacées et en nombre égal à des somites ; leur volume augmente, seulement, au niveau rganes respiratoires pour former les arcs aortiques. Wap t7ea;crfi'(e«rsecompose, de même, d'éléments segmentaires. 1, le cerveau et la moelle offrent diflôrentes traces de divitt les nerfs qui s'en détachent obéisseut comme les muscles,

sy >:

de chaque côté du cou. L'atrophie de ces derniers chez les Vertébrés aériens enlève aux arcs qui les soutenaient une partie de leur rôle, et devient pour eux une cause de réduction. La première paire continue à délimiter le contour de l'orifice buccal et finit par être incorporée dans les os maxillaires ; elle participe ainsi à la formation de notre face; les arcs suivants rentrent dans la formation du cou ou disparaissent entièrement. Les deuxième, troisième et quatrième paires constituent plusieurs organes, TosAyoïd^ et son appareil suspenseurparexemple.

L'effet le plus apparent de l'atrophie des sacs branchiaux consiste en une diminution de volume de la région occupée par eux. 11 ne subsiste à leur niveau qu'un espace rétréci qu va désormais séparer la tête du tronc. Le façonnement du cou est en conséquence, ainsi que le fait remarquer M. Ed. Perrier, la suite logique de la disparition des organes de respiration aquatique.

Nos dents se rattachent aux écailles de la peau des Sélaciens. Ces dernières occupent, non seulement la surface du corps, mais encore la bouche où, plus volumineuses, elles servent à saisir les aliments. Dans la série des Vertébrés, le revêtemen cutané prend des apparences diverses, mais les écailles buccales persistent et deviennent la base de l'appareil dentaire.

11 serait facile de multiplier ces exemples. Qu'il suffise d'avoir montré que certains de nos organes ne sont que des restes d'appareils employés par nos ascendants, légués par eux et inégalement appropriés à notre usage.

Batraciens.

Il peut sembler étrange de voir figurer parmi nos ancêtres des animaux tels que les Batraciens*. Rien n'est plus rationnel

1. Les renseignements les plus précis sur nos relations avec les Batraciens sont fournis, actuellement, par la Paléontologie et rAnatomie comparée. L'étude simultanée des premiers stades du développement des Batraciens et des Mammifères semble devoir nous réserver d'intéressantes surprises. Elle nous permettra, sans doute, de préciser les rapports qui existent entre les deux groupes.

cependant. Depuis l'époque Dévonienne ^ les Poissons qui régnaient alors en maîtres avaient parmi eux des formes spéciales, les Dipneustes^ munies à la fois de branchies et de poumons. Peu après, à l'époque Carbonifère^ par l'emploi exclusif des poumons à l'âge adulte, les Batraciens se détachèrent de ces derniers.

Actuellement, les Batraciens sont en pleine décroissance. Leur organisme, réglé sur les températures élevées de l'époque primaire, n'a pu s'adapter aux climats froids, et leur engourdissement hivernal dans les régions tempérées est le prélude de leur localisation dans la zone la plus chaude du globe. Ils sont de moitié moins nombreux qu'à l'origine et généralement de plus petite taille.

Ces êtres sont particulièrement intéressants. Ils reproduisent sous nos yeux les phénomènes au moyen desquels s'est effectué, chez les Vertébrés, le passage de la vie aquatique à la vie terrestre, c'est-à-dire la transformation dun poisson en quadrupède. On peut, en élevant quelques Têtards, observer la métamorphose. Les larves sont, au début, de véritables Poissons, Elles respirent à l'aide de branchies et se meuvent avec leur queue disposée en nageoire. Après un temps variable, les branchies diminuent de volume, s'atrophient, tandis qu'à l'intérieur du corps apparaît l'ébaucho pulmonaire. Au dehors, les pattes se développent : les postérieures d'abord, les antérieures ensuite. Quand elles sont formées, le jeune Batracien encore pourvu de son appendice caudal, rappelle assez exactement l'état sous lequel vivaient ses ancêtres ; le même auquel s'arrêtent, de nos jours, les formes à queue persistante comme les Tritons et les Salamandres. Chez les Batraciens les plus récents, la queue se résorbe et sa disparition a pour conséquence la monopolisation par les pattes de la fonction locomotrice.

Les changements de siège des fonctions respiratoire et locomotrice ont une part importante dans le façonnement des Vertébrés supérieurs. Diminué des organes branchiaux, le cou .va devenir plus étroit et acquérir sa mobilité et sa souplesse.

NOS ORIGINES ZOOLOQIQOES.

X, au contraire, poiii' loger les poumoas, va augmeniamètres. Les membres ô leur tour, disposés en grands irticulés, modifieront la silhouette générale du corps, attaches ébaucheront, en enveloppant les extréraités , le modelé des épaules et du bassin.

lu des Batraciens est nue. Celle disposition, exceptioniz les Vertébrés, s'explique avec facilité. Au moment s])arition des branchies, alors que les poumons sont uls ou rudimentaires, les Batraciens se trouvent pri-

avantages que leur donnaient celles ci, sans tirer inéfice du fonctionnement de ceux-là. En cette occurs se servent de leur peau pour absorber l'oxygène ■e. Les avantages de ce procédé sont tels que chez Salamandrines (Spelerpes, etc.), le besoin de poumon l plus sentir; ces organes ne se développent jamais, lis nt dans les autres espèces, mais restent la plupart du suffisants. La peau conserve ses fonctions respiratoi- 1 même titre que les poumons, reçoit de l'artère pulqui se bifurque à cet effet, le sang à régénérer. liée de toute formation protectrice opposée à la respi- . peau se garantit de différentes manières. Elle devient

n'adhérant que par places aux parties sous-jacentes. ! ainsi formées, dites sacs lymphatiques, se garnissent ts phagocytaires; ceux-ci, en s'incorporant et délruipoussières, micro- organismes, etc., qui traversent la :utanée, renforcent efficacement le système de défense que. La peau développe aussi ses glandes. L'accrois- 1 nombre de celles-ci a pour résultat une production ndérable de mucus. Cette substance sert à isoler le i le rendre glissant, mais elle contribue surtout à enlutour de lui l'humidité indispensable aux échanges ires.

irganisme porte les conséquences de ces dispositions.

On vient de voir qu'au sortir du milieu liquide où ils vivaient à la manière des Poissons, les Batraciens, désormais privés de branchies, n'ont que des rudiments de poumons dont l'insuffisance est manifeste. Ils emploient pour absorber l'oxygène leur surface cutanée sur laquelle ils entretiennent une mince atmosphère humide. Ainsi se laisse deviner la signification de la vapeur d'eau qui tapisse la face interne de nos poumons. Externe chez les Batraciens, la réserve d'humidité nécessaire à la respiration passe, comme la réserve circulatoire lors de la formation du cœlome, dans la profondeur de l'organisme. Elle apparaît comme le dernier reliquat, précieusement abrité, de l'eau de respiration superficielle employée par les Batraciens, celle-ci n'étant à son tour qu'un diminutif de l'espace liquide dans lequel vivaient nos communs ancêtres. Nous respirons toujours, en conséquence, d'après le mode aquatique initial, simplement atténué.

Nos glandes cutanées représentent, de même, un héritage des Batraciens. Les Reptiles et les Oiseaux n'ont gardé que peu ou point de ces organes. Leur peau est sèche. Les Mammifères, au contraire, en ont accru le nombre et les ont différenciés. Les glandes sudoripareSy à sécrétion essentiellement aqueuse, sont les premières en date. Les glandes mammaires paraissent dériver d'elles. L'existence chez l'embryon d'une ligne lactée s'étendant du creux axillaire jusqu'à la région inguinale et le fait si fréquent de la polymastie témoigneraient de leur abondance primitive telle qu'elle existe encore chez beaucoup de Mammifères. Les glandes sébacées sont d'origine indépendante et n'ont apparu que plus tard.

A d'autres points de vue encore, les Batraciens sont de curieux initiateurs. Ils nous montrent, par exemple, comment se sont ébauchés les organes qui servent chez les Vertébrés supérieurs à protéger les petits. Au lieu d'abandonner leurs œufs avant la fécondation, comme le font généralement les

5sons, les Batraciens, continuant en cela les Sélacienss couplent. Puis, certains entourent leurs œufs fécondés, précautions inattendues, les portant avec eux et n'abannant ce fardeau que la période embryonnaire franchie. ans les ménages d'Aiytes qui habitent nos régions {Alytes etricans), le mâle attache les œufs autour de ses pattes et garde jusqu'au moment oh les larves sont formées, hez certains Rhacophores ou Grenouilles volantes de Java acQphorus reliculaius), c'est la femelle qui prend soin des 's; elle les porte appliqués sur la face antérîenre du corps. es Hylodes de Saint-Domingue (Hylode& lineatus) procèt autrement. La femelle range les œufs en files régulières ^té dorsal.

illeurs, l'adhérence est rendue plus forte par Venchâssett des œufs dans la peau. Tel est le cas d'une Rainette tique VRyla GœldU. La femelle place la ponte sur la parsupérieure du corps. Au contact des œufs, les tégumeots issent une sorte de gaufrage et forment de petits cupules sontiennent les embryons.

arfois, les bords libres de ces cupules s'élèvent davantage lélimitent de profondes cavités. Il en est ainsi chez le Pipa sigera. Dans cette espèce spéciale à l'Amérique du Sud, le e dispose les œufs sur le dos de la femelle; des loges se nent, puis s'oblitèrent par une sécrétion des bords. Les jeuhabitent longuement ces cellules closes. Ils nagent dans substance visqueuse, riche en matières nutritives qu'ils îrbent au moyen de leur queue. Les larves traversent ainsi

s Poissons se contentent, généralement, de déposer lea œufa dttns le milieu 'ieur, 11 en est de mSine de nombreux Batraciens. Mais parmi ceux-ci. '3 parents essaient de protéger leur progéniture. Parfois ils fixent les œufa pattes (Alytes obstetricans, A) ou les font adhérer sur le ventre, sur le doa Ddes lineatus, B); dons d'autres cas, ils les entourent de bourrelets tàgumeos disposés en cupules (Hyta Gœldii, C| ou en urnes profondes et fermées I dorsigera, D). Quelques-uns les placent dans des poches dépendant de la é buccale {Breviceps niossambicus. E) ou dans une loge dorsale et poslée INoiotrema marsupiatum, I'').

( phénomènes constituent un curieiiï exemple de ces tentatÎTes multiples int précédé, souvent, l'adoption d'un organe déllnitif.

os ORIGINES ZOOLOOIQUES.

imorphoses et ne passent dans le milieu voir subi toutes leurs transformations, possèdent pour abriter leurs petits de lartrices creusées dans la profondeur de

nodemia Darwinii sont pourvus d'un sac ancher buccal et se prolonge sous la peau, u thorax. Avalés au moment de la ponte.

3nt dans cet espace qu'ils dilatent progreslodermes nous font assister au spectacle e offrant les signes extérieurs d'une grosettant au monde ses enfants par la bouche.

Breviceps mossambicus, la poche buccale utour du corps. Les petits, comme précé- 3nt leurs métamorphoses. D'après W. Sast si courte et le corps, quand il est gondé, e l'animal ressemble à une halle de caout-

lles de Nototrema marsupiatum possècubatrice ouverte, cette fois, dorsalement, rieure du corps. Une telle disposition est : que présentent les Marsupiaux, parmi les

lations établissent un nouveau lien des plus atraciens et nous. Elles donnent une idée is qui ont précédé les dispositifs existant, les Vertébrés supérieurs. A elles peut s'apne d'H. Spencer : « L'humanité ne finit par [près avoir essayé de toutes les manières

Reptiles.

traciensse sont élevés au rang âes Reptiles.

début, des êtres essentiellement syntbéti- 3£[raient des caractères presque identiques 3ns, tels autres, au contraire, présentaient

des dispositions spéciales annonçant de nouveaux Vertébrés terrestres. Les paléontologistes ont réuni en une série particulière, Tordre des ThéromorpheSj un certain nombre de Reptiles primitifs que leurs caractères placent directement entre les Batraciens et les Mammifères. Les affinités des représentants les plus élevés de la série vont aux moins différenciés de Mammifères : les Monotrèmes.

La nature des moyens employés pour protéger les jeunes devait, nécessairement, avoir une influence sur la destinée des Vertébrés terrestres. Exceptionnellement, parmi les Reptiles, des rapports étroits s'établissent entre les jeunes et les parents : chez un Lézard, le Seps ChalcideSy les embryons contractent des adhérences avec les voies maternelles. Mais, dans la généralité des cas, la mère se borne à entourer les œufs d'une coque avant de les déposer sur le sol. Il ne serait pas surprenant que cet abandon hâtif ait contribué à la déchéance d'un grand nombre d'espèces.

Les Oiseaux, descendants directs des Reptiles, mettent en général les œufs hors de portée. De plus, ils se tiennent sur eux pour les échauffer et les faire éclore. Uji fait peu connu est la formation, dans certaines espèces, de zones congestives apparaissant au moment où le besoin de couver se fait sentir. Ces formations, peu étudiées encore, sont connues sous le nom de plaques incubatr^ices. Elles représentent peut-être des ébauches d'organes destinés à améliorer dans l'avenir les procédés actuels.

Manunifères.

Les Mammifères représentent une formation dans laquelle se superposent des apports de Vers^ de Poissons^ de Batraciens et de quelques Reptiles. Leur évolution s'est faite sur les bases fournies par ces diâérents êtres.

NOS ORIGINES ZOOLOGIQnES.

imes. — Les Monotrèmes semblent placés à raiitre les Reptiles théromorphes et les vrais Mammimbreux sont leurs caractères primitifs. Ils onl I employer pour se reproduire le procédé ovipare. ne pouvait leur donner des facilités de conservation !s à celles qu'avaient les Reptiles, ovipares comme i n'ont-ils pris aucune extension. Us ne sont repréns ta nature actuelle que par les deux genres, ynque et Echidné.

ilje de rOrnithorhynque pond de deux à quatre œufs pose dans un trou ou dans un nid; eile procède exacirame les Reptiles et les Oiseaux. La femelle de ne pond généralement qu'un œuf de petite taille -rite dans une poche placée sur son abdomen. Le nue à y vivre après l'éclosion. Cette disposition connodes de développement qui ont contribué, pour une , à établir la suprématie de Mammifères.

;atut. — Attachés au sol comme les Reptiles, les •es devaient trouver de grands avantages dans l'habi-

contractée par quelques Batraciens de porter les 3c eux. La forme de développement qui succède au i'ipare eocoro en usage chez les Monotrèmes, a pour ploi généralisé d'une bourse ou marsupium dans après leur mise au monde, séjournent les petits, au lieu de subir leurs phases embryonnaires au

l'abri d'une simple coque, commencent leur évois le sein maternel. Ils ébauchent avec lui un rudiioudure, mais ils se détachent bientôt et complètent loppement dans la poche marsupiale.

ée à la terminaison de la grossesse dans l'espèce cette forme de gestation n'aboutit donc qu'à un accouivant terme. Le Kangourou géant, par exemple, met

un fœtus long de 3 centimètres, nu, aveugle, avec des & peine indiqués. En usant de couveuses artificielles, lisons que remettre en usage les moyens employés

par les Marsupiaux. La poche que les femelles portent sur le ventre et dans laquelle sont placées les glandes mammaires est le prototype de tout appareil servant à élever les enfants nés de façon prématurée. Selon les espèces, cette poche est d'ailleurs inégalement conformée. Bien constituée chez les Kangourousj par exemple, elle est parfois réduite dans certaines espèces à quelques replis de la peau. Plusieurs autres en ont perdu toute trace. Chez le Myrmécobie à bandes, il ne subsiste qu'une touffe de poils à laquelle se cramponnent les jeunes. On rencontre fréquemment dans notre organisme un petit muscle, le muscle pyramidal, que. les anatomistes s'accordent à considérer comme un organe en décadence. Il occupe la région inférieure et médiane de Tabdomen. Sa présence n'est pas constante; quand il existe, la forme et le volume en sont essentiellement variables. Il a été considéré comme un reste de poche marsupiale. Une persistance pileuse, rappelant la conformation du Myrmécobie^ l'accompagne. Peut-être ces dispositions se rattachent-elles l'une à l'autre, témoignant de la régression progressive, encore incomplète, d'organes ayant eu leur signification véritable chez les Marsupiaux.

Mammifères placentaires. — Le mode de développement le plus récent est basé sur l'union intime de l'embryon avec la mère. Celui-ci émet un diverticule vascularisé qui se soude, pour la durée entière de l'évolution, à la paroi utérine. De cette union résulte un organe, seulement ébauché chez les Marsupiaux, le placenta. Par lui, la mère assure la nourriture du fœtus assez longtemps pour que ce dernier soit, à la séparation, en état de se suffire sans avoir besoin de séjourner dans une poche accessoire. Selon les cas, le placenta est inégalement différencié. La forme supérieure, c'est-à-dire celle qui facilite le mieux la transmission du sang de la mère au fœtus, se rencontre chez les Rongeurs, les Insectivores, les Chéirop-^ tères et les Prifnates, y compris VHomme, Or, malgré sa perfection relative, le placenta humain est déjà au-dessous de son rôle. Tandis, en effet, que, peu après la naissance, de

NOS OBIOINES ZOOLOOIQITES.

mifères sont capables de se déplacer, de faire ns, etc., l'enfant, ainsi que les petits des différeste longtemps dans un état de grande infém appareil végétatif fonctionne d'abord, les lion étant à un état rudimenlaire. Extérieureet la tête sont développés, mais la poitrine est embres, les inférieurs surtout, sont grêles et iste donc une « désharmonie > évidente entre 3 et les résultats du développement placentaire, Mulant surtout d'une durée insuffisante de la ;que l'intimité entre le jeune et la mère semble 'oîr être accrue.

-es placentaires sont de beaucoup les plus nomlalure actuelle. Ils doivent, sans conteste, cet mode de développement.

imentaire, à son tour, a été l'une des grandes Jonnement des groupes. La tendance herbivore gulés, essentiellement caractérisés par l'approts à un régime végétarien et i'adaptation des ourse. Aussi, le museau est-il allongé et les sUes munies de chaussures épaisses et résis- . La tendance carnassière a créé les êtres qui proies vivantes, parmi lesquelles les Ongulés. ans sa forme la plus spécialisée, possède une nte : ses crocs servent à transpercer les chairs r, ses molaires, plates et tranchantes, coupent )S de ciseaux. Les membres portent des ongles

Mammifères placentaires peut donc se ramener i Ongulés aux dépens des produits du sol, puis vec les Carnassiers, de plus en plus variés et sure que les proies sont devenues diverses et s entre ces deux états doivent prendre place inisation médiocre au début, voisins des Unies Primates.

- La crainte dut être un facteur important de

celte spécialisation. Les Lémuriens^ qui représentent les plus inférieurs des Primates, sont restés éminemment timides ; ils s'animent seulement le soir, pour vivre dans la nuit, pendant que les autres animaux sommeillent. Tous sont arboricoles. Cet état, conséquence directe d'une infériorité physique initiale, a déterminé les caractères fondamentaux de la lignée tout entière. Pour grimper, les membres sont devenus aptes à la préhension en même temps qu'à la locomotion ; pour saisir fortement les branches, le pouce s'est mis en opposition^ et comme la faculté préhensible était d'abord limitée, la queue est devenue prenante. Cet organe a conservé sa propriété chez divers singes d'Amérique; elle a perdu son aptitude partout où les membres ont acquis une force suffisante.

Les Lémuriens nous font assister à la transformation des griffes en ongles. Chez eux, les extrémités varient à l'infini. Les doigts sont généralement munis d'ongles plats, mais il subsiste presque toujours une grifl'e au deuxième orteil. La persistance de celle-ci en un point si particulier permet, je crois, dé supposer que la difl'érenciation des ongles se rattache à l'habitude de replier les doigts latéraux autour des branches, puis en dedans du membre; cette habitude suppose, en effet, à la place des griffes, des surfaces de glissement. La sensibilité croissante des doigts a pu, à son tour, devenir une cause adjuvante de la transformation des griffes en organes de protection .

Mais des conséquences de portée plus haute devaient résulter pour les Primates de l'adaptation des Lémuriens à la vie arboricole. A juste titre, F. Houssay a fait remarquer l'infiuence que dut exercer le régime frugivore sur l'évolution psychique de nos ancêtres. Les premiers animaux qui se sont nourris de fruits ou de graines ont dû, en exerçant leur choix, développer à mesure leurs qualités de pénétration. La disparition et le retour alternatifs de l'aliment préféré étaient, en effet, des plus propres à faire naître les idées de succession et de durée; la réapparition annuelle d'une période de disette pouvait inspirer de même des sentiments de prévoyance et A^ordre. On s'expli-

NOS ORIGINES Z00L09IQUES.

;énérali8ant ces considérations, que los animaux, res, Oiseaux, Insectes, qui ont acquis, comme nous, de préparer des réserves et d'aménager des abris scevoir, soient le plus habituellement des frugivores inivores.

B qu'il est intéressant d'observer que les Hyraénoptèsemple, chez qui ces mœurs existent à un étal de neiit particulier, sont arrivés à ébaucher des essais lion tout à fait comparables à ceux qui se produisent ïce humaine.

— L'ordre et la prévoyance ne se sont pas uniforéveloppés chez tous les Primates. Ces sentiments y t exceptionnels. Dans le groupe des Singes, peu les Lémuriens, leur absence est la règle. Cette îminitiale a exercé une influence profonde. Inaptes à s Singes sont restés entièrement soumis aux condi- ■ieures. Ils n'ont prospéré que là où se trouvait leur quotidienne, et comme ceile-ci ne peut exister d'une inue que dans les régions chaudes, ils n*ont jamais imoder des climats froids on même tempérés, janisation générale est en rapport avec cet état. Les it restés arboricoles, continuant à saisir les branches les quatre membres. Au repos, t'avantage qu'ils utiliser les extrémités comme organes de préhension t trouver dans l'attitude accroupie le moyen de les res. Dès lors, le corps a porté sur ie bassin. A son irnier est venu reposer sur ses parties les plus saiiischions. Non protégés par des muscles fessiers — endront tonte leur importance qu'avec la marche e redressement définitif du tronc — ces os se sont , et des épaississements, les callosités, ont apparu de contact. La formation de ces coussinets spéciaux 'ibuable aux mêmes phénomènes qui chez l'Homme t le développement de durillons professionnels. ence caractérise l'attitude intermédiaire entre l'étal ie initial des Primates et leur état bipède définitif.

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LES ÉTAPES DE LA FOHME HDMAINE. 47

La persistance des mœurs arboricoles a eu pour effet de rendre constantes d'autres dispositions. Les vertèbres sacrées. par exemple, sont peu différenciées et leur nombre ne dépasse jamais trois ou quatre. La pièce osseuse, le sacrum^ qui résulte de leur soudure, supporte difficilement le poids du corps. De là résulte la difficulté qu'éprouvent les Singes à se tenir debout.

Ces indications générales permettent de comprendre les rapports existant entre les Singes et l'Homme. De bonne heure, leurs lignées se sont séparées. Les Singes sont des cousins éloignés, restés fidèles aux forêts primitives. Ils partagent avec nous divers sentiments élémentaires qu'ils expriment sans aucune réserve par une abondante mimique; certains se réunissent en bandes assimilables à des ébauches de sociétés.

Anthropoïdes. — On donne le nom A^ Anthropoïdes à une catégorie de Singes que leurs caractères rapprochent spécialement de l'Homme.

Le Chimpanzé^ le Gorille, YOrang-Outang et le Gibbon sont les représentants actuels du groupe. Ces êtres se caractérisent par l'absence constante de queue, la rareté de callosités (seul le Gibbon en possède), une mâchoire pourvue de trentedeux dents comme celle des Singes et de l'Homme. Leurs affinités spéciales avec l'espèce humaine se manifestent par différents traits. Ces animaux s'appuient fréquemment sur les extrémités antérieures, mais ils emploient aussi la marche bipède; le sacrum^ plus robuste que celui des autres Singes, comprend, comme dans notre espèce, cinq vertèbres larges et étroitement soudées.

L'achèvement de cette pièce, que les anciens supposaient assez caractéristique pour être off*erte en sacrifice aux dieux (Sappey), est l'une des conséquences les plus immédiates du redressement du corps. Dans la station debout, le sacrum, jeté comme un pont entre les os des hanches, devient, en efffet, la clef de voûte qui supporte la poussée de la colonne vertébrale.

NOS ORIGINES ZOOLOOIQtJRS.

ontologie est pauvre en documents sur l'origine des lïdes. Edouard Lartet a découvert, en i837, dans le moyen de Sansan (Gers), un singe assez voisin du e Pliopithecus antiquus. 11 a décrit, plus tard, le ecus Fontani, autre singe apparenté au Gorille, rens le Miocène moyen de Saint-Gaudens, par Fontan, Regnault en 1890 et Harlé en 1898 ont trouvé dans gisement d'autres restes de cette espèce. Le Dryopist, jusqu'ici, le moins élevé des Anthropoïdes, icouvertes fournissent de curieuses indications. Res, tout d'abord, que les seuls Anthropoïdes fossiles ppartiennent à la région pyrénéenne. L'un, le Pltoest voisin des Anthropoïdes asiatiques; l'autre, le ■ecus, se rapproche des Anthropoïdes arricains. Si t compte de ce fait que, avant l'époque glaciaire, et l'Afrique se trouvaient reliées par des terres, ainsi entré Boyd Dawkins, on est fondé à admettre que la définitive entre les Anthropoïdes asiatiques et afri- ; d'origine récente et qu'elle a dû se faire dans nos

était ainsi, il faudrait rechercher les relations qui exister entre ces formes et les races humaines les nitives des Pyrénées. On trouverait peut-être dans le une explication des rapports ayant existé entre les ïdes anciens et les premiers hommes.

marquables recherches d'Hubrecht (1902) sur un 1, le Tarsius spectrum^ peuvent servir à préciser la Anthropoïdes parmi les Primates. Cet animal repré- 1 des plus inférieur? Lémuriens vivants. Il ofiFre des ns foetales qui manquent aux Lémuriens supérieurs nges proprement dits, alors qu'elles existent chez les [des et l'Homme. L'embryon de cet être primitif est 3e très bonne heure, par un bourrelet spécial prove-

nant de la surface interne de l'utérus, la caduque réfléchie. Cette prise de possession de l'embryon par l'organisme maternel a lieu vers la fin de la première semaine. On ne l'observe, en dehors du Tarsius, que chez les Primates supérieurs. Les analogies se poursuivent dans les dispositions du placenta : celui-ci a, comme chez l'Homme, la forme d'un disque simple; mais ce caractère est moins exclusif que le précédent, car on le trouve chez différents Singes.

Grâce à ces dispositions, le Tarsius prend une situation des plus particulières. Par son organisation générale, il se trouve à la base de tous les Primates actuels. Il est voisin de la souche d'où sont issus, en divergeant, nos Lémuriens modernes^ les Simiens, par l'intermédiaire probable d'une forme fossile V Anaptomorphtùs homunculus (Gope), les Anthropoïdes et V Homme. Ses caractères fœtaux le rattachent plus particulièrement à ces derniers. Il représente donc, dans la nature moderne, le trait d'union le plus direct entre les Primates initiaux et l'espèce humaine.

A leur tour, les travaux de Deniker (1885) et ceux, plus étendus, de Selenka (1898-1902) sur le développement des Singes supérieurs confirment l'existence de liens originels étroits entre les Anthropoïdes et l'Homme. Au début, les embryons ofiFrent dans toutes leurs parties de grandes similitudes; on les distingue à peine les uns des autres. Les nouveau-nés ont beaucoup de traits semblables. Les diflérences ne s'accentuent qu'ensuite. Il est difficile de douter ici d'une origine commune. La conclusion qui s'impose est que l'Homme s'est détaché de la lignée des Anthropoïdes, sans dériver, toutefois, d'un quelconque des genres actuels.

Différents auteurs ont voulu demander aux moyens les plus modernes dont dispose la biologie de nouvelles déraonstra-

50 NOS ORIGINBS ZOOLÛGIQUES.

lions des affinités simiennes de l'Homme. On sait, par exemple, que lorsqu'on injecte à un animal quelconque (Cheval, Chien. Mouton, Lapin, etc.) un sang étranger, le sérum sanguin du sujet inoculé éprouve, au contact de ce sang, une impression particulière qui lui permet de le reconnaître ensuite. Il acquiert la propriété d'en troubler la partie liquide (pouvoir précipitant) et de dissoudre ses globules (pouvoir hémolytique).

Or, Gruenbaum a observé que la composition du liquide sanguin chez le Gorille, le Chimpanzé et l'Homme est assez constante pour qu'un sérum préparé en vue de reconnaître le sang de ces êtres se trompe en présence des autres et les traite pareillement.

Metchnikoff a cru voir dans ces résultats des arguments possibles en faveur des rapports existant entre les Anthropoïdes et l'Homme. Mais les plus récentes observations semblent montrer que les pouvoirs py^écipitant et hémolytique ne sont pas nécessairement des signes de parenté étroite. Ainsi, par exemple, il est reconnu maintenant que le sérum du Chien es} naturellement hémolytique pour les globules du Cobaye; que le sérum d'Anguille contient, de même, une hémolysine normale agissant sur les globules de tous les Mammifères^ etc. Il y a lieu, dans ces conditions, de faire, au point de vue spécial qui nous intéresse, de sérieuses réserves sur la précision de la méthode.

De même, en développant sur des Chimpanzés la syphilis que l'on considère habituellement comme spéciale à l'espèce humaine, Metchnikoff et Roux ont cru trouver une démonstration nouvelle de l'existence des liens étroits qui nous rattachent aux Singes supérieurs. Cette opinion, malgré l'autorité de ses auteurs, ne doit être accueillie qu'avec réserve.

Darwin, pour affirmer nos relations avec les Singes, avait insisté sur la communauté des parasites. Il supposait que celle-ci découlait de la similitude de conditions de vie, parmi lesquelles l'identité des humeurs servant de nourriture. Cet argument sembla faible au moment où il fut émis et per-

sonne, depuis^ n'a songé à en rechercher la valeur. L'idée de Darwin, cependant, mérite moins de dédain. En me basant sur des recherches personnelles, je vais essayer de montrer le parti que l'on pourrait en tirer.

On sait qu'un grand nombre d'Helminthes vivent toujours sur les mêmes animaux. Transportés sur d'autres semblant devoir leur fournir les mêmes avantages, ils ne tardent pas à succomber. C'est qu'une adaptation réciproque s'est établie entre l'hôte et le parasite, et que ce dernier est arrivé à subordonner ses fonctions à celles de l'organisme sur lequel il est placé.

L'identification devient complète chez les Cestodes ou Ténias. Dans différentes notes, dont plusieurs publiées en collaboration avec M. Mandoul, j'ai démontré que ces Vers sont arrivés à posséder des fonctions en tous points comparables à celles qu'accomplit la paroi intestinale de Thôte : issus d'ascendants qui vivaient à la température extérieure, ils ont réglé leurs fonctions sur le degré de chaleur plus ou moins élevé de celle-ci ; on les voit se défendre contre l'action dissolvante des sucs digestifs en sécrétant, comme l'intestin, des ferments antidigestifs (Weinland, Dastre et Stassano); ils absorbent par leur surface, comme la paroi intestinale, les produits élaborés par l'hôte; entin, ils ont avec le tube digestif des moyens identiques de défense contre les microbes.

D'après cela, il est évident que, si l'on arrivait à trouver des Vers à propriétés identiques sur des hôtes difïérents, il faudrait nécessairement conclure à la similitude physiologique de ces derniers.

Ainsi, l'étude de plus en plus intime de lorganisation des parasites, de leurs rapports avec les êtres qui les hébergent, pourra permettre d'établir d'intéressantes comparaisons.

La faune helminthique des Singes est imparfaitement connue. Des formes larvaires de Taenias existant chez l'Homme ont été signalées à différentes reprises : Tœnia solium chez le Magot, certains Cercopithèques, etc., Tœnia marginata dans les mêmes genres et chez un Cynocéphale, Tœnia echi-

MOS ORIGINES ZOOLOaiQUeS.

ocMs, sur différentes espèces. Un NémaUielminthe, le Triépalus dispar, a été recueilli dans l'intestin de l'Oranging et d'une dizaine d'autres singes, etc. Un curieux champ ide s'ouvre ainsi dans le domaine parasitologique.

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