LES BASES ZOOLOGIQUES DE LA MOI^PHOLOGIE HUMAINE
apparente de ces dernières, à Tétai adulte, étant le résultat d'une coalescence réalisée secondairement.
La Paléontologie^ à son tour, démontre la continuité d'existence et la lente transformation des êtres au cours des temps géologiques. Malheureusement, les couches du sol les plus profondes ne sont pas intactes. Les assises terrestres forment « un livre de l'histoire des organismes > dont les feuillets initiaux sont détruits. Les premiers terrains sédimentaires connus ne semblent pas, en effet, représenter les plus anciens dépôts fossilifères; tout démontre, au contraire, qu'ils ont été précédés par des formations dans lesquelles ont dû s'accumuler les restes de nombreux animaux. Ces formations, modifiées par le feu central, ainsi que les débris qu'elles contenaient, paraissent, actuellement, se confondre avec les roches cristallisées des terrains primitifs.
Les zoologistes ont essayé, à différentes reprises, de réunir les Vertébrés aux autres animaux. Lamarck, se basant sur de vagues apparences, relia les Poissons — et par eux le reste des Vertébrés — au groupe des Mollusques. Kowalevsky crut trouver dans les Tuniciers les êtres formant le passage aux Invertébrés. Gaskell, en prenant pour base de spécieuses comparaisons anatomiques que l'embryologie se refuse à confirmer, a émis, récemment, l'hypothèse peu vraisemblable de notre parenté avec des formes inférieures d'Arthropodes, etc.
Parmi les suppositions émises, la plus plausible est celle qui nous fait descendre des Vers annelés (Seraper, Balfour, 1874; Dohrn, 1875; Ed. Perrier, 1881 ; Leydwick Minot, 1897). Cette conception se rattache aux vues exposées par A. Moquin Tandon, en 1827, au cours de ses recherches sur les Hirudinées ou Sangsues, La théorie de V individualité des bouy^geons de du Petit- Thouars, les travaux d'E. Geoffroy-Saint-Hilaire sur les organes analogues des êtres, les idées de Dunal sur le rapport de Vindi-
HOH OIUQINBB ZOOLOSIQUES.
ité avec la simplicité variable de l'organisation, firent en lui l'idée que les Hirudinées étaient formées d'une i'nnités élémentaires semblables entre elles et soudées bout. Il exprime ainsi sa pensée :
l'on réfléchit un peu profondément sur cette structure tque, on sera naturellement conduit à penser que chapace... possédant un petit système nerveux, un système f, des appareils pour la respiration, pour la circulation, s reproduction, etc., peut être considéré comme un lut, comme un animal particulier semblable à un être t... La Sangsue sera donc, d'après cette hypothèse, «n composé d'un certain nombre d'animaux... J'appellerai n de zooNiTE ces individtts élémentaires {fig. 2). ins tous les animaux invertébrés, les zoonites ne sont fldés entre eux sur une même ligne, comme dans les nées, dans les autres Annélides, les Insectes, etc.. Chez itre partie de ces êtres composés, les animaux particuont disposés dans plusieurs sens, mais toujours sur un nique, y
iprès ce qui vient d'être exposé relativement à l'organisymétrique des Sangsues, on peut conclure, naturelledeux espèces de vies chez ces Hirudinées, des vies parres. celles de chaque zoonite et une vie générale, celle collection. Chaque ganglion nerveux représente le cer-
jétition de» parties est plua facile à observer sur le Ver de terre que sur lue, dont rorgaaisme présenle, en maints endroits, de« caractères de ion. On distingue Bisâment. ici. les cloisons transversales, régulièrement I, divisant le corps du Ver en chambres, toutes semblables. Dans Tintéces chambres se trouvent les organes disposés, partout, de ta mSme maros litbe digestif, médian; taisseaux sanguins (dont un seul, dorsal, i-desBus du tube digestif, est visible dans la préparation); conduits irs, symétriques et latéraux; centre nerveux (caché sous le tube diges- ^rnble que l'on observe une série d'individus placés bout à, bout. Chaque !, avec les éléments propres, fait un tout physiologique : Vanneau ou
Le Ver de terre, la Sangsue et tous les animaui formés de parties semititre elles et répétées un plus ou moins grand nombre da fois, apparaisnc, comme des organismes résultant de l'addition d'un certain nombr«
élémentaires ou Zoonites.
LES BASES ZOOl^GiqUES DE t-A. HOBFHOLOaiE HOMAINE. 9
Fig. 2. — Conitituliûti de la région moyenne du corps d'un Ver de terre. (Eitr. do L, Jammes : Zoologie basée sur la dissection.)
;haque zoonïte et l'harmonie, l'unilé est entretenue rdons de communication p)us ou moins considéra-
es animaux invertébrés, les deux vies sont en raison livant les genres, chacune d'elles est plus ou moins à l'autre. Dans les Sanguisugoy c'est la vie génémporte'... »
oire de Dugès sur « La conformité organtqtie dans mimale (1831)», en développant ces idées, leur ;rand retentissement.
lit bien reconnu, écrit cet auteur, pour le système t certains animaux, son partage en autant de centres /ait de segments principaux (Thomas, Marcel de .douin et Edwards); mais on n'avait pu dégager de its incomplets l'idée obscure encore qu'ils devaient I sur la multiplicité des organismes; c'est A. Moquini, le premier, a présenté cette idée d'une manière 1 la restreignant, toutefois, aux invertébrés. >
i « Introduction à la zoologie générale ou Considér les tendances de la matière dans la constitution inimal >, publiée en 1853, H. Milne-Edwards appli- •éserves, la conception de A. Moquin-Tandon.
m se répétant ainsi elle-même, qu'elle (la nature) bord, à enrichir les organismes; on voit toujours me animal un certain nombre d'organes qui sont ■m plus ou moins servile d'un type unique, et dans ces organes on trouve, comme matériaux constituule de parties similaires. > (P. 30.)
oquin-Tanilon, professeur à la Faculté des Sciences de Touié, dans la première édition de sa traduction française du alogie de Clnva, 1898, d'intéressants délails sur la théorie m père. Je dois, en outre, à son obligeance, divers rensej- [iportés ici.