‹ Nos parlementairesChapitre 16 sur 136 · M. HENRY BÉRENGER · texte numérisé non relu

M. HENRY BÉRENGER

sident de l’Association des étudiants de Paris, acquis l’expérience des hommes avec un flair qui devint très vite politique.

Pendant la guerre, M. Bérenger fait partie du Comité des Dix, seconde Clemenceau avec une énergie de Conventionnel et obtient de son nouveau patron le commissariat des Essences.

Après la guerre, le sénateur de la Guadeloupe se consacre aux questions financières.

On lui confia le rapport sur le budget de la Marine : il obtint un tel succès qu’il devenait sous peu Rapporteur général du budget au Sénat.

Il se joue avec aisance parmi les chiffres, sait les faire converger vers son but et sa documentation, minutieuse et teintée d’une pointe de romantisme, ne laisse pas que d’impressionner ses collègues.

Le Président de la Commission, M. Milliès- Lacroix, l’admira souvent mais surveilla ses additions.

Avec toutes ses qualités qui sont vieilles

et appréciées, M. Henry Bérenger n’a pas encore occupé de portefeuille important.

C’est que, politiquement, le sénateur de la Guadeloupe n’est pas précisément un sympathique, un bon garçon. On fait passer tant de choses dans les milieux politiques, avec un peu de cordialité dans les rapports !

M. Bérenger paraît trop à l’affût. 11 est conscient de sa valeur, il le dit, il le montre et laisse percer un certain orgueil qui s’accorde avec son talent âpre et sec mais ne suscite pas la sympathie.

C’est un lutteur. S’il ne corrige pas sa manière, il pourrait bien lutter longtemps sans atteindre le but convoité !

Il serait injuste, en tout cas, de ne pas souligner fortement l’attitude patriotique de ses Heures de guerre où il sonna le rappel des énergies.

Il prêcha ardemment la patience et l’effort, au moment où la moindre défaillance pouvait nous perdre ; aux heures sombres comme aux heures glorieuses, il stimula les énergies et rassura les timorés.

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