‹ Nos parlementairesChapitre 3 sur 136 · M. FRANÇOIS ALBERT · texte numérisé non relu

M. FRANÇOIS ALBERT

M. François Albert est né le 4 avril 1877, à Bordeaux, d’une vieille famille poitevine.

Ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, professeur, journaliste, il fut élu sénateur de la Vienne en janvier 1920. Inscrit au groupe de la Gauche démocratique radicale et radicale-socialiste, il a été choisi comme Ministre de l’Instruction publique par M. Herriot.

Il est admis que si le Président du Conseil, qui a toujours été un garçon sérieux, n’avait retenu que les espiègleries de cet enfant terrible qui faisait le désespoir de ses maîtres de la rue d’Ulm, il n’aurait jamais confié la rue de Grenelle à son ancien camarade. Il a fait ce choix parce qu’il sait que M. François

Albert est un esprit cultivé, primesautier, un peu paradoxal, peut-être, mais ayant de l’idée.

11 traite les questions les plus graves sur un ton plaisant, mais sait ce qu’il veut.

Quand le jeune ministre fit sa véritable entrée dans le monde politique, lors de la discussion du budget de l’Instruction publique, en voyant à la tribune ce blondinet, mince, fluet, le toupet en bataille, d’aucuns souriaient. Il paraissait tellement petit !

Quelques instants après, sa parole chaude, nette, véhémente, avait conquis tout le monde ou presque et on l’acclamait.

Arrivé rue de Grenelle avec une réputation de Jacobin, on attendait son premier discours avec impatience.

Ce fut d’ailleurs un tournoi littéraire intéressant que ce duel entre les deux Athéniens qui ont nom François Albert et Léon Bérard, auxquels vint s’ajouter — tout naturellement — M. Georges Leygues, troisième larron.

Ce fut d’abord de part et d’autre une

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