M. FRANKLIN-BOUILLON
M. Franklin-Bouillon, député de Seine-et- Oise, est un personnage politique assez en vue.
Très remuant, bon debater, c’est un de ces hommes qu’un Gouvernement a intérêt à avoir avec lui.
Fils de proscrit, il a grandi en terre d’exil à l’ombre de Victor Hugo, entre ses deux frères... Socrate et Voltaire.
Il débuta tout jeune dans le journalisme radical avec Ranc et Henry Maret.
Député en 1910, le Congrès de Pau le désigna comme vice-président du Parti radical et radical-socialiste. Il remplit effectivement les fonctions de président en remplacement de M. Caillaux. Tranchant, impétueux, il édicta des ordres du jour impérieux.
On le suivait. On ne suit que ceux qui marchent.
A la Chambre, il joua les Warwich, secouant Viviani, Briand, soutenant Painlevé qui, au retour d’une mission, lui donna un portefeuille.
Alors il se relia avec Briand et dénonça Clemenceau en pleine apothéose.
Briand fit de ce bon allié un négociateur officiel à Angora.
Survint Painlevé. Le subtil négociateur le convertit dare-dare à ses vues : il continua sa mission.
La haine de M. Tardieu cimenta ce pacte entre ces deux hommes politiques et le voilà redevenu député de Seine-et-Oise le 11 mai 1924, malgré l’opinion de M. Léon Blum, qui disait de lui : « C'est un homme qui faisait si bien hors du Parlement ! »
Il fut nommé président de la Commission des Affaires étrangères.
M. Franklin-Bouillon est un parlementaire avec lequel il faut compter. Il constitue un amalgame assez contradictoire de Buisson, de Floquet et de Loucheur,