CHAPITRE II
Pondichéry. — La r>«de, les cTielingues. — Les deux yilles. — Température. — Quatre éléments de population. — Trois religions. — Les lan:4iîes. — E/lifices principaux. — Services financiers. — La r»a?ique et l'argent. — Service postal et télégraphique. — In.structiou publique. — Travaux publics. — Le culte. — L'industrie. — Organisation et administration. — La justice. — Les Dacoïts. — ^ Les Thuga. — Institutions diverses. — La léproserie.
La vîlle de Pondîchéry, chef-lîeu de nos possessions dans rinde, est située dans le Carnatic, sur la côte de Coromandel, à cent quarante-trois kilomètres au sud-ouest de Madras, par IP 55' 41" de latitude nord et IV 31' 30" de longitude est.
Sa rade, quoique foraine, est la meilleure de toute la côte. Elle offre deux mouillages : l'un de trois à «ix brasses pour les plus petits bâtiments, l'autre de sept à neuf brasses pour les plus gros.
Le premier étonnement qu'éprouve celui qui arrive, avant même d'avoir touché la terre, est causé par les chelingues. Ce sont de grands bateaux non pontés, très creux et à fond plat, chargés d'établir la communication entre les navires et la côte. Ce qui les distingue entre tous, c'est qu'ils manquent absolument de membrures, et que pas un clou, pas une cheville n'entre dans leur charpente ; leurs différentes parties sont tout simplement cousues entre elles avec une corde faite de l'enveloppe du fruit du coccos nw cifera. Les embarcations ainsi construites résistent mieuxy paraît-il^ au choc des lames très nombreuses
et très violentes. Los Indiens qui les conduisent, saisissent avec une singulière adresse le moment où une lame élève leur clielingue jusqu'au bordage du navire, enlèvent prestement le voyageur dans leurs bras, et celui-ci se trouve au fond du bateau avant même quMl ne se soit rendu compte de ce qui se passe. Il a d'ailleurs fort à faire pour s'y maintenir en équilibre, jusqu'au moment où la chelingue s'arrête au pont débarcadère, long de cent quatre-vingtdouze mètres.
A peine a-t-il mis les pieds sur le quai, qu'il est environné, assailli par une nuée d'ofEcieux de toute nature, où se font surtout remarquer les mendiants, les dobachis et les conducteurs de pousse-pousse. Nous aurons à revenir plus loin sur chacune de ces intéressantes catégories de la population.
On arrive à la ville par une large promenade bordée de grands arbres, qui porte le nom de Cours Chabrolj et qui sert de demi-ceinture à la ville blanche.
Car Pondichéry est divisé en deux parties par un large canal. La ville noire^ à l'ouest, ne se compose guère que de cases indigènes, dont quelques constructions européennes font encore mieux ressortir la tristesse et la pauvreté. La ville blanche, à l'est et sur le bord de la mer, Çisi régulièrement bâtie et très coquette. Le soleil fait miroiter le stuc de ses blanches habitations, qui le plus souvent se cachent au milieu de jardins éternellement fleuris. Les voies sont larges, régulières, ce qui permet heureusement à la brise de mer, quand elle se lève, de les balayer et de les. rafraîchir.
Aussi rétat sanitaire de la ville se trouvc-i-il en
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général satisfaisant, favorisé qu'il est d'ailleurs par un climat assez régulier et salubre. A Pondîchéry, dans les temps ordinaires, le thermomètre marque habituellement 30° centig. pendant le jour et 26^ pendant ia nuit, surtout en décembre et janvier. De mai à septembre, mois pendant lesquels souffle un vent d'ouest brûlant, la température varie de 31 à 40 degrés centigrades.
Autour de la ville, et sur tout son territoire en général, on voit de nombreux bouquets de cocotiers et de palmiers, des canaux, d^s ponts élégants, de gracieuses villas, de fraîches rivières.
Jl n'est pas nécessaire de parcourir longtemps les rues de Pondichéry, pour être frappé de la diversité de& types qu'on y rencontre.
Pondichéry et son territoire, divisé en trois districts, comptent environ cent cinquante-six mille habitants. Cette population, comme d'ailleurs celle de toute l'Inde française, est formée de quatre éléments distincts ; nous allons les étudier ici une fois pour toutes, en prévenant les lecteurs que les détails suivants ne s'appliquent pas seulement aux habitants de Pondichéry et de son territoire, mais bien à ceux de tous nos autres établissements.
En premier lieu viennent les Européens ou leurs descendants, créoles indiens. Leur nombre est très restreint : ou en compte tout an ^s quinze cents, dont mille environ fonctionnaires ou employés du gouvernement ; les autres sont négociants ou représentent de grandes maisons de commerce éê I^cicn et du nouveau continent ; quelques-uns enfin exercent des métiers absolument inavouables.
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Après eax,ce sont les mulâtres, au nombre de deux mille environ, qui portent !e nom de Topas ; ils doivent cette appellation an topi, ou chapeau, qu ils ont ea les premiers le droit de porter en remplacement du turban traditionnel. Cette race métisse provient de Tunion des indigènes avec les Européens, et notamment à Torigine avec les Portugais, dont elle parle encore la langue plus ou moins altérée. Les topas sont acca[ ares par la petite industrie ou la domestici!;é.
Nous citerons en troisième lieu l'élément musulman, introduit par la conquête. Les MapelleSy c'est ainsi que l'on nomme les descendants de Tamerlan, étaient autrefois de très remuants et de très riches courtiers en toutes sortes de marchandises, et se livraient en particulier au commerce des diamants. Devenus depuis longtemps plus tranquilles, ils se fondent, pour former ce qu'on appelle la population iudigène, dans le quatrième élément, le plus important de beaucoup.
Il se compose des Indiens ou Hindous, descendants des peuples autochtones, aryens ou tamouliens.
Les Indiens sont eu général d'une taille exiguë, mais parfaitement proportionnée. Leur peau ordinairement cuivrée est quelquefois très claire, et quelquefois foncée comme celle des nègres ; mais même dans ce cas, ils conservent le type caucasique dans toute sa pureté. Leurs cheveux sont touffus et rudes, mais toujours lisses. Ils ont le visage agréable, les attaches fines, les pieds et les mains aristocratiques, l'ensemble très élégant.
Ils se subdivisent en un nombrô considérable de 4»steSy dont les principales sont : les BrahmeSj ou
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caste sacerdotale ; les Kchatryas, caste royale et guerrière : ceax-ci prennent à Mahé la dénomination de Nayrs» Ce sont eux qui combattirent autrefois arec le plus d'acharnement pour défendre contre les Portugais Tindcpendance de leur pays. Leurs femmes avaient, et ont peut-être encore, le droit de prendre plusieurs maris. Quand un Nayr se rendait chez une femme, il déposait ses sandales et son épée devant la porte, qui des lors devenait sacrée.
La troisième caste est celle des Nayciaa^ agriculteurs et commerçants. Viennent enfin les Soudras, ou caste servile. Ces derniers sont encore aujourd'hui l'objet d'un profond mépris pour leurs compatriotes ; la loi de Manou punissait le meurtre d'un Soudra de la même amende que cehii d'un chien ou d'un chat.
Au-dessous d'eux encore, viennent les Parias^ demeurés à peu près en dehors de toute civilisation, et qui, sur la côte de Malabar, portent le nom plus ignominieux encore de Pouliats, Ce sont ces derniers qui fournissent le plus nombreux contingent aux conversions chrétiennes, particularité qui n'a rien de surprenant, quand on songe que ces pauvres gens ont tant besoin d'être consolés et relevés à leurs propres yeux.
Les Européens et les Topas sont en général catholiques, ers derniers depuis les lointaines conversions opérées par les Portugais et leurs premières unions avec les femmes du pays. On prétend d'ailleurs que le christianîstiae serait parvenu presque dès l'origine dans rinde, qui aurait été évangélisée par saint Thomas tuispèrhe. Kasma, dit Indico-' Floustes (c'està-dire voyagî^fc), rapporte avoir rencontré des chré-
tiens dans Tlnde en Tan 547 de notre ère. Qaoi qn^il en soit, des missionnaires de différentes nations sillonnent aujourd'hui l'Inde dans tous les sens et pénètrent librement jusque parmi les populations sauvages habitant les Ghâttes.
Les deux autres religions qui se trouvent en présence dans rinde sont Tlslamisme et le Brahmanisme.
Nous n'avons pas à faire connaître à nos lecteurs la loi de Mahomet, contenue dans le Koran, et dont les six principaux articles de foi sont : l'unité de Dieu, les anges, les livres inspirés, les prophètes, la fin du monde et la résurrection.
Le Brahmanisme comporte une infinité de divinités, plus nombreuses encore que celles de l'Olympe classique. On n'en compte cependant que dix-sept principales, dont les trois plus importantes sont : Brahma, le principe créateur; Vischnou, le principe conservateur, qui a eu dix incaniations ou avatars; Schiva,ou plus simplement Civa, le principe destructeur. Chaque dieu est accompagné de sa déesse.
Les Bouddhistes sont des dissidents de la religion mère. Bouddha n'est qu'un des avatars de Vischnou^ le neuvième.
La loi de Manou, qui vivait environ douze cents ans avant l'ère chrétienne, est une sorte d'évangile où se trouve prévu et réglé tout ce qui touche à la vie sociale, à la conduite civile ou religieuse de l'homme. Les principes en sont fermes, les déductions logiques et empreintes d'une haute sagesse. Primitivement elle ne comprenait pas moins de cent mille slocas ou versets, qui par la suite ont été réduits
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à quatre mille. Elle est écrite en langue sanscrite.
Le sanscrit, langue morte aujourd'hui, subsiste encore comme langue savante. Le tamoul ou malabar est un idiome contemporain du sanscrit^ et qui lui est peut-être même antérieur. On le regarde comme la langue mère des trois autres dialectes du Dékhan : le karmatic, usité surtout depuis Madras jusqu'au fleuve Krischna ; le télinga ou télougou, parlé à Yanaon et dans les Circars du nord ; le malegalaniy en usage à Mahé et dans les montagnes environnantes. A Chandernagor, on emploie surtout le bengali. Cette langue usuelle des individus qui habitent le delta du Gange, avec Thindoustani et ses nombreux dialectes, est généralement parlée depuis Calcutta jusqu'à Bombay.
Quel que soit l'idiome chez elles usité, toutes ces populations sont en général d'une docilité et d'une douceur inaltérables. Les plus graves reproches que nous soyons en droit d'adresser aux Indiens, c'est de se montrer les mendiants les plus acharnés, et les plus effrontés voleurs qui se puissent imaginer. Ni la mendicité, ni même le vol ne sont un déshonneur dans rinde. Mais il est bien évident que ces vices sont destinés à disparaître par la force même des choses et du temps.
Voyons justement ce que nous avons fait jusqu'ici, quels bienfaits notre civilisation a apportés à ce peuple si avancé sur certains points, si arriéré sur d'autres, de quels monuments et de quelles institutions nous l'avons doté à Pondichéry.
Les principaux édifices de la ville sont : l'hôtel du gouvernement, l'église paroissiale, celle des missions
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étrangères, deux pagodes, le nouveau bazar^ la tour de Thorloge, la tour da phare, une caserne, un hôpital militaire et un hôtel de ville.
Etudions maintenant les diverses institutions qui fonctionnent dans notre chef-lien.
§ 1 . Services financiers. — Le budget de la marine et des colonies porte pour Tlnde une somme de 549,389 francs.
Le budget local comprend let recettes et les dépenses de chacun des établissements. II s'élève en dépenses et en recettes à un total de 1,884,790 francs, sur lesquels Pondichéry figure pour une somme de 1,334,673 francs
Voici les chiffres des plus importantes recettes à Pondichéry :
Coniributions foncières, 286.170 fr.
Taxes de navigation, 16.000
Droits sur les spiritueux, 153.000 « « « cocotiers, 64.000
c t< le sel. 212.000
§ 2. La banque et Vargejit. — Il y a deux établissements de crédit à Pondichéry: un comptoir d'escompte et une banque. Cette dernière est une succursale de la Banque de Tlndo- Chine, dont le siège est à Paris.
Pour les transactions officielles et les actes authentiques, le système monétaire français est seul en vigueur ; mais la véritable monnaie de circulation est la roupie, qui vaut nominalement 2 fr. 40 o. et qui en réalité n'est comptée que pour i^ fr. 10 c. C'est une
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pièce d'arg-înt quî se subdivise en huit fanons de fr. 30 c. ou vingt-quatre caches ; il y a des pièces de un, de deux et de quatre fanons.
La monnaie de cuivre se compose de pièces de six caches, de trois caches, et de une cache (quart, huitième et vingt-quatrième de fanon).
Il'y a encore une monnaie de compte^ le lach^ qui vaut cent mille roupies.
§ 3. Service postal et télégraphique. ^^ Les relations de rinde avec la métropole sont assurées pas un courrier français mensuel et des courriers anglais hebdomadaires. Ceux-ci déposent nos correspondanceys à Bombay^ d'où elles sont transmise9 à nos possessions par Tintermédiaire de la poste anglaise.
Le service postal intérieur est assuré par cinq bureaux : à Pondichéry, Karikal, Mahé^ Yanaon et Chandernagor,
Les paquets peu volumineux, autres que les lettres, sont portés par un courrier spécial qu'on appelle le hanguy, — Nous signalons en passant qu'on donne le môme nom à une pâte composée de la feuille du ganjah, du jagre, du cardamum, etc., dont l'absorption produit une sorte d*ivresse ou d'excitation nerveuse, et dont les courriers font sans doute un fréquent usage.
Disons enfin quel'Inde est reliée télégraphiquement à l'Europe par le câble de XEastern Extension Company.
§ 4. Instruction publique. — Le service de l'instruction publique estplacé sous l'autorité du directeur de Tintérieur, qui fait fonction de recteur. Un inspcc-
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teur primaire est chargé spécialement de la direction du service.
L'enseignement primaire supérieur est représenté à Pondichéry par deux établissements : le collège Calvé, dirigé par des professeurs laïques, et le pensionnat des Dames de Saint-Joseph de Clunj^
L'instruction primaire simple est donnée par' ces sœurs ou par des instituteurs laïques dans un grand nombre d'écoles publiques.
De pins, l'enseignement secondaire est représenté par le Collège Colonial, subventionné par la colonie, et dirigé par les Pères du Saint-Esprit, qui sont tenus de suivre les programmes universitaires. Il compte un personnel de dix-neuf professeurs, dont les classes sont fréquentées par cent soixante-quinze élèves environ.
Il y a encore à Pondichéry un petit séminaire. Enfin, une faculté de droit, dont les cours sont professés par des magistrats, y a été instituée par un arrêté du 24 février 1876.
§ 5. Travaux publics. — Nos principaux efforts se poiient sur l'aménagement des eaux et l'irrigation. On a construit à Pondichéry un pont débarcadère en fer, que nous avons déjà signalé . Il est relié par un tramway & la voie ferrée qui met le chef-lieu de notre colonie en communication avec le South-Eastem Indian railway.
Le chemin de fer français est' depuis quelques années en pleine exploitation ; il a été construit par une compagnie anglaise, moyennant une subvention de quatre millions de francs prélevée sur le contingent de l'Inde.
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Nous ne saurions manqnerde sio^naler ici les deuxjardins botaniques dePondiclicry. L'un, leyarcZm Colojiial, créé en 1827, couvre une super licîo de dix-huit hectares; mais la nature du sol y est pauvre, et on n'a pas su l'améliorer. Aussi est-il aujourd'hui à peu près abandonné comme jardin d'expérinienUition ; mais ses larges et ombreuses allées offrent toujours au public un lieu de promenade très agréable. L'autre, appelé jardin d'Acclimatation, date de IStil. Il n'a pas plus de huit hectares. On a tenté d'y adjoindre une magnanerie, qui donna d'abord une soie très estimée, et une école d'agriculture pratique. On y voit de belles allées régulièrement plantées darbres d'essences différentes et bordées de haies vives, deux vastes parterres pour la culture des plantes d'ornement, et une pépinière où sont tenues en réserve les espèces dont la création ou l'entretien seraient impossibles aux particuliers. Ce jardin est surtout aimé des habitants de la ville, parce qu'il leur fournit, à d'assez bas prix, des plantes et des fleurs, des fruits et des légumes.
S 6. CuUe catholique, — Le service en est assuré par un clergé séculier institué en 1828, et placé sous l'autorité d'un préfet apostolique nommé par décret.
§ 7. Induhtrie, — Les principales industries de Pondichéry sont la filature, le tissage et la teinture des étoffes de coton, connues sous le nom de guinées, la fabrication des huiles^ et les tanneries. Il existe aujourd'hui trois filatures aux environs du chef-lieu. Savana, la plus importante, a cent soixante métiers à tisser, et emploie quinze mille broches avec deux mille ouvriers environ ; elle fabrique à peu près douze
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cents kilogrammes de fil par jour. — La filature Cou- VingacUqjolacheWj emploie quatre mille quatre cents broches et deux cent soixante ouvriers ; sa production journalière est de trois cent soixante kilogrammes. — La troisième appartient ti M, G. Gobalouchetty ; employant cinq mille broches et cent cinquante ouvriers, elle fabrique en moyenne deux cent cinquante kilogrammes de fil par jour.
Le tissage à la mécanique a été introduit dans notre colonie par M. Desbassyns de Richement, gouverneur de 1826 à 182S. Le tissage indigène y a éprouvé la môme décadence que dans le reste de l'Inde. Réduit par la concurrence à circonscrire ses produits, ses seules ressources consistent aujourd'hui dans la fabrication de quelques mousselines, des guinées, et de divers tissus grossiers à l'usage de la classe inférieure. Cependant on compte encore à Pondichéry et sur son territoire pris de quatre mille métiers de tisserands. •
Les nombreuses sources qui l'arrosent fournissent des eaux excellentes pour les teintures. Les pays environnants envoient à la ville leurs toiles blanches pour y être teintes en bleu. On y compte environ soixante-treize teintureries , par lesquelles passent chaque année quatre cent mille pièces de toile, mesurant chacune seize mètres de long sur un mètre de large.
§ 8. Organisation et admin'stration, — Le commandement et l'administration de nos établissements dans l'Inde appartiennent à un gouverneur, qui tout naturellement réside à Pondichéry. Quand il
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Voyage sur notre territoire, il jouit d'honneurs et de prérogatives quasi royales, et ne marche qu'environné d'une pompe que l'on trouverait à bon droit c.xagcrce en France, mais qui est nécessaire la-bas, loin de la mère-patrie, au milieu de ces populations dont Tinconstante imagination a besoin d'être frappée par un éclatant et imposant appareil. Pour montrer que les moindres détails no sont pas négligés, nous citerons les Shohédars, qui portent dos bâtons d'argent devant le gouverneur et ks administrateurs.
Apres le chef de la colonie, viennent Tordonnateur et le procureur général.
Le premier, qui est presque toujours un commissaire de marine, a dans ses attributions la marine, les finances^ la direction de l'intérieur, c'est-à-dire à peu près tout.
A côté de l'administration active, il y a le contrôle exercé par un commissaire adjoint de la marine. Celui-ci peut présenter des observations, mais n'a en aucune façon le droit de veto, ce qui constitue à coup sûr une anomalie, puisque le contrôlé est supérieur en grade au contrôleur tout à fait impuissant.
Il y a à Fondichéry on conseil privé et on conseil général.
Le conseil privé, présidé par le gouverneur, est composé de deux conseillers nommés par lui et des chefs des différents serviceSc
Le conseil général est composé de 25 membres , élus au scrutin de liste, et par le suffrage universel direct, comme pour la Chambre des députés.
Les électeurs sont inscrits sur deux listes, l'une Mmprenantles Européens etdescendants d'Européens,
Tautro comprenant les indigènes. Les électeurs de la première liste nomment exclusivement les conseillers européens, ceux de la seconde les conseillers natifs du pays. Ces derniers comprennent à Pondichéry un représentant de chacun des trois principaux éléments de la population : chrétiens^ musulmans et hindous proprement dits.
Il y a en outre à Pondichéry un conseil local» nommé aussi par le suffrage universel, et présidé par un conseiller que le gouverneur désigne à chaque session.
Enfin Tlnde est représentée en France par un sénateur et un député.
§ 9. Justice. — Le procureur général est le chef du service judiciaire.
La justice est représentée à Pondichéry: 1" par une cour d'appel composée du procureur général, d'un président de la cour^ de trois conseillers, de deux conseillers auditeurs, et d'un greffier; 2® par un tribunal de première instance, qui comprend : un juge président, un lieutenant de juge, deux juges suppléants, un procureur de la République et un greffier; 3*^ par plusieurs juges de paix à compétence ordinaire.
La police est dirigée par le maire de Pondichéry, qui a sous ses ordres non seule nent des agents européens, mais encore des thabédars et des thanadars (chefs et sous-chefs de poste de police indiens), des paléagars et des talaxoayes (inspecteurs et sous-inspecteuis de police), des tchaoukidars ou gardes armés chargés de la police urbaine et rurale, etc.
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