‹ Nos petites coloniesChapitre 36 sur 44 · DÉPENDANCES DE TAITI · texte numérisé non relu

DÉPENDANCES DE TAITI

De Taïti dépendent d^abord Moorea, puis quelques îlots sans importance : Mahistia, TabuemanneiTetiaray enfin les Tubaî, l'île Râpa et les îles sous le vent.

Moorea est plus belle encore que Taïti, la végétation y est plus vigoureuse, et les pics bizarrement déchiquetés qui se dressent au centre de Tile lui donnent un aspect étrange. Un des plus élevés et des plus aigus est troué de part en part à son point culminant ; c'est un héros qui, d'après la légende, perfora la roche de sa lance. La côte de Moorea , assez profondément découpée, forme en plusieurs endroits des ports excellents, et notamment celui de Teavara.

Il n'y a rien de particulier à citer dans les îles Mahistia, Tabuemann et Tetiara.

LES TUBUAÏ

L'archipel des Tubuaï se compose de quatre îles : Tuhuai, située par 23^ 25' de latitude sud et 151^ 54' de longitude ouest ; Raivavae, située par 23^55' de latitude sud et 150°06' de longitude ouest; Rimatara et Rurutu. Ces deux dernières sont indépendantes.

Nous avons peu de choses à dire de ce petit archipel. Les rives de ses îles sont bordéeâ de bois de fer

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dont le feuillage sombre forme un contraste frappai avec les teintes éclatantes de toute la nature qui 1< environne. L'intérieur des îles est très pittoresque mais leur sol peu propre à la culture. Le seul coni merce auquel on se livre est celui des volailles, qui s' trouvent en très grand nombre, et que les habitani vendent relativement bon marché.

ILE RAPA

Cette île, peu considérable, est placée sous 27** 3î de latitude sud et 146° 30' de lonoritude ouest, no loin de l'archipel de Bass. Elle fait partie des îles d protectorat depuis 1847, et a été annexée à la Franc avec les autres États en 1880.

Son commerce est à peu près nul ; sa populatioi s'élève à peine à cent cinquante-trois habitants.

Mais l'avenir l'appellera sans doute à de brillante destinées, car elle possède la plus belle rade et le por le plus sûr de la Polynésie orientale. Le gouverne ment français a le devoir de veiller sur ce point cai il excite de nombreuses convoitises.

M. L. Simonin, qui s'est fait une spécialité d< rétude des colonies anglaises, signalait, dans un( conférence faite à la Société de géographie de Parii le 1" février 1884, le fait suivant. Le 7 décembre 1883, les délégués des huit colonies austrasiennei réunis en congrès ont décidé de s'emparer d'un certain nombre d'îles de l'archipel polynésien ; l'île Râpa excite tout particulièrement leurs désirs, car elle serait le premier point de relâche des navires venani d'Europe par le canal de Panama.

TAStI et ses D]£p£NDANC£S. 385"

ILES sous LE YENT

A rarchipel des îles de la Société se raUache legronpe des îles sous le vent, composé des grandes Ues- Suahine, Raïatea, Bora-Bora, et de quelques îlots adjacents qui en dépendent.

Les Taîtiens prêtent à ces îles une origine légendaire : Jadis, cinq lunes étaient au ciel, au-dessus du grand Océan. Elles avaient des visages humain» plus accentués que ceux de la lune actuelle, et jetaient des maléfices sur les premiers hommes qui habitaient Taîii;ceux qui levaient la tête pour les fixer étaient pris de folies étranges. Le grand dieu Taaora se mit à les conjurer. Alors elles s'agitèrent ; on les entendit chanter ensemble dans Timmensité, avec de grandes voix lointaines et terribles ; elles chantaient de&^ chants magiques en s'éloignant de la terre. Mais, soui^ la puissance de Taaroa, elles commeilcèrent à trembler, furent prises de vertiges et tombèrent avec un bruit de tonnerre sur l'Océan qui s'ouvrait pour les recevoir^

Ces cinq lunes en tombant formèrent les îles de- Bora-Bora, Emeo, Huahine, Pariatea et Touboai-

Manou.

Lorsqu'un navire arrive au mouillage d'une deces îles, le pilote apporte à bord le règlement locaU dont un article se rapporte à la police des mœurs, qui est en apparence d'une extrême sévérité. Toute infraction à la morale est punie d'une amende ; Finstiga-^ teur du délit doit en outre payer une certaine somme \ attribuée au témoin qui l'a dénoncé à l'autorité. Or, comme en réalité les mœurs des habitants de ces îles.

sont aussi relâchées qae celles des îles voisines, ce mod » de repression constitue un joli revenu pour le chef ; si, par impossible, la population venait à se moraliser, c'est l'autorité qui serait la première à en

«ouflFrir.

L'ile Huahine, placée sous l'autorité de 1& reine

Theapata , compte 1,100 habitants. Son principal

commerce consiste en copi*ath,en fungus, et en porcs ;

le grand nombre de ces animaux permet facilement

d'en exporter. Une incroyable abondance d'oranges

de qualité supérieure constituent pour Huahine une

véritable fortune.

Le pays est extrêmement pittoresque. Une route circulaire facilite les communications en reliant entre eux les quelques villages de l'île.

C'est à Huahine qu'à la suite du traité de protectorat eurent lieudes événements militaires fort graves. LesCanaquesse soulevèrent, gacrnèrent les montagnes et nous firent subir de sérieux échecs en décembre ti 1845, en janvier et mars 1846. Nos troupes, comman-

dées par l'amiral Bonnard, durent battre en retraite; mais elles furent poursuivies, et nous eûmes à déplorer la perte de nombreux soldats.

Huahine possède une école et une maison commune qui sert de temple, la majorité des habitants étant protestants.

La législation des îles sous le vent mérite une mention particulière ; nous y relevons les deux articles suivants qui donnent une idée de Tindépendance des petits souverains:

V Tout individu étranger au pays, qui y arrive sans caractère officiel, est immédiatement interrogé

ponr savoir le but quî Tamène, A la suite de cet înterrogatoîre, le voyageur reçoit son permis de séjour, ou doit s'éloigner sans plus tarder.

2° Tout individu placé dans ladite position peut être réclamé par les représentants de son pays tant qu'il n'a pas été interrogé ; mais dès qu'il a subi favorablement cette formalité, il est en sûreté dans l'île et ne peut plus en être enlevé.

Baiatea se compose de deux îlots : Raiatea et Tahaa, entourés par un même récif. Elle compte 1,400 habitants^ dontla religion est le protestantisme. Elle est gouvernée par un roi, et régie par les mêmes lois que Huahiné; cependant les règlements sur les mœurs y sont encore plus sévères : outre l'amende à .payer les délinquants sont condamnés à quelques jours de prison.

Le commerce porte sur les mêmes denrées que dans les îles voisines ; coprath, coton, oranges en quantité considérable et de très bonne qualité, pia, arrow-root, bois de tanaru, etc.

Bora-Bora est gouvernée aussi par un roi depuis la mort de la petite-fille de Pomaré, à qui l'on avait donné la royauté de cette île. Mêmes lois, mêmes usages, mêmes ressources que dans les deux précédentes •

L'aspect de Bora-Bora est particulièrement beau et pittoresque ; il est regrettable qu'on ne trouve que très peu d'eau dpuce dans le:: environs du point de débarquement.

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