JOUVIN
aujourd'hui de beaucoup supérieurs à ce qu'ils étaient hier.
Jouvin est plus apprécié que les lundigraphes du grand format, ses jugements ont plus de poids, ses conseils toujours écoutés sont toujours suivis ; et enfin, quand il gagne sa stalle au théâtre, les conversations les plus animées sont interrompues, chacun le désigne du doigt : Lé voilà, le voilà, c'est lui. Le silence est complet, on entendrait voler un mouchoir.
Heureux critique!
C'est en 1844, au Globe, que Joii vin débuta. M. Solar lui avait confié le feuilleton des théâtres ; il le garda fort peu de temps pour aller de là gaspiller en pure perte sa prose et son esprit dans les colonnes de Y Époque d'abord^ et ensuite dans celles d'un journal orléanolégitimistedeLyon.
En 1854, il épousa une des filles dfc M. de Villemessant ; depuis, il n'a plus quitté le Figaro, et dans chaque numéro il y porte aux
nues la musique italienne, sa toquade. Si vous lui voyez, par hasard, risquer quelques* éloges sur la musique allemande, soyez certain que c'est de sa part une distraction ou dans le but fort louable de ne pas faire trop de chagrin à l'exécuteur testamentaire de Meyerbeer.
Bouquiniste enragé, Jouvin se ruine en achat de livres.
Comme rédacteur en chef, il s'en rapporte peut-être un peu trop à Duchesne ; mais tous ceux qui ont passé par les fourches caudines du Figaro, j'en connais quelques-uns, n'ont qu'à se louer de leurs excellents rapports avec lui.
Signe particulier : Jouvin adore Tamberlick, les artichauts à la poivrade, et l'anecdote court vêtue.