‹ Nos petits journalistesChapitre 9 sur 37 · AURÉLIEN SCHOLL · texte numérisé non relu

AURÉLIEN SCHOLL

estime et auquel j'ai eu le tort d'écrire, de mauvaises lettres; je viens le prier de me les • rendre.

— Oh! monsieur, c'est de toute impossibilité.

— Et pourquoi ?

— Elles ont servi là-bas de bourres aux pistolets.

Signe particulier : Aurélien Scholl est affligé d'une myopie de première catégorie.

Un jour, sur le boulevard, il a tendu la main à M. Guizot en lui disant : Mon cher ami, je suis content de tes échos d'hier, ils ont du chien.

Scholl croyait parler à Wolff. — On n'est pas plus myope.

Dieu sait ce que l'avenir me réserve, pour oser m'en prendre à cet aristarque fameux ; mais comme j'ai peu de goût pour la musique italienne, commejesuis intimement convaincu que jamais l'Alboni ou Tamberlick ne seront mes interprètes, je passe outre. Ensuite, je puis l'avouer carrément, au grand jamais les compositeurs du Figaro n'auront à déchiffrer ma prose.

J'y vais donc gaiement.

Jouvin n'a rien de commun avec le fabricant de gants de ce nom.

Il a un an de plus que son beau-père, M. de Villemessant.

Jouvin n'est devenu critique que par accident, un jour qu'il n'avait pas autre chose à faire. Je me hâte d'ajouter que ce jour-là a été un jour très-hehreux, carie rédacteur en chef actuel du Figaro est un de nos critiques les plus consciencieux, des plus justes et des plus spirituels; si quelquefois il est dur envers le pauvre artiste ou le pauvre dramaturge qui débute, son style brillant et original, sa franchise lui font pardonner les imperfections de son cœur.

Une fois la plume à la main et au sortir d'une première, il est de ceux qui croient que c'est arrivé. Pour lui l'indulgence n'existe pas, il écrit ce qu'il pense ; il a horreur de la réclame sous quelque forme qu'elle se présente, aussi plusieurs de nos auteurs et plusieurs de nos artistes lui doivent-ils d'être

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