La jeunesse féminine
Ici encore voyez un peu comment nous procédons. Comme nous faisons des jeunes gens de la classe bourgeoise des bacheliers, et des enfants de la classe populaire de petits diplômés, on a chez nous la manie de faire des jeunes filles des demoiselles^ c'est-à-dire des créatures agréables qui rendent des décrets absolus sur les choses futiles. C'est une de nos grandes erreurs. La femme a deux rôles à remplir : 1° par sa foi et sa vertu solide, elle fait les mœurs, elle fait la famille; elle est la conscience du foyer; 2° elle en est le charme, elle en est la providence. Elle veille à tous les besoins de l'intérieur. Elle sait tenir un salon, mais ellr sait aussi en sortir pour surveiller la cuisine et la basse-cour. Or, l'instruction que l'on donne aux jeunes filles chez nous est généralement trop supei*ficielle et pas assez pratique.
M'est avis que nous faisons fausse route. Tenez. Nous ne sommes pas obligés de copier ce qui se
fait à l'étranger. Mais il n'est point inutile de le connaître.
Dans ces dernières années on a créé à New-York un véritable Institut agricole pour les jeunes filles, 011 on leur enseigne tout ce qui rentre dans les attributions d'une bonne fermière, c'est-à-dire avec la religion, la morale et la littérature, un peu d'arboriculture, de jardinage, de botanique et de sciences naturelles... où on leur apprend à confectionner leurs vêtements, à préparer elles-mêmes les mets simples de l'alimentation ordinaire, et les mets d'extra ou de luxe réservés aux jours de fête.
En Belgique, à l'heure qu'il est, on ne compte plus les écoles ménagères pour les petites filles du peuple. Et, dans tous les grands pensionnats tenus par les religieuses enseignantes, oiî les fermiers ont l'habitude d'envoyer leurs filles, on donne couramment à la jeunesse féminine des leçons de travail manuel, de couture, de cuisine, de tenue de maison, à l'exclusion des leçons de piano.
Allons, Messieurs, travaillons à bien former la jeunesse. Je viens de vous dire quelque chose de son instruction. Mais ce n'est pas là le plus diffi- <A\q et le plus nécessaire. L'essentiel est de bien élever la jeunesse. Je lisais hier cette parole malheureusement vraie : « au lieu d'être menacés de la barbarie par les armes, nous marchons à elle par les idées ». Oui, c'est cela, Messieurs. Les idées per-
vertissantes de l'éducation sans Dieu empoisonnent la jeunesse et nous conduisent à la barbarie. Catholiques, ouvrez l'œil pour voir et les lèvres pour protester. Arrêtez les malfaiteurs publics qui déchristianisent les âmes. Sauvez l'avenir, en sauvant la jeunesse.
Amen!
TRENTE-DEUXIÈME CONFÉRENCE