‹ Nos plaies socialesChapitre 19 sur 133 · LA PROFANATION DU DIMANCHE ET LES BESOINS DU CORPS · texte numérisé non relu

LA PROFANATION DU DIMANCHE ET LES BESOINS DU CORPS

Messieurs,

La profanation du dimanche est la première de nos plaies sociales. Elle abaisse le niveau religieux et le niveau moral de la nation. Elle fait plus. Elle atteint l'homme jusque dans son être physique. Elle déprime non seulement la vie religieuse et la vie morale, mais la vie matérielle ; non seulement les âmes, mais les corps.

L'homme n'est pas un pur esprit comme l'ange. Il a un corps. Et à ce titre il a besoin de repos périodique, du repos hebdomadaire, du repos dominical. Et, bien qu'il mange le dimanche comme les autres jours, il peut et il doit ce jour-là se reposer. C'est une nécessité de sa nature autant qu'une loi de sa conscience. Je réclame donc pour le corps de l'homme

L Le repos périodique.

L'homme ne peut pas toujours travailler. C'est

évident. Les philosophes, les savants, les économistes, tout le monde en convient. L'expérience universelle en fait foi. Le travail sans trêve épuise bientôt les santés les plus robustes. Il faut h l'homme un repos périodique, et ce repos périodique, rien ne peut le remplacer, pas même le sommeil, pas même la nourriture la plus fortifiante. L'homme ne peut pas toujours travailler. Que dis-je?

Les animaux eux-mêmes ont besoin d'un repos périodique. Si je suis bien renseigné, à Paris, les chevaux de fiacre ont un jour de repos sur cinq, et les chevaux d'omnibus un jour de repos sur quatre. Heureuses bêtes! Les cochers, les conducteurs d'omnibus et de trains, les pauvres ouvriers ne sont pas toujours aussi bien traités. Combien qui ne peuvent pas disposer d'une journée sur sept ! 11 semblerait «jue, dans une société sans religion, l'être humain a moins de valeur, mérite moins d'égards que les animaux sans raison. Notre siècle refuse à l'homme ce qu'il accorde à l'animal... C'est un crime de lèse-humanité. Non, l'homme ne peut pas toujours travailler. Tenez,

Les métaux eux-mêmes ont besoin d'un repos périodique. Un savant vient de reconnaître expérimentalement que, dans les ateliers, les fils £'xe-> triques ne se comportent point semblahlemeni tous

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les jours de la semaine. Du lundi au samedi leur capacité conductrice va diminuant; puis, grâce au repos dominical, elle reprend toute sa vigueur. Il en est de même des outils. Il en est de môme des machines qu'on évite de surmener, et qu'on laisse au repos de temps en temps. Si donc l'homme devait toujours travailler, sa condition serait plus dure que celle des animaux, plus dure même que celle des êtres inanimés, puisque les chemins de fer imposent des temps d'arrêt aux muscles d'acier de leurs locomotives. Je réclame pour le corps de l'homme le repos périodique.

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