‹ Nos poètesChapitre 13 sur 17 · DÉCADENTS & SYMBOLISTES · texte numérisé non relu

DÉCADENTS & SYMBOLISTES

D'école décadente proprement dite, ayant un maître et des disciples, et des principes nettement formulés qui se puissent discuter, il n'y en eut, à vrai dire, jamais. Il y eut seulement ceci : Deux poètes du Parnasse, de tempérament très différent et de valeur très inégale, M. Paul Verlaine et M. Stéphane Mallarmé, étaient arrivés, chacun de son côté, et, à ce qu'il semble, sans grand souci du succès ni delà réclame, à une façon d'écriro très personnelle, et la moins faite du monde pour être imitée. Ils y étaient arrivés, l'un par une sorte d'exaspération des sens, l'autre par une manière de dérangement des facultés cérébrales. Des jeunes

gens, qui n'avaient ni les sens exaspérés comme le premier, ni peut-être même (en dépit des apparences) le cerveau ébranlé comme le second, mais qui avaient, en revanche, un grand amour du bizarre, et un grand désir d'étonner leurs contemporains, imitèrent à froid les étrangetés de ces deux maîtres. Parmi ces jeunes, un seul, M. Jean Moréas, fit preuve de talent. Les autres sont, peu s'en faut, négligeables.

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