LIVRE VIII
«Eiiù'j'j'jiij! i'Ji'JimjJîii;,
Vife le roi !
Un SOl75-PRÉF£T PE MON lAYS.
%rrit»f U roi.
Il avait été convenu que Suf^er, acliniiit.>traieuihahile , resterait à ParU, alors siéf^e principal du l^nuvorot'nient ; mais convenu en lot^me lenjp!i c|u'il veillerait à la sûreté de tous lieux circnnvoisins; que, le cas écliéanl , à la déténsive il substituerait I oileuAivc , soumettrait les turiiulenls et rel>elle.s ; puis qu nue fois Pans el ses eu-
virons pacifiés , il rejoindrait Lois , lequel pourrait avoir besoin de son assistance.
Seul donc, le roi s'achemina vers Chauny : suivi de bonnes troupes.
Il s'arrêta en route... plus d'une fois : recevant ici des hommages ; là entendant des menaces, ailleurs des plaintes ; rudoyant les uns, promettant aux autres justice ; notant les endroits où il aurait à sévir, et ceux qu'il lui faudrait surveiller, et ceux sur lesquels il pouvait compter ; portant partout les jeux , et si avant que possible...
Puis à la fin, cependant , il fit son entrée dans Chauny... : entrée bien superbissime et qui fut saluée de mille acclamations.
Las ! le peuple est si bon , si facile à contenter, et se contente de si peu ! Vous qui êtes grand , souriez-lui quand vous passez ; donnezlui la main ; faites-lui un présent le plus simple : il sera tout heureux, vous bénira , vous aimera^ vous dira qu'il vous aime ! Venez à son aide parfois , il vous trouvera le meilleur des hommes.
Venez à son aide , vous qui t^tes roi I Que ce »oil dans voire intérêt ou dans le sien , en vue de contenter une personnelle ambition ou de satisfaire un besoin public..., venez à son aide : on ne recherchera pas vos motifs , on ne verra que la chose; et vous serez un (^rand roi, un sublime roi, le plus ma(;nitujue des rois... Oh! oui, le peuple est bon...
ïjjAyjTJiJs n.
DrflVnJre tl«» ceU qui robuinit Ia^ inètnet j;n«x et garder, Smit or piiK <>n grnnl 4« r*l«er i^ue II AMtrr , t-l |4u<
Uft BlE2K.
«Ifdinment «»( ^armi 1rs rois n'a iii , n>st^ rt n^ sera jamais popaCairr.
Or^ 6achons-l(> liini :
Me^sire Lois - Ir - Gros ncsl point venu .« Chaiiny pour l.i plii< i;r.inil<' joir Je et* pniivrt» pi'iipic. .
Il est venu , le messire , pour le plus grand affermissement de son trône ; et c'est tout.
Son intérêt actuel exige qu'il fasse avec le populaire cause commune. Avec lui donc il fera cause commune... aujourd'hui; et, sa couronne une fois bien assise sur son front , le laissera là...
Lois-le-Gros, certes, n'est pas pire qu'un autre. Ce roi-là vaut tous les rois; mais de ces sortes de graines la meilleure ne vaut rien. La meilleure n'engendre jamais qu'une plante voleuse , accapareuse, gourmande, envahissant tout et partout à son entour, desséchant, tuant, mangeant tout ce qu'elle touche, et même ne pouvant vivre d'autre manière. Pour laisser cette comparaison, disons simplement que le plus populaire des rois ne l'est pas et ne saurait l'être , s'il veut se conserver roi.
D'abord, il est né dans l'absolutisme, il l'a dès sa naissance sucé; il a été nourri, élevé pour lui. 11 est absolutiste par nature, et ensuite par éducation : il l'est forcément. Partant donc , plus il sera méchant pour son peuple, meilleur il sera roi.
Il sera mérliant , parce qu'il est de son intérêt qu'il le soit; parce que, plus il fera le peuple esclave et misérable, moins celui-ci pourra lui résister; parce que , plus il laissera le peuple dans rifjnorance', moins celui-ci aura idée qu'il est autant fjue ]f roi, moins il aura envie de le chasser et de prendre sa place : . . . . vous comprenez ?
Et néanmoins je ne prétends pas qu'en l'enfance des peuples, un roi ne soit chose qui doive être acceptée comme moyen transitoire. Loin de là : je me -suis assuré (et là-<lessus j'ai lon{;uement réfléchi ) qu'un peuple encore harhare avait besoin d'un chel. . . . tout autant qu'un nouveau-né a besoin d'une main qui (gouverne
ses premiers j>as \u surplus , c'est ici une
grande question , bonne à soutenir ailleurs...
Késumons-nous; et, une fois pour toutes, retenons ceci : savoir, qu'un roi, pf>ur t^lre roi, doit réduire autant que possible le peuple à vivre d'une \ie passive; que, s'il leconvie au festin réservé, s'il lui donne les avant -(^oùts de cette liberté si attrayante, il éveillera chez lui un sens inconnu... Dr, qui m'assure (|u'arrivé là, il ne voudra point
Il 0
le satisfaire pleinement? Et alors, où s'en va la couronne?
(Donc lesmeilleurs rois furent Louis xi, Louis XIV et Napoléon.)