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LES TEMPS ANTÉ-HIST0R1QUES

libre, et ce vaillant chef de file du progrès sera placé sur le glorieux piédestal des créateurs de la science et des bienfaiteurs de l'humanité.

C'est a César que commence d'ordinaire notre histoire ; Schmerling la fait remonter à des siècles de siècles avant Rome, avant le Christ, avant Odin, avant Jehovah. Ces tombes enlr 'ouvertes après des centaines de siècles, nous montrent le sol que nous foulons, occupé par une race qui ne connaît ni le fer, ni le bronze, ni le blé, qui taille grossièrement le silex, les os, la corne et le coquillage, qui vit de chasse et d'anthropophagie, qui mange l'ours, le renne, le renard et surtout le cheval, h en juger par la grande quantité d'os de cheval, brisés pour en sucer la moelle, quel'on trouve dans les cavernes; ces tombes de fossiles nous rendent les mœurs de nos pères ; et, quand on tient sous les yeux ces crânes qui attestent après tant de siècles l'origine antique de l'homme, et qu'on se reporto par la pensée aux temps où ces êtres qui furent nos semblables ont vécu au milieu des races gigantesques et des terribles convulsions du globe, on assiste, avec une terreur mêlée d'enthousiasme, aux durs commencements du genre humain qui ont fait croire a une malédiction céleste ; on bénit cette science exacte et indomptable qui va chercher dans les entrailles du sépulcr0 les fastes du passé et. les titres, d'antiquité de l'homme; puis, si l'on mesure en esprit les années qui nous séparent de ce berceau, quel que soit le nombre de siècles qu'on accumule, on y voit s'accumuler les travaux et les souffrances, les luttes et les conquêtes, les découvertes, les inventions, les progrès ! Merveilleuse puissance de l'esprit humain î ce sauvage ne connaît que la chasse, il va rassembler le troupeau, cultiver le blé; il taille le silex, il va trouver le bronze et forger le fer; il se réfugie dans les cavernes, il va bâtir la chaumière ; nous entourons nos forteresses de fossés, il va transporter sa cabane au milieu d es lacs; il se couvrait à peine de peaux de bêtes, il va lisser la laine. Puis, voyez-le cuire le pain et la chair, abattre les forêts, traverser les fleuves, endiguer la mer, et déjà les bêtes féroces se retirent devant lui; déjà il parle, et ce sublime effort de l'esprit va centupler sa puissance par l'échange des idées; déjà la famille existe, le clan annonce la cité, la religion bégaie, les arts chantent, la loi parle : coutumes barbares,

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