‹ Nos premiers siècles littérairesChapitre 39 sur 61 · LE SINGE ET LE RENARD · texte numérisé non relu

LE SINGE ET LE RENARD

Un singe, exempt de tout reproche,

Chez un bourgeois tournait la broche.

Un jour, le cuisinier pressé

Sur une table avait laissé

Toute rôtie une poularde.

« Mon singe fera bonne garde, »

S'était-il dit. — Mais Dom Renard

Guettait et convoitait sa part.

« Bon singe veut tout contrefaire,

Se dit-il, je tiens mon affaire. »

Renard danse, et le singe aussi :

Singe sait danser, Dieu merci !

Renard, après chaque guimbarde,

Se rapproche de la poularde.

Ils font la moue à qui mieux mieux.

Enfin Renard cligne les yeux

Et de ses pattes il les cache ;

Le singe aussi fait cache-cache !

Il est pris au piège. Aussitôt

Renard se jette sur le rôt.

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