‹ Nos premiers siècles littérairesChapitre 52 sur 61 · V.\r< MAERLANT · texte numérisé non relu

V.\r< MAERLANT

toire rimée les mômes reproches, au nom de la vérité. Van Maerlant, cependant, luttait pour une bonne- cause; il a cou-* tribué à donner à la Flandre la culture de sa langue et le goût des connaissances utiles. Du genre didactique, admis et pratU que partout, il fit une sorte d'école nationale, bien appropriée à l'esprit des Flandres, école qui produisit une série- de chroniqueurs et qui devait plus tard trouver une renaissance glorieuse sous le La Fontaine des flamands : le bon Gats.

Van Maerlant n'a guère écrit que des traductions, et ce re* proche a été étendu quelquefois à toute la poésie flamande, très riche en vérité sur ce point. Mais, pour lui faire de cet esprit de cosmopolitisme un grief, il faut oublier qu'au moyen âge, les langues modernes ont puisé une grande partie de leurs sujets dans les poésies antérieures, latines ou vulgaires ; qu'en traduisant en flamand les poètes latins du Reinardus Vulpe&, ou de VAlexandride, par exemple, la Flandre ne faisait que con*tinuer son propre travail littéraire, et qu'en demandant aux autres peuples leurs meilleures inspirations pour les vulgariser chez elle, elle fraternisait avec l'esprit des autres races et se reliait à la vie générale. Enfin, le style à créer dans une langue et la propagation des connaissances utiles, s'accommodent mieux de la traduction que de la oréation personnelle. Van Maerlant a excellé en ces deux points, età toutes ses imitation*, il a mêlé des inspirations originales et donné son cachet personnel. Est-ce que Montaigne et Régnier au seizième siècle, est-ce que les poêles français du dix- septième siècle ont fait autre chose? Ils ont créé la littérature française» Ainsi Van Maerlant fut « le père de la poésie flamande. »

L'esprit qui règne dans cette encyclopédie flamande doit être évidemment celui de l'époque. Van Maerlant mêle à une foi naïve une hardiesse dont la candeur n'est pas moins grande. Les fables mystiques, les anachronismes et les superstitions se confondent, on pourrait dire s'harmonisent, dans son œuvre, avec des" sorties acerbes et de vigoureuses satires. Ce serait étrangement se tromper de voir en lui un précurseur des réformes. S'il fut révolutionnaire, ce fut sans le savoir et sans, le vouloir. Il adore la sainte Vierge avec le môme enthousiasme qu'il attaque les courtisans et ridiculise la noblesse. Il célèbre le» folies de la croix, de saint François, de la, môme plume qui va flageller l'avarice, l'orgueil, la simonie, la luxure de ce&

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