‹ Nos quatre historiens modernes: Garneau, Bibaud, Ferland, Faillon [microforme]Chapitre 10 sur 20 · IX.— ZLes Aborigènes d'Amérique — Leurs rites morluaires · texte numérisé non relu

IX.— ZLes Aborigènes d'Amérique — Leurs rites morluaires

Par J.-M, LEeMoinr.

(Lu le 22 mai 1884.) MESSIEURS,

Les amis de l'histoire ot de ]

‘archéologie parmi vous m leur soumettre quelques obse

iront gré, j'ose le re, de rvations sur les rites mortunires des aborigènes de l'An que N'allez pas croire que Sagard, Marc Lescatbot, Lafitau, Perrot, Charlevoix et le vains qui leur ont succédé, nous aient donné le dernier mot sur tout ce qui se rattach cette question si complexe: l'origine de l'homme roug ces contrées, que les premiers explorateurs y re siècle ou avant,

d'Amérique — le fareuche roi d

hcontrerent au commencement du lemi

L'archéologie américaine — l'américanisme, comine on dit en France

primitives de ce continent,

l'étude lo= logique et ethnologique des races ces innombrables tribus agnes Rocheuses — depuis Le Pacilique — voilà, n'en doutons pas, un sujet d'un i comme Ja nôtre,

lonnées du Labrador aux mont Mississipi jusqu'à la

crél majeur pour une association

Pourquoi le Canada français n'aurait-il pas ses chéologues aussi bien que poètes et ses littérateurs ? En ce moment, la France s ntifique s'occupe activement l'archéologie de l'Amérique; et la Société américaine d France, établie en 18 parmi ses fondateurs toute une pléiade de Burnouf, Bonnetty, Cortambert, Léon de

57, comp savants, tels que Malte-Brun, Alfred Maury, Rosny, Madier de lontjau, Tomard, I Chez nos compatriotes d'une autre origine, au Canada, l'on voit un groupe de zélés chercheurs : MM. Dawson, Wilson, Campbell, Reade, Whit. ves, Matthew, Hind, dont les écrits ont jeté beaucoup de jour sur tout ce qui se orisine, leur mythologie, leurs croy

rattache aux peuplades indiennes, — leur ances religieuses, leurs su variés, leur conformation physique, leurs rites et Jusqu'au moment où cette société vit le jour à leurs efforts individuels.

erstitions, leurs dialectes si cérémonies funèbres, ete,

, ces laborieux savants avaient été laissés Is étaient sans organisation, sans aide de l'Etat national pour recueillir les curieux monume hitroglyphes

, Sans musée nts, les vestiges , leurs sculptures sur pierre où sur bois, les ustensils domestiques, Les armes des guerrier

* ces races éteintes, leurs mboles des tribus, leurs s, les crânes et les squelettes, velle a donc commencé ; il nous est permis de dire: A/tior

Examinons maintenant où en est l'archéologie chez nos voisins. C’est surtout Henry R. Schoolcraft qui a fait de l’archéologi Unis.

Des VOVAPES goe

royages, ses recherces ont absorbé plus de trente anné

Une ère noulendiaus,

ine spécialité aux Etats-

de son existence. Au

reste M. Schoolcraft a joui de rares avantages pour étudier l'homme des bois, pour sou-

86 J-M, TEMOINE

lever un coin du voile qui recouvre cette étrange nature, pour pénétrer à travers l'écorce de cette organisation exceptionnelle, inaccessible au progrès, aux lumières de la civilisation. Il a vécu de longues années parmi les aborigènes, où il épousa la petitefille d'un grand chef, une femme doute des plus éminentes qualités du cœur et de l'esprit. L'idée de son magnifique travail, dont le premier volume vit le jour en 1860, fut conçue en 1846. Cette année-là, avec l'appui de plusieurs amis de la science, Schoolcraft présenta un mémoire au Congrès, l'invitant à s’'enquérir de l'histoire, de la condition et de la destinée des races indiennes des Etats-Unis. Le 4 mars 1847, le Congrès donna instruction au secrétaire de la guerre, dont relevait le Bureau des sauvages, de faire préparer un rapport sur cette matière, et M. Schoolcraft fut chargé de le dresser, Les six in-quarto de Nchoolcraft !enrichis de nombreuses gravures, de planches coloriées, de dessins fort variés etexécutés avec luxe, ont servi pour ainsi dire de point de départ à la plupart des archéologues qui sont venus après Jui, et le nombre en est grand.

Mais passons sous silence les recherches de Schoolcraft, Catlin, Hubert Bancroft, Hale, Abbot, ete. toutes précieuses qu'elles sont, pour signaler les travaux des archéologues du bureau d'ethnologie de Washington, présidé par le major J. W. Powell, cette partie du moins qui a trait aux rites funèbres des peuplades sauvages. Que d’études profondes à faire sur les langues indiennes, ces douze cents dialectes dont on a constaté l'existence en Amérique !

Que de points d'analogie et de comparaison entre les vocabulaires, ? la construction de la phrase, la consonnance des mots, la pictographie, les hiéroglyphes de ces races, et le langage, les us et coutumes des peuplades de l'Asie et de l'Europe! L'homme blane, l'homme rouge, l'homme noir ont-ils tous une commune et unique origine ? Nous le pensons. Bien que certains écrivains aient prétendu qu'il se rencontrait en Amérique des ruines qui remontent à cinq siècles après la fondation de Babylonne, on n'a encore rien découvert qui dénote chez nos aborigènes une civilisation avancée, des arts perfectionnés, — Pas même chez les mouxd builders, constracteurs de monticules de l'Amérique centrale. L'archéologie chez nous ne ressemble nullement à celle de la vieille Europe, où une colonne sculptée, un torse antique, comme l'a dit le professeur Wilson, revèle l'ère de Thémistocle ou d'Auguste. Chez nous, l'historien des âges préhistoriques trouve peu de matériaux pour exercer sa science, tandis que l'archéologue, bien qu'il manque de traditions sur l'époque antérieure à la découverte du continent, recueille une ample moisson parmi les ruines et les monuments dont l'origine semble postérieure à cette date, et peut en tirer de lumineuses conclusions.

Le domaine de l'archéologie en Amérique est beaucoup trop vaste pour être exploré en un seul jour. Etudions, Messieurs, pour le quart d'heure, l’aborigène sous un des aspects les plus intéressants de son étrange nature : la sépulture donnée à ses morts. Il ÿ à au moins sept modes principaux de sépulture chez les races indiennes.

10 L'enfouissement des cadavres dans des fosses ou excavations, dans des tertres élevés de main d'homme, dans des huttes, sous des tentes, ou bien encore au fond des cavernes,

ARCHIVES OF ABORIGINAL KNOWLEDGD of the Indian tribes of the United States, by Henry R. Schoolcraft, LLD, Philadelphia, 1860, ? Voir la confér }

D] renco nc dovant la Société littéraire ot historique, à Québec, le 17 décembro 1880, par M, lo professeur J, Campbell, MA. de Montréal,

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