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20 L'embaumement, qui consiste à transformer les dépouilles mortelles en momies, avant de les confier à la terre, aux cavernes, aux tentes, ou à des échafauds élevés sur le sol, où à des charniers ou ossuaires, etc,
30 Le dépôt du cadavre dans une urne.
do La sépulture dans des arbres creux ou sous des monceaux d'écorce ou de pierre, à la surface du sol.
50 La crémation partielle ou totale des corps, et le dépôt subséquent des os caleinés ou des cendres dans des urnes ou des boites hissées sur des échafands on dans les arbres, ete,
60 La sépulture aérienne, laquelle consiste à déposer les cadavres dans des huttes, on bien encore de les enfermer dans des pirogues ou des boîtes élevées sur des estrades ou poteaux, où bien déposés à la surface de la terre. Quelquefois la dépouille des jeunes enfants était enfermée dans des paniers, puis suspendue aux rameaux des arbres.
To La sépulture sous l'onde, où dans des pirogues que l'on lançait à la dérive, ete.
Le procédé le plus usité semble avoir été l'inhumation sous terre. “ Les Iroquois de la nouvelle York, dit Schoolcraft, creusaient un trou profond : on y enfouissait le cadavre du défunt dressé sur ses pieds ou ramassé sur ses hanches. On reconvrait le trou avec des troncs d'arbres, afin de garantir le corps du contact avec la terre qui le recouvrait, Puis on élevait le sol en forme de tertre ou de retranchement sphérique. Le mort était revêtu de ses plus beaux habits; on lui faisait don de wampums et autres effets. Les parents tenaient la fosse dégarnie d'herbe, et s'y rendaient à diverses reprises pour y faire des lamentations.”
L'historien Tawson” décrit comme suit les rites funèbres des Indiens qui jadis habitaient les Carolines : “ Chez les tribus de la Caroline, la sépulture des morts était accompagnée de cérémonies particulières dont l'étendue et le coût se mesuraient au ‘ang des trépassés. On plaçait d'abord le corps sur un brancard de branches, puis on le reléguait dans une hutte construite pour l'occasion, où les parents, les cheveux en désordre, venaient le pleurer pendant un jour et une nuit. Ceux qui devaient prendre part aux funérailles s’'acheminaient vers la bourgade, et, chemin faisant, ils arrachaient des épaules de ceux qu'ils rencontraient les couvertures et vêtements qu'ils jugeaient nécessaires à la cérémonie, On en revêtait le cadavre, puis on le recouvrait de deux ou trois nattes de jones ou de cannes.
“ Le cercueil était fait de cannes tressées, où de jones creux, liés aux deux extrémités. Quand tout était prêt pour la sépulture, on transportait le corps, de la hutte où il avait été d'abord déposé, dans un verger de pêchers, où un autre brancard le recevait. La ge réunissaient la famille du défunt, sa tribu et les invités.
“ Le jongleur, ayant commandé le silence, prononçait l’oraison funèbre du mort, racontant sa bravoure, son habileté, son patriotisme, ses richesses, son prestige parmi les guerriers, commentant sur le vide que sa mort allait creuser, et exhortant les survivants à le remplacer en marchant sur ses traces, décrivant le bonheur qui l’attendait dans le pays des esprits où il était rendu, et couronnant sa harangue par une allusion aux principales traditions de la tribu.
Finalement le cadavre était porté de ce brancard à la fosse par quaire jeunes gens,
* Hist, of Carolina, 1714, p. 181, cité par Schoolcraft, p. 93,
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escortés par les parents, le roi, les vieillards, la nation entière, Une fois arrivé au sépulcre, profond de six pieds et long de huit ou peu s'en faut, où l'on avait solidement enfoncé dans le sol deux fourches sur lesquelles reposait une perche, on matelassait le fond du Sépulere d'écorces d'arbre : on ÿ déposait le corps avec les deux ceintures ou lanières qui avaient servi à porter le cercueil; on plaçait ensuite nombre de bâches de pin résineux appuyées sur la perche, pour servir d'ornement autour du mort, Alors on ajoutait de la terre en forme de voute Pour garantir le cadavre du contact de l'air.”
Après un certain temps on l'exhumait et on déposait les os dénudés dans l'ossuaire, que DeBry et Lafitan nomment le “Quiogozon.” Les rites funèbres chez ces peuples ont subi plusieurs modilications, depuis ces lointaines époques. On se sert davantage de cercueils, et le mort est toujours enterré la tête vers l'ouest. On a supprimé l'oraison funèbre ; mais le festin des morts et les autres cérémonies de deuil se pratiquent toujours,
Les Cries et les Séminoles de la Floride, en 1855, enterraient les morts de la manière suivante : Quand! un membre de a famille meurt, les parents inhument le mort à quatre pieds de profondeur à peu près, dans un trou rond creusé sous la hutte ou le rocher même où il expira, On place le cadavre dans la fosse. dans l'attitude d'une personne assise — enveloppée d'une couverture et Les jambes recourbées et lices ensemble,
"Ni c'est un guerrier on le tatoue:; on lui donne son calumet, ses armes, ses décorations. On ajoute à Ja fosse des baguettes liées à un cercle. On recouvre le tout d'une couche de terre suflisamment forte pour supporter le poids d'un homme. Les parents hurlent à tue-tête et pleurent en publie quatre jours durant. Quand le défunt a été de SOù vivant un homme éminent, sa unille quitte son ancienne résidence pour s'en construire une nouvelle, persuadée que là où gisent les os de ses morts. le lieu est infesté d'esprits et de spectres malfaisants.”
Les Comanches ont un mode particulier de disposer de leurs morts, Sans s'occuper du contact des restes avec la terre :
“Quand? un Comanche tire à sa fin et que le râle de l'agonie va faibliesant. on profite de ce que le corps est encore chaud et Iexible pour lui replier les genoux sur la poitrine et les jambes sous les cuisses. On lui ploie les bras sur chaque côté de l'estomac et on lui courbe Ja tête sur les genoux au moyen d'une lanière qui la retient fermement dans cette position. Alors on enveloppe le corps d'une couverture, et une seconde lanière affermit le tout: de sorte que le défunt semble être un objet rond et compact, On lie le cadavre sur le dos d'un cheval : une Squaw monte en croupe, où deux femmes marchent de chaque coté du cheval pour tenir le défunt en place jusqu'au lieu de la sépulture. Puis on le Jette duns l'excavation préparée, Le mort n'a d'autre cortège funèbre que deux ou trois femmes. L'on transporte d'ordinaire le corps à l’ouest de la bourgade, et on l'enfouit sans façon dans une des profondes ravines OÙ canons du pays des Comanches. On enterre le guerrier avec son are ef sos flèches ; mais après avoir rompu ces dernières. On dépose aussi dans la tombe la selle de son cheval etautres objets de valeur, Puis on recouvre la fosse de fagots, de terre, et quelquefois de pierres,
Parmi les cérémonies funèbres, notons la coutume de tuer. près de la fosse, le meilleur cheval du défunt, pour donner occasion à ce dernier de faire acte de présence dans l'autre monde sur une monture vigoureuse et bien caparaçonnée,
ist nd. Tribos of U, 8, 1855, pt, V, p. 270.
Annual Report ofthe Bureau of Ethnology, U,S, 1879-80, p, 99,
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sépulcre, à Anciennement, si le défunt avait été un chef ou une personne d'importance, possesseur | enfoncé d de vastes troupeaux de chevaux sauvages, on lui sacriliait de deux cents à trois cents de fond du : ces derniers, lanières Les Comanches et les Wichitas — bons cavaliers — racontent le trait suivant, pour résineux À prouver la nécessité de pourvoir les morts d'équipages convenables, au moment où ils ait de la | abordent le séjour des bienheureux :
Un jour, un Comanche, vieux, pauvre et sans parents, mourut. Quelques membres ossuaire, de la tribu furent d'avis qu'il importait peu quelle monture il aurait pour faire son entrée
iples ont dans le pays des ombres. On tua donc près de sa tombe une vieille haridelle qui avait e de cer- une oreille pendante. Peu de semaines après la sépulture du pauvre homme, il revint
on funè- monté sur la même rosse fatiguée et affamée. Il se rendit en premier lieu au camp des
)UTS, Wichitas où il était bien connu, et demanda des vivres ; mais sa mine hideuse, ses yeux manière | éteints, ses joues creuses inspirèrent de l'effroi à tous les spectateurs ; ils se sauvèrent, ÿ mort à Un guerrier doué d'un courage plus robuste que ses compagnons se hasarda à lui présenter
e rocher au bout d'une longue perche un morceau de viande. Le défunt se rendit ensuite à son
propre camp, où il inspira, si c'était possible, une terreur encore plus vive que chez les
Wichitas. Comanches et Wichitas quittèrent l'endroit, et allèrent s'établir ailleurs.
j “L'âme en peine questionnée pourquoi elle était revenue de la sorte parmi les vivants, fit réponse que lorsqu'elle s'était présentée à la porte du paradis, les gardiens avaient refusé net de le laisser passer outre sur sa misérable monture. Elle avait donc pris le triste parti de revenir en ce monde rejoindre ceux dont la lésinerie lui avait procuré cette triste haridelle, Depuis ce temps, nul Comanche trépassé ne s’est mis en route pour le royaume du soleil couchant, sans être pourvu d'un coursier capable de faire honneur à son cavalier, aussi bien qu'aux amis qui le fournissent.
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per du “ Le cortège quitte la hutte du côté du soleil couchant, afin que le trépassé puisse
accompagner l’astre du jour au pays des ombres. Ses mânes se mettent en route le soir
profite même du lendemain de la mort,
rine et “On brüle la hutte, les couvertures, les habits, les objets de prix du défunt, tout, excepté
ce qui à été enterré avec lui-même, ses voitures, ses harnais. [L'on pleure, l'on se lamente, l'on se dépouille de ses vêtements, pour se revêtir de haillons. Une jeune épouse, une mère dévouée se fera des incisions aux bras, au corps, avec des couteaux ou des ciseaux de pierre, au point de tomber en défaillance par la perte du sang. On engage des pleureuses, versées dans l’art de se lamenter. Les proches se dénudent le crâne de cheveux, en tout où en partie. Ni le défunt était un chef, les jeunes guerriers se coupent la chevelure du côté gauche.
on lui s cette “mit le Ye sur haque on Île 1 trois
t sans “ Durant les premiers jours qui suivent la mort, le deuil se continue surtout au lever ou
au coucher du soleil, car le Comanche adore le soleil. Pour un guerrier mort en été, le deuil dure jusqu'à la chute des feuilles. Quant à celui qui expire en hiver, on continue de le pleurer jusqu'à ce que les feuilles reverdissent.”
“ Chose digne de remarque, ajoute le Dr H. C. Yarrow, les rites funèbres chez les Comanches sont presque identiques avec celui de certaines tribus de l'Afrique... L'usage de louer des personnes pour pleurer date de la plus haute antiquité.”
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Sec. I, 1884 — 12.
Ho m2 90 J.-M. LeMOINE ni NÉPULTURES HORS DE TERRE tal Ceux qui sont eurieux de connaitre les modifications que les sépultures indiennes ont ent subies là où les missionnaires ont pénétré, liront avec intérét la partie du mémoire du Dr | Varrow, qui décrit les cérémonies funèbres des Pueblos, au nouveau Mexique, d'après le | cos Juge Antony Joseph. ind On remarquera, entre autres, la coutume singulière de la tribu des Caddoes. qui ne ; confient pas à la terre la dépouille de leurs guerriers morts sur le champ de bataille, mais | s’en remettent aux bêtes fauves et aux oiseaux de proie du soin de les faire disparaitre, — le sort de ces guerriers dans le pays des âmes étant réputé préférable à celui de ceux qui | meurent de mort naturelle. Au reste cette pratique de jeter les cadavres à la voirie | existait chez les anciens Perses, les Mèdes. les Parthes, les Ilyriens, ete., au rapport de Bruhier et de Pierre Mouret. Tout ce chapitre du mémoire, où sont décrits les divers modes de sépulture mentionnés dans les récits de voyage anciens et modernes, mérite un L spé examen attentif (Awwral Report of Bureau oj Ethnology, U. K., 1879-80, pp. 101-8.) | son ho) CYSTES OU TOMBEAUX EN PIERRE Ÿ de Ce genre de sépulture semble surtout avoir été pratiqué dans les Etats du Tennessee, te de llinois, du Kentucky, ainsi que dans l'Amérique centrale. (Report of Bureau of Elno- Fe =. logy, p. 115). ‘ An On remarque chez ces aborigènes la même préoccupation que celle que nous avons par notée plus haut: préserver le cadavre du contact de la terre. après la mort. A cette fin on Het creusait le sol de douze à dix-huit pouces de profondeur, puis l'on confectionnait, au D moyen de pierres plates, une espèce de tombe, quelquefois en y ajoutant une pierre en toi guise de couvercle. Les tombeaux des races primitives de la Gaule, trouvés près de Dr Nolutré, France, en 1873, ressemblaient à ceux qui furent découverts par Moses Fiske, au Fee Tennessee, Les cadavres avaient été vraisemblablement repliés, comme si la personne “re était assise, Quelquefois les tombeaux des hommes contenaient des pipes, des marteaux, ton des dards de flèches en pierre ; on trouvait aussi des morceaux de poterie, des perles, ete. dans celui des femmes.
L'archéologue Bancroft® décrit comme suit le mode de sépulture par eyste, chez les Dorachos de l'Amérique centrale : A Veragua, les Dorachos avaient deux modes de sépulture. Le tombeau des chefs était fait de pierres plates, relevées solidement : on y déposait À pla des urnes précieuses remplies de vin et de nourriture pour les morts. On enterrait le ; peuple dans des tranchées où étaient déposées des cruches de vin et des vases pleins de ma mis ; le reste de la tranchée était rempli de pierres, En quelques endroits de Panama lett et de Darwin, les chefs et les orands, sculs. récevalent des honneurs funèbres. Chez le qu peuple, dés qu'un individu sentait les approches de la mort, il s'acheminait ou se faisait qu’ conduire vers la forêt par son épouse, sa famille ou ses amis, qui lui apportaient des épis où : de bled ou des gateaux et un vase rempli d'eau, puis le laissaient à son sort. exposé souvent der à la voracité des bôtes fauves. D'autres, plus respectueux envers leurs morts, les enfer- de maient dans des sépulcres où ils pratiquaient des niches pour retevoir du vin et du ot]
Nat, Races of the Pacific States, 1874, Vol. L, p. 780,
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mais, qu'ils renouvelaient chaque année. Chez certaines peuplades, quand la mère expirait avec un enfant à la mamelle, l'enfant vivant était déposé sur le sein de sa mère et enterré avec elle, afin qu'elle püt l’allaiter même au delà de la tombe.” (A. Bancroft ).
La tendresse maternelle avait chez ces peuples des secrets, des mystères que ne comprenait pas même Millevoye, quand il chantait en vers si harmonieux les sépultures indiennes du Canada :
Les yeux levés au ciel, la mère désolée S'approche avec lenteur de l'étroit mausolée,
Et, soupirant le nom de cet enfant chéri,
Répand sur son tombeau le lait qui l'eût nourri !