NÉPULTURE DANS OU SOUS LES WIGWAMS
Butel de Dumont décrit comme suit un mode de sépulture usité chez certaines peuplades de la Louisiane, en 1758 :
“Les Paskagoulas et les Billoxis n’enterrent point leur Chef, lorsqu'il est décédé ; mais ils font sécher son cadavre au feu et à la fumée, de façon qu'ils en font un vrai squelette. Après l'avoir réduit en cet état, ils le portent au Temple (car ils en ont un, ainsi que les Natchez), et le mettent à la place de son prédécesseur, qu'ils tirent de l'endroit qu'il occupait, pour le porter avec les corps de leurs autres Chefs dans le fond du Temple, où ils sont tous rangés de suite, dressés sur leurs pieds comme des statues. A l'égard du dernier mort, il est exposé à l’entrée de ce Temple sur une espèce d'autel ou de table faite de cannes, et couvert d’une natte très-fine travaillée fort proprement en carreaux rouges et jaunes avec la peau de ces mêmes cannes. Le cadavre du Chef est exposé au milieu de
? Me. Hisr, sur la Louisiane, 1753, Vol, I, pp. 241-453.
cette table droit sur ses pieds, soutenu par derrière par une lon
igue perche peinte en rouge, dont le bout passe au-dessus de su tête, e
t à laquelle il est attaché par le milieu du corps avec une liane, D'une main il tient un casse-tête où une petite hache, de ] pipe; et au-dessus de sa tôte est attaché, au bout de la pere] le plus fameux de tous ceux
autre une te qui le soutient, le Calumet qui lui ont été présentés pendant sa vie. Du reste cette
table n'est guère élevée de terre que d'un demi-pied ; mais elle a au moins six pieds de large et dix de longueur.
‘ C'est sur cette table qu'on vient tous les jours se
rvir à manovor à ce Chef mort, en mettant devant li des plats de sagamité
, du bled grolé ou boucané, ete, C'est là aussi qu'au commencement de toutes les récoltes ses Sujets vont lui offrir los premiers de tous Tout ce qui lui est présenté de la sorte reste sur cette table ; et, comme la porte de ce Temple pour y veiller, que d'ailleurs il est
que ce sont ordinairement di et de ces fruits,
Les fruits qu'ils peuvent re uoillir,
‘st toujours ouverte, qu'il n'y à personne, préposé éloigné du Village d'un grand quart de lieue, il arrive Etrangers, Chasseurs ou Nauvages, qui profitent de ces mets OÙ Qu'ils sont consommés par les animaux. Mais cela est 6e
cal à ces sauvages; et, moins il en reste lorsqu'ils y retournent le lendemain, plus ils sont dans ln joie
, et que par conséquent il est content d'eux, quoiqu'il
Pour leur ouvrir les yeux sur l'extravagance de cette pratique, on
disant que leur Chef a bien manoé les ait abandonnés.
a beau leur représenter, ce qu'ils ne peuvent s'empêcher de voir eux-mêmes, que ce n'est Pas ce mort qui mange; ils répondent que si qui offre à qui il lui l
de leurs père, d
nest pas lui, c’est toujours lui an moins uit ce qui a été mis sur la table e leur mère, de leur parens ne Sauroient mieux faire que de suivre ]
; qu'après tout c'était la pratique ; Qu'ils n'ont pas plus d'esprit qu'eux, et qu'ils eur exemple,
‘ C'est aussi devant cette table, que, pendant quelques mois, la veuve du Chef, ses roches parens, viennent de tems en tems lui rendre visite et Jui faire leurs haranoues, comme S'il était en état de los 0
enfans, ses plus }
ntendre. Les uns Jui demandent pourquoi d'autres lui disent que S'il est mort ce n'est point de leur faute ; que c'est Jui-même qui s'est tué par telle débm eu quelque défaut dans son Cependant ils finissent
il s'est laissé mourir avant eux ?
iche où par tel effort : enfin, s'il y a SouVernement, on prend ce tems-là pour le Jui reprocher, toujours leur harangue, en lui disant de n'être pas fâch
6 contre eux, de bien manger, ot qu'ils auront toujours bien soin de lui.”