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SECTION I, 1886, E TE ] Mémoires S, R. CANADA.
V — Les puryes sombr listoire,
Par J, M. Moins.
( Lu le 26 mai 1886, )
La dispersion projetée des habitants de la Nouvelle - York, 1689, — Le massacre de Glencor, 1692, —
La dispersion des Acadiens, 1755.
MESSIEURS, — J'aime à me figurer l'Histoire comme un drame prolongé, varié, plein de mystère, où le sombre l'emporte sur le gai, les ombres sur les rayons. Elle a, n'en doutons pas, plusieurs phases.
Il en est une, selon moi, fort intéressante — utile, dirai-je — à étudier: celle où elle se révèle au point de vue de la morale, comme règle des actions humaines,
Dépouiller les principaux acteurs, si sympathiques, si séduisants qu'ils soient, de leurs paillettes, de leurs oripeaux, de leurs toges, de leur sceptre même; les réduire à la taille, à la condition de simples mortels, sujets comme nous aux lois inexorables de la justice et de l'humanité ; leur distribuer éloge où blâme selon la dictée d'une froide équité, n'est-ce pas introduire un changement complet dans In mise en scène, et, pour bien des personnages, substituer la vérité aux mirages trompeurs du passé qui les entouraient ?
Appliquer l'histoire à la politique, c'est-à-dire juger à ce point de vue les actions des hommes, est un principe vieux comme le monde.
[ arrachait, il y a deux mille ans, à un illustre Romain, l’exelamation connue : Discite
Juslitiam el non temnere Divos. Noyez justes et respectez la divinité.
Ce cri de la ecnscience humaine revendiquant ses droits, souvent poussé, si souvent méconnu pendant le long crépuscule du paganisme, ne l'a-t-il pas été également pendant l'ère vantée de la civilisation moderne ?
Bien des cœurs généreux parmi les historiens se sont cependant insurgés contre l'idée de l'injustice triomphante. Plusieurs n'ont pas craint de marquer au fer rouge les turpitudes du crime en haut lieu.
Jamais je n'oublierai l'impression profonde que me fit, lorsque j'étais bien jeune encore, la lecture du volume du savant académicien Etienne Jouy, “ La morale eppliquée à la poli-
LE
lique,” aussi bien que les éloquentes dénonciations du grand historien Archibald Alison, stigmatisant les monstres de cruauté qui souillèrent le sol français pendant la révolution
de 1789.