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NOS QUATRE ITISTORIENS MODERNES. (s) d'oublier.* la part que je fus appelé à prendre comme président du comité de la souseription nationale à son mausolée en 1867, par la démission du président, Nir Narcisse Bellean, nommé en juillet de cette année aux fonctions de Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec, le succès de mes démarches, auprès d'un bien vieil ami de M. ( tTNeau, l'Hon. P. TJ. O0. Chauveau, alors Premier Ministre de notre Province. que je conviai à venir faire l'éloge du regretté défunt à l'occasion de l'inauguration de ce monument au cimetière Belmont, ce qui nous a valu le magnifique discours que vous connaissez tous, ce sont là autant de doux souvenirs, que je pourrais ajouter aux esquisses du grand historien tracées avec tant de sympathie, de justice, d'élégance par MM. Casorain, Chauveau, Lareau, Darveau et autres. Je vous ait dit qu'ilexiste trois éditions de F'ALitoire du Canada, par Garneau. doit m'être permis de dire, j'ose croire, que amour filial de M: Alfred Garneau nous promet sous peu une quatrième édition, laquelle sera enrichie d'une biographie de l'historien, écrite par l'Hon. M. Chauveau. Elle résumera, n'en doutons pas, tout ee qui a été dit jusqu'ici sur le compte de l'éminent annaliste de notre passé.
Ni vous me demandez laquelle des trois éditions je préfère, je vous répondrai avec M. Lareau : “édition de 1845, la première qui renferme le premier jet, le fruit de la pensée intime de l'écrivain, l'opinion raisonnée du philosophe et du penseur.” Ce qui frappe en feuilletant les pages de M. Garneau, c'est l'élévation des idées, l'indépendance de ses appréciations, le courage de ses convictions, la sûreté de ses jugements, le tout couronné d'un indicible élan de patriotique enthousiasme. On pourrait dire qu'aucun genre de gloire ne lui a manqué ; si l'avenir Jui réservait une couronne d'immortelles, quelques-uns de ses contemporains, au moyen d'acerbes critiques, surent lui préparer une couronne d'épines qu'il trouva parfois pesante à porter.
* Pour apprécier avec justice et impartialité l'œuvre de M. Garneau.” a dit M. l'abbé Ienri Raymond Case, Cu, Sil faut se reporter à l'époque où il à commencé à écrire, Il traçait les premières 4.46 de son histoire au lendemain des luttes sanglantes de 1837, au moment où l'oligarehie triomphante venait de consommer la grande iniquité de l'union des
() Voiei ce que me fournit mon jeurnal, à propos d'une petite réunion d'hommes de lettres, dans ma grande serre à Sillery, par une tiède journée d'octobre 1864 Le temps a fauché dru parmi les gais convives d'alors Un grand événement préoccupait l'Amérique Britannique toute entière. Sous ln présidence du regretté Sir Etienne Paschal Taché, siégeait dans l'enceinte du Parlement à Québec, un sanhedrin imposant, où figuraient les délégués de toutes nos provinces. Il “'agissait, pour échapper à de graves complications, de présenter à notre métropole le cadre d'un nouveau pacte constitutionnel pour notre Canada. Les correspondants des grands journaux de l'Angleterre et des Etats-Unis s'étaient donné rendez-vous à Québec pour renseigner le publie sur ce qui S'y passe- Fait. Parmi les “lions” du journalisme installés dans la vieille Capitale, le plus connu était sans contredit le spiritel George Augustus Sala, correspondant du Téegraph, grand journal de Londres, A la sollicitation de quelques funiliers, il fut déeidé d'inviter, à une petite fête champétre, les hommes les mieux posés dans notre monde littéraire, pour leur faire faire la connaissance de M, Sala, et, au besoin, pour le renseigner sur ce qui touchait au Canada. Les invités, sans être nombreux, représentaient des talents et des spécialités de plusieurs genres. D'abord, une des plus fortes plumes du journalisme en 1864, l'Hon, Joseph Cauchon ; un fin causeur et un savant. ce pauvre Professeur Hubert LaRue, décédé si prématurément pour la science ; un publiciste distingué, Jean Charles Taché ; nos deux historiens, Garneau et Ferland. L'âme de la fête était le spirituel, le caustique George Sala, Il enusait en français avecune singulière facilité. L'abbé Ferland semblait avoir recouvré sa vicille verve gauloise; LaRue décochait ses traits ardents à droite et à gauche; Taché se croyait en conscience tenu de le contredire en tout et partout; le grave Garneau écoutait en souriant les fines reparties de Sala. Cette réunion d'esprits d'élite, douce et triste à la fois par les trouées que la mort y a faites, restera longtemps gravée dans ma mémoire.
Ï M. Chauveau, depuis cette date, 25 mai IS82, s'est noblement acquitté de la tâche que lui imposait l'amitié (août 1885.)