FERLAND
Cest à la métropole commerciale de a Province de Québec, à Montréal, que revient l'honneur d'avoir donné le jour au savant historien Ferland. Joan Baptiste Antoine Ferland naquit à Montréal, le jour de Noel, 1805. I] descendait d'une ancienne famille du Poitou, dont un des membres vint s'établir dans FTle d'Orléans, vers le milieu du dix-septième siècle. Non père Antoine Ferland. originaire de Naint Pierre, étant mort Jeune, sa mère Elizabeth Lebrun Duplessis, fille d'un des quatre avocats qui demeurèrent en Canada après Li cession, alla se fixer en 1N12 à Kingston, où le jeune Ferland, avec l'usage de In langue anglaise, apprit aussi lesrudim nts de la langue française, sous l'abbé Gaulin, plus tard évêque de Kingston. Puis on le trouve au collège de Nicolet. Là, Mer. Plessis, remarquant ses aptitudes, le choisit comme son secrétaire. Plus tard, abandonnant cette charge pour l'enseignement, le jeune lévite devint professeur de rhétorique et de philosophie au collège de Nicolet. I] reeut les ordres sacrés cn 182$ ot. Sur le champ, fut nommé vicaire à Québec, En 134 lors de l'épidémie du choléra, il devint chapelain de l'Hôpital de Marine: en IS48, il était supérieur du college de Xi olet
Depuis 1850 il était attaché à Ja cathédrale de Québec, membre du conseil de l'évéque, chapelain de la garnison. doyen de Ia faeulté des arts et professeur d'histoire du Canada à l'Université Laval. En 1854 il desservait Nt, Colomb de Nilery, près Québec: ce qui lui pour compléter
lournit l'o ‘Caslon de publier dans le Journul dl Québec des hotes hi toriqu le beau travail sur le onmandeur de Nillery, du à Ja plume de l'érudit abbé
sOUIS Bois. Le
Premier éerit de M Ferland. qui révéla l'étendue de sus recherches. ot la sureté de son Juge-
menten matière Jittéraire, fut sa verte réplique-brochure de 79 PALes— aux insinuations malveillantes, aux données inexactes contenues dans l'Aistoire du Canada de l'abbé Brasseur de Bourbourg, jeune prétre français qui, en 1852, visitait Le Canada. Puis parurent ses Notes
Sur les Récristres de Notre Dune di Québec atile compilation dont le publie demandait, plus tard,
une seconde édition. En 1863. paraissait dans le Foyer Canadien Un travail fort précieux de
l'abbé Ferland sur la Gaspésie, intitulé Journul d'un loyase sur la côte de Gaspé, Voyage uu
Labrador Louis Olivier Camache”: on 165, Voir biographique sur Worr. Josepl Octave Plessis. évêque de Québer. C’est plus qu'une sympathique biographie d'un grand évêque, injuste- IMentattaqué par l'abbé Brasseur; c'est un résumé de l'histoire religieuse et politique de li province de Qnébec, do 791-1826. Son magnum opus enfin, le Cours d'histoire du Canada 15341759, contenant le résumé de ses mémorables lecons comme professeur d'histoire à FUniversité Laval, vit le jour en 1861, c'est-à-dire que le premier volume se publiait sous Sa direction cette année-là, à l'atelier de M. Coté. La mort terminait à Québec, le $ janvier IS64 les jours bien remplis de ce savant. Un autre homme dévoué et érudit. l'abbé Chs.
Laverdière, mort aussi à Québec, en 1873, se chargeait de mettre en ordre les matériaux
et les hotes laissés par l'abbé Ferland pour le second volume de son œuvre, lequel parut il Québec en ISS5.
Chez l'abbé Ferland, comme écrivain, il y a deux hommes tout à fait dstinets. Il y a
d'abord l'élégant, le vracicux chroniqueur, esquissant avec une verve toute gauloise la car-
rière accidentée et mystériouse du lésendaire ‘Ie d'Anticosti: Louis Olivier
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Gamache, ses relations quotidiennes avec son funilier, le
lecons d'histoire, quelquefois de bienséance,
Prince des Ténèbres, ete. Puis, 4 scène change, c'est un polémiste vigoureux, appant d'estoe et de taille, donnant des à un jeune écrivain français hréfléchi, l'abbé où bien encore, un antiquaire, nouveau Monteil, exhumant sur l'origine de nos familles mille détails curieux et de nos églises paroissiales.
Chez M. Ferland, il y a surtout le docte, ]
Brasseur de Bourboure
inconnus, tirés des archives poudreuses
e grave professeur d'histoire—comblant avec une rare Industrie les lacunes, corrigeant les erreurs de dates chez ses devanciers : méthodique en tout, annaliste infatisable développant, avec un rare talent, les
rigines, les épreuves, les succès de cette mission de la vicille France,
dans la nouvelle, qu'il préconisé comme providentielle, Il en est qui prétendent trouver dans le Cowrs d'Histoire du Canada les annales seules du progrès du catholicisme dans la colonie, mais il est facile d'y découvrir un programme bien plus vaste,
Dans ane lettre que M. Garneau adressait à M. l'abbé Ferland en 1861, le remerciant pour le premier volume du Cours d'Histoire du Cunurta qu'il avait eu la complaisance de Jui CNVOYeT, nous trouvons des lignes qui font également honneur aux deux hommes: “M. Carneau est passé chez M. Ferland pour lui exprimer personnellement toute sa reconnaissance et parler avec Jui de leur chère patrie, mais il n'a pas été assez heureux pour le rencontrer. M. Garneau aurait voulu causer avec une des lumières du Canada sur la foi qu'on doit avoir en notre nationalité et sur les moyens à suivre pour en assurer la consommation. Celui qui a su développer avec tant d'exactitude nos origines historiques doit être pénétré plus qu'un autre des sentiments de la foi.”
L'on trouve chez le vénérable historien trois éminentes qualités: érudition, pureté de style, charme indicible de diction. Ajoutons à cela, dans le commerce de la vie une aimable franchise, une constante loyanté dans ses procédés, de la noblesse dans les sentiments, une prodigieuse mémoire de faits, de dates, toujours à la disposition de ceux qui le consul taient, et l'on aura une idée du mérite de ce savant si justement regretté,