FAILLON
Etienne Michel Faillon naquit à Tarascon, département des Bouches du Rhône, le Ler mai 1799,
Vers 1812 il alla commencer ses études classiques au collège d'Avignon. L'atmosphère religieuse de cet antique séjour des Papes, au moyen âge, depuis le XIe au XIVe siècle, semble avoir exercé une durable influence sur le jeune Faiïllon.
Vers l'année 1818, il vint à Paris faire son cours de théologie,
et entra à Nt. Sulpice Vors 1820,
En 1829 on le retrouve directeur du Séminaire de Paris.
Une de ses premières entreprises littéraires fut d'esquisser la carrière de M. Olier, fondateur de St. Sulpice, lequel, comme l'on sait, avait pris une laroe part à la colonisation de la nouvelle France—surtout, à l'établissement de Ville-Marie.
En 1854, M. Faillon publiait la * Vie de ia Vénérable Marguerite Dourgoois.” fondatrice de la Congrégation de Notre Dame. qui vint au Canada avec
M. de Maisonneuve, le fondateur de Montréal,
Vers le même temps paraissait en deux volumes Svo., une bio- Soc. I., 1882. 2
iustitlontivos qu'il
10 JAMES MoPILERSON LEMOINE SUR
graphie de Mademoiselle Mance—fondatrice de l'Hôtel-Dicu d'Youville, fondatrice des Sœurs Grises (Sœurs de Charité) en Canada.
C'est par ces importants travaux, qui embrassent une notable partie de notre histoire, qu'il préludait à son œuvre principale, FAisloire de la colonie française en Canada.
Ce colossal travail, imprimé avee luxe à Paris, devait comprendre dix volumes, in
quarto, dont trois seulement ont paru—deux en 1865—le 3e en 1867 ne va pas au-delà de 1675, mais l'infatigable annaliste a laissé les matériaux, pour mener le récit jusqu'à l'année 1759.
Dans le but de se renseigner sur les lieux. 1
‘abbé Faillon entreprit trois voyages au Canada.
[arrivait à Montréal en 1849, repartait en 1850, revenait en 1854. Il y séjourna trois années de TR5S à 1861, obéré de travail, livré à d'incessantes recherches, e
mployant comme copistes SIX assistants, trois secrétaires.
Aux jours si sombres pour la France de l'année IST1, M. Faillon expirait à Paris, le 25 octobre, âgé de 72 ans.
Saluons ce zélé chercheur—ce travailleur infatigable qui a passé au Canada sept années de sa laborieuse existence, pour compléter nos annales—qui, par ses travaux, ses recherches colossales, à mérité le nom de Bénédietin de la Nouvelle France,
De son récit qui devait s'étendre depuis la première navigation de Jacques Cartier,
Jusqu'à la fin de l'occupation du gouvernement français en 1760, il n'y à eu que trois volumes de terminés: ils nous conduisent jusqu'à l'année 1675.
Pour remplir le cadre que messire Faillon s'était tracé, il reste encore à publier sept volumes ; et, si nous sommes bien renseignés. nous avons lieu de croire que cette tâche herculéenne sera menée à bonne fin.
Ni l'on veut juger de l'étendue de ses recherches, on en trouvera la preuve dans les citations qu'il donne si abondamment à la marge des pages. Les ouvrages qui concernent l'Amérique sont comme l'on sait fort nombieux. Charlevoix en cite À lui seul plus de quatre-vingts : on en retrouve Ja plupart, dans les citations de M. Faillon :
il faut, de plus, y ajouter d'autres sources considérabl
d'informations, où il est allé puiser, “a,” dit son biographe, M. Desmazures, * parcouru les actes de l'Etat Civil des principales paroisses du Canada ; il a lu les documents déposés dans k
‘ communautés religieuses du pays et ensuite les documents des muisons-mèr
de ces communautés, en France : il a compulsé les archives de la marine—celles du ministère des aflaires étrangères, celles du hinistere de la guerre, du dépot des fortifications, les archives de l'Etat—les MSS. des grandes bibliothèques de Paris, du séminaire de St Sulpice, de la préfecture de Versailles, de larcheveché et de la préfecture de Rouen, du Musée Britannique,” ajoutons, de la Propasaunde, à Rome.
© Dans son introduction où il parle des premiers Voyages du commencement du seizième
s-Cartier, il ne se contente pas de faire mention des des principaux auteurs sur ln date des ]
sicele ac omplis par Jacqe sentiments
emiers explorateurs du continent transatlantique, qui écrivait en 1660, Brutel de Ja Rivière en 1727, l'Art de en Indiquant avec soin l'édition, l'endroit. la page, de manière à faciliter toute recherche à ceux qui voudraient vérifier ] apprécier la valeur. Ensuite il prend Le récit de J
meute avec les réflexions les plus judicieuses,
mais 11 les cite tels que Davitv, Vérifier les dates, et Ramusio :
es textes, les constater et en acques Cartier, et l'analyse, puis le com- Enfin il prend soin de l'appuver des pièces
Ha SU fFOUVer eh grand nombre, il cite les lettres patentes de François
-et une biographie de Madame
Madame
Ier, accordées à Jacques Cartier en 1540, sur la recommandation instante de Philippe de
— Chabot, grand Amiral de France ; il cite encore les passages des relations de Champlain, “histoire, de Lescarbot, du pilote Alfonse, de la Saintonge, qui confirment les assertions de leur e = illustre devancier.” Vues nl Voilà sous quels traits M. l'abbé Desmazures, nous révèle l'historien Faillon, et bien que chez ce dernier je cherche en vain cet élan de patriotique enthousiasme de l'historien SE pour enfant du sol, François-Xavier Garneau, je vous avouerai que pour sa profonde science, grande est mon admiration. Je regrette, toutefois, oserai-je vous le dire, de rencontrer dans l'habile ages au annaliste, non lhistorien impartial de l'origine et des progrès de tout un peuple, mais plutôt à ‘ l'historien de la grande cité de Ville-Marie, le panégyriste perpétuel de l'ordre de St. Sulpice, na trois ñ dont M. Faillon à décrit si bien le fondateur, M. Olier, et souvent, le dépréciateur de
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comm Québec et de son éminent prélat, Monseigneur de Laval.
l'année Telle est, messieurs, une courte esquisse de la vie et des travaux de ves hommes esti- = mubles, à des titres divers, mais qui en possèdent tous un que nous ne pouvons mécon- : années naitre, je veux dire un titre bien établi à notre reconnaissance, herches Puisse leur exemple trouver de nombreux imitateurs! Le champ de notre histoire est assez Vaste, assez riche pour que l'on puisse trouver à y glaner, même après des moisson-
Cartier : : Sn AE } neurs aussi laborieux, aussi infatigables !
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