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NECTION I, 1882, [ 107 ] Trans. Soc. Roy, CANADA.
Les Archives du Cunada.
Par J. M. LeMorxt.
(Lu le 23 mai 1889.) Messieurs, —Parmi les sujets dignes de fixer l'attention de ceux qui s'occupent d'études historiques, je n'en connais aucun d'un intérêt majeur à celui de la collection, du classement et de la garde des archives du Canada. Si les démarches prises et les résultats obtenus p
ar les diverses administrations qui depuis dix ans se sont succédé
, à Ottawa, sont de nature à nous réjouir, n'allez pas pour tout cela croire que la tâche soit achevée, que le dernier mot soit dit.
La création d'un Bureau des archives publiques ou plutôt l'érection d'une division du Département de l'Agriculture, à Ottawa, en un dépôt d'archives, date de 1872 : plusieurs hommes d'état peuvent avec raison réclamer leur quote-part dans cette œuvre de progrès. Cependant un nom s'y rattache davantage: celui de son premier archiviste, M. Douglas Brymner, dont les rapports annuels,* soumis à la Législature, jettent beaucoup de jour sur cette question.
M. Brymner a eu aussi pour collaborateur un archéologue que vous connaissez tous : M. l'Abbé IL. Verreau : ces deux chercheurs ont eu mission d'aller fouiller dans les archives de l'Europe et d'y puiser nombre de documents, de MSS., indispensables pour étudier, bien comprendre, bien compiler nos annales.
Les remarques que je me permettrai, tout en remerciant nos hommes d'Etat pour l'intérêt qu'ils ont manifesté dans cette
question, n'ont d'autre but que celtti de stimuler le zèle de nos archéologues à de nouvelles découvertes.
Cette intéressante étude des archives est fort v aspect :
aste, Elle se présente sous un double
10. L'histoire des huit provinces de l'Amérique Britannique du Nord, autrement, de la Confédération canadienne.
20. L'histoire de la Confédération canadienne depuis la date de son établissement, 1er juillet 1867.
Je n'ai pas la prétention de vous renseigner sur les sources de notre histoire : vous les connaissez comme moi, ces glorieuses, ces dramatiques annales de la plus ancienne, de 1: plus pittoresque province de la Confédération : la province de Québec. Vous savez également combien de difficultés ont été aplanies pour l'historien moderne, par l'impression en beaux volumes de ces mille et un MSK. et mémoires Vermoulus, raturés, illisibles, qui, dans le passé faisaient pâlir nos archéologues : les Relations, le journal des Jésuites, les compte-rendus, les correspondances officielles de nos Grouverneurs, de nos Intendants ; les journaux circonstanciés des divers sièges de notre vieille capitale, etc.
Ni vous me demandez si réellement il existe à l'étranger grand nombre de ces antiques documents, que dirai-je, ces lambeaux de la patrie, d
ispersés, je vous répondrai qu'ils = — - = = * Reports on Publie Archives to Minister of Agriculture, Ottawa, 1872, 1873, 1874, 1881, 1882,
108 JM, TEMOINE SUR L $
SC Peuvent compter, non pas par centaines, mais par milliers; que le contenu de ln
plupart nous est encore entierement inconnu; que partant, il est hnpossible d'écrire une histoire complète, circonstancito de la Confédération, sans avoir accès i ces sources de renseignements, A pete une des grandes capitales de l'Europe, une des villes maritimes de la France, notre ancienne mére-patrie, qui n'en possède quelque riche dépôt ou quelques fragments: Londres, Paris, St. l'etersbourg, Rome, Copenhague, Amsterdam, Madrid. Bruxelles, Berlin, Rouen, Rochefort. Le Havre, Dieppe, Bordeaux, Maurseilles, ete, ; au reste sur ce point, si vous désirez vous renseigner spécialement, consultez l'excellent rapport que M. l'Abbé Vorroau présentait à la Législature fédérale le 81 décembre 1874
Je n'ai jamais été plus vivement inpressionné de l'importance que les grandes nations de l'Europe attachent aux dépôts de leurs archives nationales, que lorsque je pénétrais Tout récemment dans la vaste salle cireulaire du British Museum * à Londres. Après avoir contomplé les amas de parchemins, de records, de roles, ete, enfonis sur les rayons des magnifiques bibliothèques de l'université de ‘ambridge, du ar ofire, de la Tour de Londres, ete. Tm'eux fallu des mois entiers pour compulser les 2,647 volumes de la collection qui mintéressait le plus, la collection Haldimand et les nombreux volumes MSS. du colonel Bouquet. Ni notre métropole est si riche en matériaux pour son histoire et pour l'histoire de ses grandes colonies, il ne faut pas oublier qu'elle s'étudie à collectionne ses archives publiques depuis huit ce
"otà Conserver nts ans, Une partie notable de cos mémes archives,
Comme vous savez, a été perdue de 1185 à 1272, aussi bien que pendant les guerres san-
glantes des deux Roses (1455 à 1 f61).
Edouard LIL, en 1473, dans une ordonnance faisait déclarer que “les archives publi-
ques Sont considérées comme le témoignage de la nation, et il est ordonné qu'elles soient accessibles à tous los sujets du roi.” Sous le règne d'Elizabeth (1559 1603) une enquête fut instituée au sujet des arc
hives du Parlement, “Jacques 1 (1617) eut l'idée de créer
un bureau des papiers d'Etat ot un bureau des archives générales. Charles Ï nomma une commission chargée de rechercher J'emprunte ces citations à M. Brymner, Au reste ces enquêtes furent continuées par la Reine Anne, par George I, George IT, George IT. Et si la Couronne crut devoir intervenir e
toutes les archives appartenant à la couronne.”
t'aflocter de fortes sommes pour sauvegarder,
restaurer, recueillir et classer les archives du royaume, ce n'était pas sans besoin. Il n'ya
pas qu'en Canida, où des documents précieux pour la science et l'histoire ont été perdus à Jamais, relégués qu'ils étaient dans d'humides caveaux, tels que nos palais de justice en avaient encore tout récemment. tels qu'il en existe encore, je regrette de] découvrit que les archives de la chancellerie de l'E
dans 600 sacs, excessivement sales, dans des h
avouer; “ainsi, on ‘hiquier, à Londres, étaint entassées angards formant dépendances des écuries du Roi. Ces hangards contenaient. entassés, dans l'état le plus déplorable, 4,136 pieds cubes accumulée pendant plusieurs siècles, on trouva tous les documents excessivement humides, lorsque les Opérations commencèrent. Quelques-uns étaient inséparablement collés aux murs de pierre,
d'archives nationales: à part la poussière
On pouvait voir de nombreux fragments qui avaient échappé aux complets ravages de ]
a vermine, et plusieurs en étaient au dernier degré de putréfaction.
La détérioration et l'humidité en avaient rendu Un grand nombre si fragiles que l'on pouvait à peine les toucher; d'
autres, particulière- Le British Muscum contenait 17,693 volumes manuscrits. lors de la visite de M D P
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ner, (Voir Rapport 1SS1, p 486.)
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