SAINT MARC
d'être en tête de Tœuvre de saint Marc^. Le début naturel de ce second Évangile était donc la prédication de Jean-Baptiste le précurseur.
Commencement de la bonne nouvelle de Jésus^ Christ^ Fils de Dieu, annonce saint Marc, d'une façon assez étrange, en racontant, aussitôt après, le ministère de Jean-Baptiste, comme si le héraut, avertissant de l'avènement du Roi et le préparant, ne faisait qu'un avec la venue même de celui-ci. Là était le début reconnu du témoignage apostolique (Act., i, 21-22). L'Evangile se présentait donc, dès ses premières lignes, tel qu'il convenait devant des Romains, comme la parole de témoins autorisés.
On a maintes fois montré comment la personnalité de saint Pierre se laisse entrevoir à travers le récit de Marc, son secrétaire. L'on a dit également avec raison que le discours de saint Pierre dans la maison du centurion Corneille était « un évangile de Marc in nuce^ ». C'est en efPet le même dessein, avec insistance sur les miracles et spécialement la guérison des possédés. Ne Ta-t-on pas appelé pour cela
1 . L'œuvre de saint Marc, n'étant pas une thèse messianiaque comme le premier Évangile, ne le réclamait pas. Elle se borne donc au témoignage apostolique, commençant à la prédication de Jean-Baptiste et finissant à la résurrection (^ci., ii, 22; x, S^).
2. L'expression est de H. Thierscb, JEnsteh, d, neutest- Schriften,
44 INOS QUATRE ÉVANGILES
l'Evangile des miracles? Ge n'est pas que les miracles de .guérisons, racontés en détail, y soient plus nombreux que dans les autres synoptiques, ou que plusieurs lui soient particuliers. On n'en compte que douze dans s.on récit, au lieu de quatorze dans saint Matthieu et quinze dans saint Luc, et il n'en contient en propre qu'un seul, la guérison de l'aveugle de Bethsaïde (viii, 22). Mais sa narration beaucoup plus courte et plus rapide fait ressortir davantage ces miracles, dont Texposé est aussi plus précis, plus concret, plus vivant.
En général, quand saint Marc raconte, il donne quantité de détails révélant derrière lui un témoin, qui avait la mémoire locale, qui en prêcliant voyait encore, pour ainsi dire, les choses et les personnes des scènes évangéliques et avait noté avec attention les impressions diverses des spectateurs. Aussi les faits du second Évangile ne semblent pas disposés, comme dans le premier, en vue d'une thèse, mais paraissent en forme de récit suivi.
Grâce à lui on peut assez bien tracer la géographie des missions galiiéennes. Gapharnaùm est le centre de l'évangélisation : de là partent une série d'excursions dans les différentes directions de la contrée avec retour régulier au point de départ : d'abord évangélisation des environs de Gapharnaùm (i, 14-iv, 34); excursion